Free Mobile : le PDG d'Orange accuse X. Niel de gagner trop d'argent
par Orianne Vatin, le 02 février 2012 08:50 
Stéphane Richard, PDG de France Télécom, s'est exprimé hier à son tour à l'Assemblée nationale. Il y a révélé les montants touchés par le patron de Free, qu'il juge indécents. Lui n'est pourtant pas à plaindre sur le plan financier...
Stéphane Richard a été auditionné pendant deux heures et demie mercredi par la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale. Et l'on peut dire qu'il s'est lâché devant les députés ! "Il y a eu toutes les déclarations du patron d'Iliad (maison-mère de Free) sur le "modèle" Free, une espèce de monde de quasi-coopérative ouvrière où tout le monde est payé pareil, où le dirigeant a un salaire "ridicule" de 173000 euros par an", a-t-il commencé par dire, riant jaune, afin de s'en prendre à la rémunération de son rival.
14 millions d'euros de dividendes
Avant de poursuivre : "Beaucoup d'entre vous ont été sous le charme de M. Niel, je vais essayer de ne pas me situer sur le registre de la séduction, mais je veux vous rappeler une réalité comptable : M. Niel se paie 173.000 euros, mais, selon ce qui a été publié par Iliad, il a touché 14 millions d'euros de dividendes l'année dernière. Donc, c'est sûr que pour lui le salaire est plutôt de l'argent de poche".
Poursuivant son cassage en règle, M. Richard ajoute : "Et en ce qui concerne la détention de l'entreprise par les salariés, il y a certes un peu plus de 65% du capital qui appartient aux salariés, mais 62% à lui".
900000 euros par an
Stéphane Richard est pourtant loin d'être dans le besoin. Il ne semble pas pour autant impressionné par l'importance de son salaire... "Ma rémunération est publique. Elle a été fixée par le conseil d'administration exactement au même niveau que celle de mes deux prédécesseurs, à 900.000 euros de fixe par an", a-t-il déclaré. Et de conclure : "A cette part fixe s'ajoute une part variable par an qui est calculée selon une série d'indicateurs - à hauteur de 30%, la satisfaction des salariés - et qui peut représenter globalement 600.000 euros. Je ne l'ai jamais touchée et je ne risque pas de toucher dans les mois qui viennent".