dimanche 5 juillet 2015
 

Comment Microsoft se préoccupe de l'environnement

A l'occasion du grand salon annuel de l'entreprise, nous avons pu nous entretenir avec Bernard Ourghanlian sur la thématique de la Green IT, pour voir les problèmes qu'elle pose, mais aussi les solutions que Microsoft y apporte.

Bernard Ourghanlian est une véritable encyclopédie, il est capable de répondre avec précision sur pratiquement n'importe quel sujet, encore plus lorsque celui-ci l'intéresse, comme c'est le cas avec l'informatique verte.

Microsoft se préoccupe aussi beaucoup à ce propos, et s'investit de différentes manières pour réduire la consommation d'énergie, notamment grâce à des évolutions dans les processeurs et dans Windows pour consommer moins. A ce propos, Bernard Ourghanlian se positionne : « Pas mal de progrès ont été réalisés dans les processeurs Intel récents, mais les plus efficaces sur le plan énergétique, même si ce ne sont pas les plus puissants, ce sont ceux de ARM. Intel essaie de réagir dans ce domaine ».

En outre, plusieurs technologies « sont mises en oeuvre dans les serveurs, si les OS sont capables de les utiliser, comme passer à l'état de suspension ou d'hibernation, on peut aussi éteindre complètement le processeur, le mettre en hibernation profonde, grâce à une sauvegarde dans une zone de mémoire -statique, qui ne nécessite donc aucun courant- située dans le processeur lui-même ».

Il ajoute : « on va utiliser de plus en plus la RAM volatile pour améliorer la consommation d'énergie. Aujourd'hui, avec les appareils équipés de disques SSD, on n'a plus besoin d'énergie pour faire tourner le disque dur, donc il n'y a plus aucune pièce mécanique dans le PC. Le même genre de technologie arrive pour les processeurs ».

Économies d'énergie obligatoires à travers les règles de groupe

Il ajoute que de nombreuses améliorations ont été apportées dans le système d'exploitation pour aller dans ce sens. Ainsi, Windows 7 permet le core parking, c'est-à-dire que dans le cas d'une puce dotée de plusieurs coeurs, certains peuvent être mis en sommeil s'ils ne sont pas utiles. Avec Vista, la stratégie était plutôt de répartir les tâches a exécuter entre les différents coeurs, avec Windows 7, « la logique est inverse : utiliser le minimum possible de coeurs pour consommer beaucoup moins ».

Et de préciser : « Dans un OS, il y a en permanence des évènements qui se déclenchent sur la base d'horloges. Il serait plus intelligent de rapprocher ces timers, de les regrouper pour qu'ils se produisent tous en même temps et ne réveillent ainsi le processeur qu'une seule fois, au lieu qu'ils ne s'enchaînent ».

Autre problème, ahurissant, et pourtant bien réel : les personnes qui n'éteignent jamais leur écran en entreprise. Microsoft propose de les y contraindre en « rendant la chose obligatoire à travers des politiques de groupe, par exemple, si l'ordinateur n'est pas utilisé depuis plus de 15 minutes, son écran sera éteint, s'il ne l'est pas depuis 1 heure, c'est la machine entière qui est mise hors tension ».

Une solution radicale « pour faire en sorte qu'ils n'oublient plus ». Le dispositif serait centralisé et piloté à distance par le biais d'un logiciel comme System Center ; et géré par le DSI. « Chez Microsoft, nous le faisons déjà, cela force l'économie d'énergie », explique Bernard  Ourghanlian, qui ajoute : « Certes, il faut éduquer les utilisateurs, mais l'expérience prouve que ce n'est pas un sujet qui motive toujours les gens. Cette solution n'est pas très compliquée et elle permettrait d'épargner l'argent de l'entreprise et les ressources de la planète ».

Windows 8 ira dans la même direction, de façon optimisée avec d'ailleurs le support des processeurs ARM. Une bonne chose, qui « encouragera Intel à aller plus vite pour concevoir des puces qui consomment moins d'énergie ».

La température d'un datacenter peut être de 27° au lieu de 20°

Les datacenters est un sujet sur lequel Microsoft « travaille depuis des années maintenant ». « Nous sommes entrés dans une logique de création où l'on cherche a augmenter l'efficacité énergétique. Notre objectif est de s'assurer qu'au plus possible, toute énergie qui y rentre sert au traitement informatique et pas à autre chose – comme le refroidissement, la conversion de courant, etc. Nous n'utilisons plus de moyens mécaniques pour les refroidir, uniquement du free cooling, fait d'échanges gazeux avec l'atmosphère ».

Il poursuit : « En collaboration avec Google, nous travaillons à influer sur les fournisseurs en les forçant à changer leurs plages d'utilisation d'équipements et en particulier de serveurs. Nous avons de plus fait pas mal de travaux pour démontrer que la température d'un datacenter peut être de 27° au lieu de 20°, sans pour autant dégrader la fiabilité des environnements ».

Bernard Ourghanlian s'exprime enfin en faveur d'une simplification du protocole TCP/IP, qu'il trouve trop complexe car il comprend des possibilités qui ne se produisent jamais dans un datacenter. Il est « trop général d'usage » et il n'est donc « pas nécessaire d'avoir l'intégralité de ce protocole implémenté ». Microsoft travaillerait actuellement sur ce sujet avec Cisco afin de proposer une évolution des standards de l'Internet pour le coeur de datacenter pour aller dans ce sens.

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Communication interne... c'est peut-être la plus simple des fonctions de l’entreprise à caractériser, mais c’est aussi la plus complexe, puisque sa mission suit les évolutions du management. Avec des environnements d’entreprise de plus en plus mobiles, des générations de salariés avides d’autonomie et d’outils numériques, la communication interne de l’entreprise ne peut plus se définir comme la « voix de son maître » et relayer simplement la parole de la direction. Si c’est toujours un peu le cas, elle doit désormais informer en toute transparence pour faire comprendre la stratégie et les plans mis en place pour que les salariés adhèrent à ce plan afin qu’ils agissent dans l’intérêt de l’entreprise.