L’acte d’accusation contre MegaUpload et ses représentants est dévoilé sur le Web. On y apprend notamment que le FBI a eu accès à différents comptes de messagerie électronique et à des relevés des mouvements bancaires des principaux intéressés. Selon les différents chefs d’accusation, ils encourent des peines de prison cumulées jusqu’à 60 ans.
L’arrestation de «Kim Dotcom» (on ne le connaît que sous ses différents pseudos), le patron de MegaUpload, a été une véritable surprise. Personne ne s’y attendait. Jeudi, environ 80 membres de la police néo-zélandaise et du FBI ont participé à cette opération. Kim Dotcom attend actuellement le verdict de la justice locale pour savoir si oui ou non il sera extradé vers les Etats-Unis.
En cas d'extradition, la suite des évènements risque d’être complexe. L’acte d’accusation contre Kim Dotcom et les autres membres est chargé. Le dossier, préparé depuis un an semble-t-il, est complètement bétonné pour faire tomber la « Mega Conspiracy ». MegaUpload est considéré par le FBI comme « une organisation criminelle mondiale », aux 180 millions de membres et quelque 50 millions de visiteurs par jour. Les griefs semblent porter en particulier sur le programme « Uploader Rewards », qui promet aux « utilisateurs les plus actifs des transferts d’argent et autres avantages financiers pour uploader des fichiers populaires, protégés par copyright ».
« Au total, Mega Conspiracy a directement payé des millions de dollars aux uploaders via des versements en ligne », lit-on encore. Plus intéressant, l’acte d’accusation cite des conversations mails des membres concernés qui sont :
- Kim Dotcom,
- Finn Batato,
- Julius Bencko,
- Sven Echternach,
- Andrus Nomm,
- Mathias Ortmann,
- Bram van der Kolk.
Les conversations réunies montrent une chose, accablante pour les responsables des Mega Sites : ils étaient bien au courant que leurs serveurs hébergeaient des contenus illégaux, et le faisaient en toute connaissance de cause. On peut même lire dans certains mails dévoilés que Kim Dotcom souhaitait récupérer les vidéos de YouTube et les exploiter commercialement. « Est-ce qu’on a un serveur de disponible… ? », demande Bram van der Kolk à Mathias Ortmann, qui répond : « J’espère que YouTube n’implémente pas un système de détection de fraude *je prie* ».
Une campagne de publicité avec des artistes
Dans un autre mail, un représentant de Google AdSense adresse un mail à Kim Dotcom, lui expliquant qu’ils ne pourront plus travailler ensemble puisque «
de nombreuses pages hébergent du contenu sous copyright ».
Tout au long des 72 pages de l’acte, de nombreuses informations sont distillées. On y lit par exemple que MegaUpload a dépensé 185 000 dollars pour sa campagne de publicité en novembre dernier pour son clip vidéo et les artistes qui y ont participé. Les mouvements financiers ont d’ailleurs été suivis par le FBI, sur 64 comptes différents désormais saisis. Des biens ont aussi été saisis par les autorités, dont une vingtaine de grosses voitures (Lamborghini, Mercedes, Toyota, Rolls-Royce, etc.), une moto (Harley Davidson), de nombreuses TV, des serveurs et des ordinateurs, ainsi que les 18 sites de la sphère Mega Sites.
Enfin, nous apprenons également dans le document qu’Universal Music Group était en discussion avec MegaUpload dans le but de labelliser la MegaBox. UMG demandait un « filtrage proactif pour assurer qu’il n’y a pas de musique illégale hébergé par le service ; un filtrage proactif de texte pour éviter que les titres apparaissent dans la base de données ; la suspension des comptes utilisateurs qui violent régulièrement les copyrights ; limiter le nombre de téléchargements sur chaque fichiers »…