mercredi 7 décembre 2016
 

Le courriel en entreprise menacé par des nouvelles applications de messagerie

Le courriel se retrouve sous la menace de nouvelles applications de messagerie pour la communication interne des entreprises, à l'image de Slack qui offre aux "millennials" une plateforme plus adaptée à leurs besoins.

Stewart Butterfield créateur de la Slack en 2013, qui s'est imposée parmi de nombreuses applications qui veulent remplacer le courriel, à New York le 6 octobre 2016.

Joe Kent, responsable logiciels auprès d'une ONG, explique que cette application offre des "canaux" aux différents groupes d'interlocuteurs qui rendent la coordination plus facile entre les 131 pays où elle est active et évitent de gérer des centaines de courriels.

"Chaque équipe a son canal et n'importe qui peut s'y joindre et voir ce qui se passe", souligne M. Kent qui travaille pour dosomething.org, ajoutant que cela "permet de suivre une conversation beaucoup plus facilement".

Créée en 2013, Slack s'est imposée parmi de nombreuses applications qui veulent remplacer le courriel. Basée à San Francisco, la société a levé jusqu'ici 500 millions de dollars et se retrouve valorisée à 4 milliards de dollars. 

Elle compte aujourd'hui quelque trois millions d'utilisateurs, dont un million sont payants. Les petites et moyennes entreprises l'adoptent en raison de sa facilité d'utilisation sur des appareils mobiles, souligne Mark Beccue, qui a étudié ce marché pour le compte du consultant Compass Intelligence.

"Il n'y a pas de friction. Les entreprises n'ont pas besoin de se soumettre à des procédures d'autorisation complexes, il suffit de signer", rappelle-t-il.

​Le marché des messageries d'entreprise devrait atteindre 1,9 milliard de dollars d'ici 2019, selon l'analyste, alors qu'elles cherchent à améliorer et faciliter leurs circuits de communication interne. "Je pense qu'il s'agit d'un important facteur d'innovation et de productivité", estime Mark Beccue.

Mais Slack n'est pas seule sur ce marché et doit affronter la concurrence d'acteurs établis comme Microsoft. 

Facebook et ses 1,7 milliards d'utilisateurs vient d'y faire son entrée avec son application Workplace.

- Fuir l'enfer de l'email -

Pour Craig Le Clair de Forrester Research, ces applications s'appuient sur le fait que les "millennials" ne travaillent pas de la même façon que leurs aînés. 

"Ils veulent travailler quand ils ont envie de le faire et utiliser des messageries qui s'intègrent mieux avec leur présence sur les réseaux sociaux."

"Le but est d'échapper à l'enfer de l'email", affirme-t-il. 

En plus, Slack et des applications rivales comme HipChat et Yammer (Microsoft) s'intègrent avec la téléphonie, la vidéo et d'autres services d'échange de documents.

Slack s'est récemment associée à Salesforce pour élargir sa gamme de produits, notamment dans la gestion de clientèle, et a ouvert des canaux de communications en dehors de l'entreprise par l'intermédiaire de "bots", des systèmes informatiques automatisés utilisant l'intelligence artificielle.

"Slack s'éloigne du seul marché de la messagerie pour devenir une application d'ensemble pour les entreprises et c'est une toute autre affaire", juge Raul Castanon-Martinez, analyste pour 451 Research.

"Le succès de Slack a pris beaucoup de gens par surprise" mais il pourrait être plus difficile de maintenir son avantage face à des rivaux aussi bien nantis que Facebook ou Microsoft, ajoute-t-il.

Yammer va désormais être ainsi intégré à la plateforme Office 365 en offrant des connexions avec Skype et Outlook. "Microsoft n'a pas fait beaucoup de bruit mais ils sont assez agressifs pour maintenir leur position dominante dans les applications liées à la productivité du travail", juge M. Castanon-Martinez. 

Microsoft offre ainsi une gamme de services pour un prix allant de deux à quatre dollars par utilisateur et Facebook demande de un à trois dollars, alors que Slack demande 6,67 dollars.

- Le modèle Facebook -

Facebook de son côté tente de profiter du fait que "les millennials ont grandi avec" le réseau social, rappelle Craig Le Clair, même si cela ne lui donnera pas nécessairement un avantage déterminant.

"La plupart des employeurs et des managers n'ont pas grandi dans cet univers et ils associent Facebook avec ce que font leurs enfants et pas avec la productivité et le travail. Certaines entreprises limitent même l'utilisation de Facebook sur le lieu de travail", rappelle-t-il. 

Selon d'autres analystes, ces applications pourraient même aboutir à accroître encore davantage la charge de travail des employés, les obligeant à gérer de nouveaux messages en plus du courriel et des autres modes de communications.

Mais Craig Le Clair estime que l'intelligence artificielle pourrait être la solution en aidant à trier et gérer les messages. Selon lui, "Facebook a consenti de gros investissements dans l'intelligence artificielle et pourrait être bien placé pour cela".

Source : AFP - Rob Lever

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