jeudi 24 mai 2012
 

Fermeture MegaUpload : l'UMP et le PS approuvent, le FN et EELV condamnent

Quelques heures après l'annonce de la fermeture de la plateforme de téléchargement par les autorités américaines, la classe politique française a réagi. Les principaux candidats à l'élection présidentielle de 2012 ont donné leur avis sur la question... qui les divise profondément.

Le premier à réagir fut le Président Nicolas Sarkozy, hier soir, par le biais d'un communiqué de presse où il apparaissait réjoui. 

Nicolas Sarkozy se félicite et demande à la Hadopi de se renforcer

"La mise à disposition illégale, par ce service, d'œuvres protégées par le droit d'auteur, permettait à ses promoteurs de réaliser des profits criminels sous la forme de recettes publicitaires ou d'abonnements de ses usagers. La lutte contre les sites de téléchargement direct ou de streaming illégaux, qui fondent leur modèle commercial sur le piratage des œuvres, constitue une impérieuse nécessité pour la préservation de la diversité culturelle et le renouvellement de la création", explique le chef de l'Etat, avant de poursuivre : "C'est le financement des industries culturelles dans leur ensemble qui est mis en cause par ce type d'opérateurs. Le moment est donc venu d'une collaboration judiciaire et policière active entre Etats pour porter un coup d'arrêt à leur développement". Enfin, il invite la Hadopi à "étudier rapidement l'utilité de compléter [la] législation par de nouvelles dispositions et à lui faire, le cas échéant, des propositions en ce sens".

Au PS, on trouve ça "normal"

Du côté du parti socialiste, on trouve cette fermeture "normale". Aurélie Filippetti, chargée des questions de téléchargement au sein de l'équipe de campagne de François Hollande, a déclaré ce matin sur France Inter que son parti souhaitait "renforcer la lutte contre ce genre de sites totalement illégaux qui font de l'argent sur le dos des artistes". Elle a cependant précisé que le PS voulait supprimer l'Hadopi, et la remplacer par des offres légales. François Hollande s'était d'ailleurs exprimé en ce sens hier matin.

Au Front National en revanche, Marine Le Pen dénonce l'enthousiasme exprimé par Nicolas Sarkozy et "la répression à géométrie variable".

Marine Le Pen : "La liberté sur internet sera fermement défendue contre toute tentative (HADOPI, LOPPSI 2 Traité ACTA) visant sous divers prétexte à la restreindre"

"Parlant de "criminalité" au sujet du site de téléchargement, Nicolas Sarkozy en a profité pour appeler à un renforcement de l'Hadopi. Nicolas Sarkozy fonctionne avec les internautes comme avec les automobilistes en les rackettant pour colmater les brèches laissées par sa gestion dispendieuse des deniers publics. Ce faisant, Nicolas Sarkozy se fait l'ami des majors et des multinationales qui font des marges hallucinantes sur le dos des artistes et des consommateurs, et n'encourage absolument pas la créativité", déplore-t-elle.

La candidate frontiste affirme que si elle est élue en avril 2012, elle "proposera immédiatement l'instauration d'une licence globale pour les échanges privés sur Internet, qui doivent rester libres sans que cela ne prenne en otage les ayants droit, producteurs, auteurs-compositeurs et interprètes".

Eva Joly : "Nous devons condamner les responsables de cette atteinte aux libertés"

Enfin, Eva Joly s'est aussi exprimée sur le sujet ce vendredi matin, s'insurgeant contre "l'incapacité des pouvoirs publics à se projeter au 21ème siècle et à concevoir un projet global éthique associant rémunération des auteurs et fluidité de la culture sur internet".

Elle critique la façon dont Nicolas Sarkozy a "salué avec un zèle dérangeant" cette décision de justice.

Pour la candidate écologiste, c'est clair, il faut abroger les lois Hadopi, DADVSI et LOPPSI.

"Après 5 années de faux débats autour d'Hadopi, sans solution ni bénéfice pour les artistes, pour les écologistes il est urgent de changer les termes de la discussion : ne plus opposer une "riposte graduée" à de prétendus "pirates" du partage, mais soutenir la création en libérant les internautes. Nous souhaitons poser les termes d'un nouveau contrat social qui allie des droits et des devoirs et qui repose sur deux mesures politiques précises : la légalisation du partage entre individus associée à la constitution d'une contribution à la création.  Celle-ci permettrait de redistribuer chaque année 1 milliard d'euros, de quoi peser significativement sur la création aux côtés des artistes, notamment les plus précaires", conclut-elle.

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