Depuis le lancement de Free Mobile, tout le monde s’interroge sur le respect de Free de ses obligations de couverture. Mais les informations sont floues et arrivent au compte-goutte. Le ministre de l’Industrie, Eric Besson, aurait demandé à l’ANFR (Agence Nationale des Fréquences) de vérifier à son tour le réseau mobile du nouvel opérateur.
Les informations fusent et se mélangent depuis l’arrivée de Free Mobile sur le marché. Certains l’accusent de ne pas avoir allumé son réseau, ou très partiellement, sans apporter de preuve solide pour confirmer une telle information. Orange, qui assure l’itinérance avec Free Mobile, parlait quant à lui des passerelles mal dimensionnées, et affirmait avoir frôlé la catastrophe le 7 février dernier, où nous sommes passés tout près du blackout pendant 2 heures.
Les 2 opérateurs devaient se rencontrer le 14 février, non pas pour célébrer leur union, mais pour revoir les termes de l’accord d’itinérance, qui prévoyait jusqu’ici un pactole estimé à 1 milliard d’euros sur 5 ans. Depuis, l’Arcep a été dépêché pour rassurer tout le monde et prouver que Free dispose bien des 27% de couverture demandés. Mais, selon La Tribune, le ministre de l’Industrie Eric Besson a demandé à l’ANFR d’aller vérifier à son tour le réseau du nouvel entrant, et de prendre des mesures sur le terrain, en parallèle de l’Arcep. Contactée, l’ANFR nous affirme que « l’Agence n’a pas reçu à ce jour de courrier émanant du cabinet de M. Besson lui demandant de réaliser une campagne de mesure ». Personne, pour le moment, n'est disponible pour commenter ceci au cabinet du ministre. Nous attendons leur retour.
Un réseau mobile tacheté
Le quotidien rappelle que Free dispose de 1 600 autorisations pour déployer des antennes, et environ un millier en service (les autres en possèdent environ 15 000 chacun). Parallèlement, Free a travaillé avec TDF. Le télédiffuseur ne souhaite pas s’exprimer sur les démarches effectuées, mais on nous précise tout de même que « nous avons travaillé avec Free de la même manière qu’avec les autres opérateurs ».
Au fond, la réelle question à se poser, pour l’Arcep et l’ANFR, est de savoir si les antennes implantées peuvent supporter un niveau suffisant de flux de données et de communication par rapport aux standards. Des réponses que nous devrions avoir début mars, après analyse. Ce qui semble certain, c’est que Free couvre bien les 27% demandés, mais de manière très dispersée sur le territoire. A Paris, les toits étant déjà surchargés, peu d’autorisations de mise en place d’antennes ont été accordées par exemple.
A la décharge de Free, qui subit les inévitables problèmes de démarrage, le succès rencontré en un mois seulement (plus de 1,5 million d’abonnés apparemment) n’a pas arrangé les choses. Pour Xavier Niel, l’objectif est clair : se désengager le plus rapidement possible de l’accord d’itinérance avec Orange, ce qui revient donc à couvrir au plus vite au moins 90% de la population.