jeudi 24 mai 2012
 

Facebook et Google montrent patte blanche en Inde

Les deux géants de l'Internet ont accepté de retirer tout contenu "offensant" en accord avec une directive indienne.

21 sociétés liées aux nouvelles technologies, dont Google, Facebook, Microsoft, Yahoo et Orkut, sont poursuivies au civil à Delhi. Elles sont accusées d'héberger des données pouvant choquer. C'est un musulman dénommé Mufti Aizaz Arshad Kazmi qui a lancé la procédure, armé d'une pétition. Il parle de pages ne respectant pas les sensibilités religieuses.

Un blocage, comme en Chine

Les autorités indiennes menacent de bloquer les sites refusant de supprimer de tels contenus. En réponse, les entreprises affirment qu'il est impossible de filtrer les informations.

La Haute Cour de Delhi a demandé le mois dernier aux filiales indiennes de Google et de Facebook de "développer un mécanisme permettant de garder un oeil et de supprimer les contenus outrageants et blasphématoires de leurs pages Web", sinon, "comme la Chine, nous bloquerons tous ces sites".

Mais les deux sociétés ont déclaré s'être conformées à une ordonnance préalablement rendue par le tribunal d'un district de Delhi, et avoir déjà supprimé du contenu. Mais lequel exactement ?

Le juge en charge de l'affaire a insisté ce matin sur le fait que les entreprises concernées devraient lui faire parvenir une réponse écrite sous 15 jours détaillant quelles données avaient été supprimées.

"Nos équipes ont vérifié le contenu et l'ont rendu inaccessible depuis nos domaines locaux de recherche, mais aussi pour YouTube et Blogger", a expliqué une porte-parole de Google, ne donnant pas plus de détails.

Le coeur de la procédure est une loi adoptée en Inde l'année dernière, et qui rend les sociétés responsables de contenus publiés par les utilisateurs sur leurs sites. Elles ont 36 heures pour supprimer ces données en cas de plainte.

Contrôle ou censure ?

Mais, le mois dernier, les géants du Net se sont défendus en affirmant qu'il n'était pas possible de surveiller les publications de "milliards de personnes". L'avocat de Google a même évoqué "un problème de liberté d'expression".

De son côté, Facebook explique que ses membres peuvent signaler tout contenu abusif.

Mais ce n'est pas assez pour le plaignant, qui a déclaré à Reuters : "Même si les entreprises ont retiré quelques contenus, elles devraient mettre en place un mécanisme permettant de le faire avec régularité, plutôt que d'attendre une action en justice à chaque fois".

Et Kapil Sibal, le ministre des Communications, de rajouter : "Mon but est que les données insultantes ne soient plus uploadées. Nous créons des méthodes pour en arriver là. Il faudra que les entreprises nous donnent ces données, nous disent où ces images sont mises en ligne, et par qui". L'Inde, en route vers un Web filtré ?

A suivre...

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