jeudi 24 mai 2012
 

Google et ses petits arrangements en Afrique...

Vendredi, la presse américaine a révélé que Google s'était livré à des pratiques peu orthodoxes au Kenya. L'information n'était alors qu'une rumeur, mais le géant de la recherche vient de la légitimiser en reconnaissant officiellement les faits ce week-end.

L'histoire est hallucinante ! Mocality est une start-up kényanne qui s'est donnée pour mission de proposer une visibilité en ligne, gratuitement, aux petites entreprises de son pays. Sa base de données en recense actuellement 170 000 (pour 100 000 d'entre elles, ceci est leur seule présence sur la Toile). Il a fallu deux ans de travail et un budget de 100 000 dollars pour en arriver là.

Sauf qu'en septembre 2011, Google a décidé de lancer un service similaire : Getting Kenyan Businesses Online. Suite à ce lancement, Mocality a commencé a recevoir des appels qu'elle qualifie de "bizarres", de la part de sociétés lui parlant de sites Internet (une prestation qu'elle ne fournit pas).

Google s'est introduit sur les serveurs de Mocality

Mocality a découvert un trafic inhabituel sur ses serveurs, non pas de robots, mais "d'humains", qui furetaient dans les contacts des entreprises listées. Son équipe a alors eu une idée lumineuse : remplacer tous les numéros de téléphones par leur propre numéro, tout en disant à ses employés de faire comme si ils travaillaient pour les entreprises en question.

Et c'est là que le scandale commence. Mocality a commencé a recevoir de nombreux appels. De la part de salariés de Google qui affirmaient que leur entreprise travaillait avec Mocality dans le cadre d'un partenariat (ce qui est faux!) et qui proposait ensuite aux sociétés de leur faire un site Internet (payant, bien sûr).

Scandale et mensonges

Ceci a débuté un peu avant Noel. Après les fêtes, Google chargeait carrément une plateforme indienne de prospecter par téléphone. 30% des entreprises de la base de données de Mocality auraient déjà été contactées par Google, selon Stefan Magdalinsk (CEO de Mocality).

L'affaire a été rendue publique vendredi. Et, ce week-end, Google a avoué la manœuvre. Et s'est excusé platement, par le biais de son vice-président Europe : "Nous avons été mortifiés d'apprendre qu'une équipe travaillant pour un projet Google a utilisé les données de Mocality de façon inappropriée, et menti sur notre relation avec Mocality pour encourager les clients a créer des sites Internet. Nous nous sommes déjà grandement excusés auprès de Mocality. Nous continuons de mener l'enquête, afin de savoir comment cela est arrivé, et dès que nous en aurons la réponse, nous prendrons les mesures appropriées vis-à-vis des personnes concernées". Pour le coup, Google a vraiment de quoi rougir...

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