Thierry Breton, CEO d'Atos, propose à ses salariés d'assister gratuitement aux Jeux Olympiques de Londres... en venant y travailler.
C'est une "opportunité unique" comme l'explique le dirigeant dans l'e-mail qu'il a fait parvenir à ses collaborateurs dernièrement. L'information a été révélée par nos confrères de Rue89 après qu'un internaute leur ait fait parvenir le courriel en question.
Atos est depuis plusieurs années partenaire informatique de la manifestation sportive, et propose à chaque édition ce type d'offre à ses salariés. En 2012, ce sera donc à Londres du 27 juillet au 12 août, soit pendant les vacances d'été.
Travailler pendant ses vacances en échange d'un accès privilégié aux JO
Thierry Breton propose à 40 professionnels de se rendre sur place pendant ces 3 semaines pour y travailler bénévolement : "Conformément à l'esprit du mouvement des Jeux Olympiques, ce programme repose sur le volontariat. Vous offrirez votre temps de vacances et vos talents à la famille des Jeux Olympiques, en échange d'une expérience olympique unique dans une vie. La performance de chaque volontaire contribue au succès olympique de milliers d'athlètes, de millions de spectateurs et de milliards de téléspectateurs !"
Bien sûr, une contrepartie est offerte à cet investissement : voyage et logement offerts (y compris pour le conjoint), accès aux coulisses de l'évènement -y compris à certaines soirées privées avec les athlètes-, etc. De quoi ravir les fans de sport, et laisser indifférents les autres.
De l'exploitation, selon Rue89
Mais l'initiative ne plaît guère à Rue89, qui n'y voit qu'une tentative d'exploiter les travailleurs et parle de journées de travail ne laissant guère le temps d'assister aux épreuves. Chez nous, les propos du patron avaient déjà fait débat alors qu'il s'exprimait en défaveur de l'utilisation des e-mails au bureau.
Pourtant, dans les commentaires du site, plusieurs internautes ayant déjà participé au dispositif s'en disent satisfaits. "Invité à des compétitions pendant mes plages de repos, accrédité sur plusieurs stades donc accès libre. Excursions offertes ou billets offerts pendant les jours de repos (1j de repos pour 5j de travail, sur des plages horaires de 7h consécutives soit 8h-15h ou 15h-22h de mémoire, pour un poste sans grande responsabilité au final, on est là pour profiter, et on a beaucoup de temps à nous pour aller voir d'autres sports). Je vous passe les soirées au club France avec les médaillés, bref, le con, fan de sport, en garde des souvenirs mémorables", explique d'ailleurs l'un d'entre eux.
Un autre internaute est plus réservé, écrivant : "ayant connu un salarié qui est parti, je peux vous assurer que le temps pour suivre les épreuves est inexistant, le temps de travail est la durée d'une journée de travail classique, soit minimum 8h". Alors, qu'en est-il réellement ?
Plus de 2 000 salariés intéressés chaque année
Des questions se posent également sur les fonctions à remplir, un internaute parlant d'employés "dans l'accueil généralement et par le comité d'organisation, pas dans des postes techniques qualifiés", alors que le mail de Thierry Breton parle d'experts Windows et Unix, de spécialistes des systèmes de données, de techniciens pour assurer la transmissions des résultats des compétitions, etc.
"C'est une opportunité qui est offerte aux salariés. Ils sont volontaires parce qu'ils ont envie d'aller aux JO. Il ne s'agit pas de travailler 24 heures sur 24 !", explique d'ailleurs le CEO d'Atos. Pour chaque rendez-vous des JO, il y aurait largement plus de candidats que de places disponibles (plus de 2000 candidatures pour 40 places, d'après un lecteur de Rue89). Preuve que la pratique plaît.