La décision d’interdire les avertisseurs de radar à peine évoquée provoque déjà de nombreux remous et autant de ricanements. Une association de défense est créée ainsi qu'un appel à manifester le 18 mai prochain.
La décision interministérielle ressemble à un nouvel épisode du célèbre dessin animé Bip-Bip contre le Coyote. Sauf que, dans cette version réelle, le coyote est devenu trop malin et qu’il semble gêner le gouvernement alias bip-bip dans sa chasse aux automobilistes et à leur argent. En effet, la décision d’interdire les avertisseurs de radars vise en premier lieu le leader du marché, Coyote, réputé pour sa précision et qui gagne jour après jour des adeptes en dépit de son coût.« Nous sommes surpris par cette décision incompréhensible. Ce que nous pouvons vous dire aujourd'hui c'est que nous allons être 2.5 millions à nous défendre », déclarent des responsables de Coyote à nos confrères de Bestofmicro. Ce faisant, les dirigeants de Coyote évoquent leur propre million d’utilisateurs affiché sur leur site ainsi que les solutions concurrentes. Coyote, Inforad et Wikango ont dès lors décidé de créer l'AFFTAC (Association Française des Fournisseurs et utilisateurs de Technologies d'Aide à la Conduite) pour en appeler à la mobilisation le mercredi 18 mai.
L'AFFTAC a pour ambition de s'adresser à tous les chauffeurs de taxi, ambulanciers, motards, représentants de commerces ou encore chauffeurs routiers. "Pour ces professions, le permis de conduire est aussi un permis de travailler" rappelle Fabrice Pierlot. Plus largement, l'association compte également toucher les 4,7 millions d'utilisateurs de ce type de systèmes. Une mobilisation est prévue le mercredi 18 mai à 13 heures, dans les villes de Lille, Bordeaux, Marseille, Lyon et Paris.
Hier l’association 40 millions d’automobilistes publiait un communiqué dans lequel « il appelait le Gouvernement à faire preuve de bon sens dans l’interprétation face aux mauvais résultats du mois d’avril 2011». La douche ne doit pas être froide mais glacée au sein de l’organisme.
En effet, la plupart n’ont pas de mots assez durs pour commenter les décisions du Comité Interministériel consacré à la sécurité routière. « 100% répression et 0% prévention », « la pompe à fric va fonctionner à plein régime » sont l’essentiel des commentaires que l’on peut trouver sur différents sites.
Au-delà de ses propres convictions en la matière, on est en droit d’être particulièrement surpris par des annonces dont ne sait pas si elles sont réalisables voire si elles sont légales. Que va-t-il se passer pour les millions d’utilisateurs des avertisseurs de radars ? Vont-ils être remboursés par l’Etat Français pour leurs abonnements ? Interdire les appareils de ce type, signifie-t-il également interdire les applications fonctionnant sur smartphones ? La prochaine formule rituelle des pandores deviendra-t-elle : « Permis, papiers du véhicule et… téléphone » ?
Nous sommes d’autant plus surpris que le Premier ministre passe pour être à la fois un adepte de l’automobile et un geek accompli. Dans ces conditions, il devra nous expliquer combien de temps il faudra à ce que l’on appelle le Génie français pour trouver la parade à cette mesure. De notre point de vue, quelques jours suffiront.
Plusieurs responsable politiques, non des moindres et y compris de la majorité, raillent souvent ce qu’ils appellent la « loi du mardi » en référence à un événement survenu le week-end qui fait la une des journaux le lundi et une volonté législative le mardi. En l’espèce, ils se sont trompés puisqu’il s’agit de la loi du… mercredi.