Le 1er janvier, un décret est paru au Journal Officiel. Il encadre l'application de la loi du 12 mai 2010, relative au marché des jeux d'argent et de hasard, et introduit le blocage des sites de jeux illégaux. Il est entré en vigueur hier, lundi 2 janvier.
Au centre de ce dispositif, il y a l'Arjel, l'Autorité de régulation des jeux en ligne, qui contrôle ce type de sites et qui en a agréé 47 (16 de paris sportifs, 9 de paris hippiques, et 22 de poker en ligne).
Comme l'explique Le Monde : "L'article 61 de la loi du 12 mai 2010 prévoit en effet que lorsque l'arrêt de l'accès à une offre de pari ou de jeux d'argent et de hasard en ligne a été ordonné par le président du tribunal de grande instance de Paris, les fournisseurs d'accès à Internet et les hébergeurs de site doivent procéder à cet arrêt. Le décret prévoit l'utilisation par les FAI du blocage par nom de domaine ("DNS, Domain name system") pour rendre inopérant le système de nom utilisé pour localiser des ordinateurs et des services en ligne".
La loi impose donc désormais aux FAIs de bloquer les sites désignés par l'Arjel (si la décision est validée par la justice), en étant indemnisés pour les coûts engagés dans ces opérations.
Un blocage contournable
La mesure est cependant vivement critiquée. En premier lieu, parce que le blocage de sites Internet hérisse de nombreuses personnes, peu importe de quel type de pages il s'agit. De plus, cette méthode n'est pas fiable. Un internaute pourra en effet toujours contourner l'interdiction en utilisant d'autres serveurs DNS pour accéder au site désiré.
Car, si le blocage par DNS est peu onéreux, il est contournable. Bien sûr, M. Tout-le-monde ne saura pas outrepasser ce type de restriction, mais pour quiconque ayant quelques notions en informatique, l'opération sera plus que facile.
Enfin, Stéphane Bortzmeyer, architecte systèmes et réseaux à l'Afnic (Association française pour le nommage Internet en coopération), dénonce un blocage "hypocrite" et rappelle que tous les sites de paris et de jeux sont dangereux, et pas seulement ceux jugés "illégaux". "On sait que le jeu est dangereux, mais on gagne de l'argent avec", assène-t-il.