Free Mobile : Eric Besson demande la vérification du réseau, l'Arcep temporise
par Stéphane Larcher, le 27 janvier 2012 15:35 
Dans une lettre adressée au président de l’ARCEP, le ministre de l’Industrie et de l’Economie Numérique demande à l’organisme de confirmer le respect par Free de ses obligations de couverture et de disponibilité de service.
« Suite au lancement des offres de Free Mobile et à la souscription des premiers abonnements, de nombreuses interrogations sont apparues quant à la réalité du respect par l’opérateur de ses obligations de couverture et de la disponibilité de ses services », écrit M. Besson dans un courrier adressé à M. Silicani, président de l’Autorité de Régulation des Postes & Télécommunications (ARCEP) et révélée par le figaro.fr
En conséquence de quoi le ministre demande à l’Arcep de « confirmer le respect par l’opérateur Free Mobile de ses obligations en matière de couverture de la population et de disponibilité de service ». Ce faisant, plusieurs possibilités s’offrent à l’Arcep. L’organisme peut simplement confirmer ce qu’elle a dit au mois de décembre ou procéder à un nouvel examen. Il semble que cette dernière solution soit la plus judicieuse pour clore une fois pour toutes ce débat.
Mais les conséquences seront très importantes. Si la couverture est confirmée, les autres opérateurs auront perdu une bonne occasion de se taire et seront encore plus perçus comme de mauvais joueurs. A contrario, si les allégations de non-respect de ces obligations venaient à être avérées, et ce de manière significative, ce serait un coup très sérieux porté à la crédibilité du nouvel arrivant sur le marché, lequel ne manque pas de rappeler, et notamment devant la représentation nationale, qu’il ne s’agit que d’affirmations non prouvées et que son réseau fonctionne parfaitement.
L'obligation de couverture dans les deux ans n'avait pas été respectée par Orange, SFR et Bouygues
L'Arcep vient donc de préciser dans un communiqué que "dans un souci de transparence et de sérénité, l’Arcep a estimé utile de demander à la société Free Mobile d’actualiser les informations relatives à l’état de son réseau, incluant notamment une liste des sites installés, des sites effectivement activés, et des motifs qui auraient pu la conduire, le cas échéant, à l'extinction de certaines stations de son réseau". L'Arcep examinera ces éléments et le cas échéant "engagera une vérification sur le terrain, selon la même méthode que celle utilisée pour les précédents contrôles".
Cependant, le communiqué précise également qu'aucun opérateur n'a saisi l'Arcep mais, plus encore, elle égratigne quelque peu les concurrents en indiquant "que l’obligation de couverture, dans les deux ans suivant la délivrance des autorisations, qui était prévue par les licences 3G attribuées en 2001 et 2002 respectivement à Orange France, SFR et Bouygues Telecom, n’a pas été respectée et que, si l’Arcep a alors toléré cet état de fait, c’était en raison des difficultés techniques et économiques invoquées par les opérateurs".
Une manière polie de dire aux concurrents de balayer devant leur porte avant d'accuser les autres de saletés. L'intégralité de la dépêche est accessible à cette adresse sur notre site.