Apple poursuit Kodak
par Stéphane Larcher, le 15 février 2012 15:31 
L’entreprise de Cupertino traîne en justice l’ex géant de la photo pour une violation de brevets. Histoire de lui mettre un peu plus la tête sous l’eau.
On ne tire pas sur un homme à terre ni sur une ambulance, dit souvent l’adage. Apple ne semble pas connaître ces principes. En effet, l’entreprise vient de décider de porter plainte devant la cour de New York pour violation de brevets. D’accord il s’agit de business et pas de matinées enfantines, comme le disait à peu près Bernard Blier, mais tout de même le procédé n’est pas d’une grande élégance.
Rappelons en effet que la société centenaire s’est mise sous la loi de protection des faillites le 19 janvier dernier. Dans les documents qu’elle a communiqué dans le cadre de la procédure Chapter 11, la société de Rochester fait état d’actifs pour un montant de 5,1 milliards de dollars et 6,8 milliards de dettes. La situation est donc peu reluisante.
La plainte d’Apple est portée à la fois au tribunal de New York et à la Commission du Commerce International (ITC). Le brevet porterait sur un système de prévisualisation d’images qui aurait été partagé avec Kodak et dont ce dernier réclamerait aujourd’hui la paternité totale et exclusive. Le plus ennuyeux si Apple gagne est que les applications de ce brevet sont utilisées dans les cadres photos numériques et imprimantes, deux activités que l’entreprise souhaiterait poursuivre dans le cas où elle sortirait du chapitre 11. L’entreprise pourrait alors être contrainte à ne plus commercialiser ces produits, ce qui la conduirait inévitablement à la faillite.
Précipiter la chute
Ce faisant, on se demande si Apple n’a pas en tête l’idée de se procurer à bon compte le portefeuille de brevets de Kodak ainsi que d’autres actifs. Après tout, ce qui a été réussi dans la musique avec l’iPod ne pourrait-il pas être imité dans le domaine de l’image en s'appuyant sur ce qu'il reste de Kodak, notamment en termes d'images. Ne pourrait-on pas revoir dans le futur "Kodak, an Apple Company". Avec ses presque 100 milliards de dollars de cash disponibles, la récupération de Kodak ne coûterait que quelques piécettes. Ce n’est bien entendu qu’une spéculation mais les arrière-pensées d’Apple sont souvent bien plus tordues que l’image propre et gentillette qu’elle veut parfois laisser paraître.