Google : un pas de plus dans la «bigbrotherisation»
par Stéphane Larcher, le 26 janvier 2012 16:20 
La société a décidé de regrouper les règles de confidentialité pour l’ensemble de ses services. Au lieu des 60 chartes relatives à la confidentialité des données, il n’y en aura plus qu’une seule. Pour votre bien, assure-t-on.
C’est d’un véritable big bang qu’a annoncé Google voici deux jours et que nous relations hier matin. Au début, l’annonce est passée un peu inaperçue, la plupart des observateurs internationaux s’intéressant aux résultats d’Apple, aux conséquences de la fermeture de MegaUpload et, en France, à l’audition de M. Niel par les députés sur fond de plaintes syndicales.
En regroupant les paramètres en une seule charte, Google pourra ainsi facilement consolider les résultats des internautes sur ses différents services et ainsi lui proposer des résultats plus ciblés. Notamment en termes de publicité, ce dont la société ne se cache d’ailleurs pas. « nous pourrons vous dire que vous serez en retard pour un rendez-vous en prenant en compte votre localisation, votre agenda ou encore les conditions de circulation ». Google sait parfaitement ce que je fais, où je vais et qui je vais voir. Voilà qui est fort rassurant. Bien que l’entreprise assure que ces informations ne seront pas vendues à des tiers, voilà qui reste bien inquiétant.
Aussi, beaucoup se sont penchés sur ces conditions générales et les inquiétudes se manifestent. En effet, en regroupant toutes ces chartes, le site Gizmodo estime que Google enfreint l’un de ses principes fondateurs en matière de vie privée, qui prévoit de donner une variété de choix pour la protection de leurs données personnelles. D’autres associations comme EPIC ou EFF manifestent également leurs inquiétudes.
Une plus grande «lisibilité»
Cette modification de la politique intervient au moment où l’Union Européenne cherche à faire évoluer sa réglementation en ce domaine. Le responsable de la vie privée chez Google indique avoir consulté les autorités de protection comme la CNIL en France et assure que cette modification irait dans le sens d’une plus grande lisibilité, selon lemonde.fr. Lorsque nos confrères l’interrogent sur le travail à venir de la Commission, la réponse est on ne peut plus cynique : «
La Commission va proposer ses modifications, mais c'est un processus long, qui peut prendre deux ans", rappelle M. Fleischer. "Nous n'allons pas nous arrêter durant deux ans ; le moment nous semble propice pour une simplification, et nous serions surpris qu'une plus grande lisibilité de notre politique ne soit pas conforme à ce que décidera l'Union européenne.". Ben voyons. Depuis longtemps, on sait que l'enfer est pavé de bonnes intentions. En voici une nouvelle et superbe illustration.