vendredi 9 décembre 2016
 

Comparateur de prix: Google conteste des accusations de l'UE

Le géant américain d'internet Google a jugé jeudi "erronées" les accusations de l'Union européenne (UE), qui le soupçonne d'abuser de sa position dominante pour favoriser systématiquement son service de comparaison de prix "Google Shopping" dans ses pages de résultats.

Le siège de Google à Mountain View (Californie) le 2 septembre 2015

"Nous pensons que ces affirmations sont erronées du point de vue des faits, du droit et de l'économie", écrit Kent Walker, vice-président de Google, dans un billet de blog.

"Le point de vue de la Commission ne reflète pas la réalité de la manière dont les gens font des achats en ligne", explique Google dans ce texte, qui résume sa réponse officielle envoyée jeudi à Bruxelles.

"Les consommateurs ne se contentent pas de rechercher des produits sur un moteur de recherche, avant de cliquer sur un site de comparaison de prix et de cliquer à nouveau vers un site marchand", ajoute l'entreprise.

Elle regrette ainsi que la Commission ne prenne pas en compte l'impact négatif que peuvent avoir sur le trafic vers ces sites de comparaisons de prix des mastodontes du commerce en ligne comme Ebay et Amazon.

Google cite deux études, une allemande et une américaine, selon lesquelles une large majorité des consommateurs qui font des achats en ligne passent d'abord par Amazon, avant les moteurs de recherche comme Google et les autres sites de vendeurs directement.

Les comparateurs sont "moins utiles pour les consommateurs", avance Google, qui explique n'y être pour rien.

"Notre réponse (à la Commission) démontre que les achats en ligne sont très concurrentiels, avec de nombreuses preuves soutenant la conclusion de bon sens que Google et beaucoup d'autres sites courent après Amazon, de loin le plus grand joueur sur le terrain", conclut l'Américain.

- Entraver l'innovation -

La Commission, qui enquête depuis 2010 sur les pratiques de l'entreprise concernant "Google Shopping", lui a adressé en avril 2015 une "communication des griefs", l'équivalent d'un acte d'accusation dans le jargon bruxellois, complétée en juillet 2016 après une première réponse du géant de la Silicon Valley.

Elle "craint que les utilisateurs ne voient pas nécessairement les résultats les plus pertinents en réponse à leurs requêtes, ce qui porte préjudice aux consommateurs et entrave l'innovation", expliquait alors le gardien de concurrence dans l'UE.

Selon Bruxelles, "le comportement de Google", dont les parts de marché dépassent 90% dans la fourniture de services de recherche générale sur internet, "a affaibli, voire marginalisé la concurrence exercée par ses concurrents les plus proches".

"Nous forcer à diriger plus de clics vers des agrégateurs de comparaison de prix ne ferait que subventionner des sites", lui a répondu Google jeudi.

L'Américain a également adressé une réponse à Bruxelles, sans donner de détails, sur une deuxième enquête pour abus de position dominante, selon laquelle il aurait limité "artificiellement la possibilité, pour les sites web tiers, d'afficher les publicités contextuelles émanant de [ses] concurrents".

"La Commission confirme avoir reçu les réponses de Google" et compte les "examiner avec attention", a commenté un porte-parole de l'institution.

Google est par ailleurs toujours sous le coup d'une troisième enquête sur son système d'exploitation Android. Bruxelles l'accuse notamment d'obliger les fabricants de smartphones qui utilisent son logiciel à également préinstaller ou privilégier certains de ses services sur leurs appareils.

Source : AFP

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