Les Etats-Unis enquêtent sur Huawei et ZTE
par Emilien Ercolani, le 18 novembre 2011 13:52
La multiplication des attaques sur Internet entraîne le gouvernement américain à se méfier des équipementiers étrangers, et particulièrement chinois, afin de protéger leurs intérêts. Une enquête a été ouverte sur Huawei et ZTE afin de déterminer le danger potentiel qu’ils représentent.
Les équipementiers et constructeurs chinois Huawei et ZTE sont dans la mire du gouvernement américain, qui vient d’ouvrir une enquête pour déterminer la dangerosité de les laisser installer leur matériel sur le territoire. Cette enquête sous-entend donc que ces équipementiers chinois pourraient être de mèche avec leur gouvernement national, et éventuellement être à l’origine de fuites d’informations confidentielles.
Effectivement, l’enquête doit déterminer si « la présence de ces entreprises est une opportunité pour l’espionnage étranger », et peut potentiellement mettre en danger les infrastructures télécoms américaines. Les Etats-Unis ont toujours été méfiants à l’égard des entreprises chinoises. On se souvient par exemple qu’ils avaient empêché le rachat de 3Com par Huawei au nom de la « sécurité nationale ». Beaucoup plus récemment, Huawei a été exclu des appels d’offres pour la construction des réseaux 4G. « Huawei ne fera pas partie des constructeurs du réseau sans fil d’urgence américain à cause d’interrogations du gouvernement américain au sujet de la sécurité nationale », déclarait alors le porte-parole du Département du Commerce au Daily Beast.
« Les chinois ont hacké nos réseaux nationaux », affirme Dutch Ruppersberger, un représentant du parti Démocrate. « Ils ont menacé notre infrastructure critique et volé des secrets industriels pour des millions de dollars en propriété intellectuelle à des entreprises américaines ». Agressif, dur envers les entreprises chinoises, il ajoute : « Cela compromet notre sécurité nationale et amoindrit la compétitivité américaine sur le marché mondial ».
La House Intelligence américaine a décrit la Chine comme étant « le plus grand auteur de l’espionnage économique mondial » dans un rapport remis le 3 novembre dernier. Les entreprises les plus ciblées appartiennent aux secteurs pharmaceutiques, IT, militaires et « produits technologiquement avancés ».
Huawei, qui s’est installé à Plano, au Texas en 2001, a encore été écarté d’un marché cette année, avec l’interdiction de racheter la propriété intellectuelle de 3Leaf. Les avocats avaient estimé que celle-ci « poserait de gros risques ». ZTE, qui va lancer sa tablette sur le marché américain, adopte quant à lui une attitude plus sereine. « Notre entreprise vend ses produits dans 140 pays (…) et nous ferons tout notre possible pour démontrer notre respect de la loi », explique une porte-parole.