mercredi 7 décembre 2016
 

MinuteBuzz ferme son site et devient 100% réseaux sociaux, une tendance de fond

MinuteBuzz, le plus populaire éditeur français de vidéos en ligne, a fermé lundi son site internet pour diffuser uniquement sur les réseaux sociaux, un choix radical qui illustre la mainmise de plus en plus sensible de Facebook ou Snapchat sur les sites classiques.

MinuteBuzz, le plus populaire éditeur français de vidéos en ligne, a fermé lundi son site internet pour diffuser uniquement sur les réseaux sociaux

MinuteBuzz, créé en 2010 est "le premier média français 100% vidéo et 100% réseaux sociaux", expliquent ses fondateurs, Maxime Barbier et Laure Lefevre. 

Avec 40 salariés et 5 millions de chiffres d'affaires, MinuteBuzz produit 500 à 600 vidéos par mois, des séquences sous-titrées de 60 secondes maximum, avec pour modèle l'américain "Now This" (1 milliard de vidéos vues par mois). Un format qui a conquis les internautes, en particulier ceux qui surfent sur leur mobile dans les transports. 

Sur ses trois chaînes - MinuteBuzz, Om Nom Nom (recettes de cuisine) et Hero (divertissement) - le groupe a atteint 220 millions de vidéos vues en septembre, presque trois fois plus qu'en janvier, et vise 2 milliards en 2016 contre 1,5 milliard l'an dernier. Sur les plateformes web (Facebook, Snapchat, Instagram, YouTube et Twitter) il est suivi par 8 millions d'abonnés.

Ces scores en font le leader des vidéos vues, en particulier sur mobile: il devance les replay de TF1 et France Télévisions (300 millions de vidéos vues par mois, mais incluant le replay sur téléviseur), dépasse les YouTubeurs français (Squeezie, n°1, a 100 millions de vues par mois) et ses concurrents comme Topito, Demotivateur, Buzzfeed, Konbini ou Melty.

En décidant de fermer son site, MinuteBuzz s'en remet presque entièrement à Facebook, où se réalisaient déjà 95% de ses vues. Il achète d'ailleurs à Facebook de l'amplification d'audience pour que ses vidéos s'affichent plus haut sur les pages des internautes.

"Entre 2010 et 2016 nous sommes passés de l'article à la vidéo. Maintenant nous allons sur les plateformes sociales, là ou sont les 18-35 ans, notre cible. Nous croyons très fort à cette mutation des usages. Et si Facebook modifie son algorithme ou se met à prélever une part des sponsorings des vidéos, nous nous adapterons", assure Maxime Barbier. 

Son succès est aussi lié à l'essor du mobile, support roi pour les vidéos courtes, où sont réalisées 70% des vues de MinuteBuzz.

Le site, rentable, se finance par des programmes sponsorisés et des contenus pour les marques. 

- "Plateformisation" -

Abandonner son site est aussi un choix de raison. Tous les sites qui comptaient jusqu'ici sur les liens diffusés via Facebook pour générer de l'audience ont souffert ces derniers mois du changement d'algorithme du réseau américain, qui met désormais moins en avant les liens faisant sortir l'internaute de Facebook.

Cette tendance de fond, dite "plateformisation", est celle de la "prise de pouvoir des réseaux sociaux", souligne le chercheur Nicolas Vanderbiest, expert en communication. 

"Quand vous contrôlez l'audience, vous contrôlez tout. Facebook avec sa rubrique Instant Article, Google News avec AMP et Snapchat avec Discover, ont approché les médias pour qu'ils publient leurs articles directement sur leur plateforme. Les gens accèdent aux articles par ces réseau, et ce sont les publicités fournies par les plateformes qui passent. Les médias ont perdu la bataille", commente-t-il.

"MinuteBuzz, qui dépendait déjà largement de Facebook, calcule qu'il vaut mieux l'avoir comme ami que mourir seul sur son île. Ce n'est pas pareil pour de grands sites comme Le Monde, mais même pour eux, le public s'est habitué à ces pratiques de flux et ne va plus que rarement sur leurs pages d'accueil", ajoute-t-il.

De quoi renforcer encore le poids de Facebook et Google, qui captent déjà 52% de la publicité sur mobile au Etats-Unis, selon le cabinet eMarketer. 

Source : AFP - Laurence BENHAMOU

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