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Spotify arrive au Japon, après les autres, mais fort de son expérience mondiale

Le suédois Spotify a annoncé jeudi le lancement au Japon de son service homonyme de musique en flux (streaming), arrivant après plusieurs concurrents sur le difficile marché nippon, où il espère néanmoins révolutionner les habitudes, fort de son expérience mondiale et d'un partenariat avec Sony.

Daniel Ek, PDG du suédois Spotify, le 29 septembre 2016 à Tokyo pour le lancement au Japon de son service de streaming

Spotify propose aux mélomanes japonais un catalogue de quelque 40 millions de titres, à écouter selon deux formules déjà employées à l'étranger: gratuite mais avec des publicités ou payante selon un forfait mensuel de 980 yens (8,7 euros) sans annonces promotionnelles.

Le service sera totalement opérationnel en novembre mais les inscriptions sont ouvertes dès ce jeudi et des privilégiés ont déjà un accès complet.

"C'est un rêve qui se concrétise aujourd'hui pour moi qui fus tant impressionné par le Japon et sa culture lorsque je suis venu la première fois", a déclaré Daniel Ek, le patron et cofondateur de la jeune entreprise, lors d'une conférence de presse à Tokyo.

"Le Japon est le deuxième marché mondial de la musique, où le streaming croît et nous espérons le faire grimper davantage encore", a souligné Akira Nomoto, responsable de la négociation des droits pour Spotify. 

"Le marché japonais est très différent et il est important que nous prenions une position de numéro un", a ajouté M. Ek, avant de présenter le nouveau patron de la filiale nippone, Ichiro Tamaki.

Spotify proposera son service non seulement sur les appareils nomades (smarphones, tablettes) et ordinateurs mais aussi sur les consoles de jeu vidéo PlayStation 3 et 4 de Sony, ce qu'il fait certes déjà ailleurs mais qui représente un bel atout dans la patrie du géant de l'électronique. Le patron de la filiale japonaise de jeux de Sony, Atsushi Morita, était dans la salle.

"Nous avons d'excellentes relations avec Sony, et pas seulement pour le Japon", a assuré à l'AFP Hannes Graah, un des dirigeants de Spotify au Japon.

La version gratuite est une spécificité sur laquelle veut jouer Spotify pour se faire connaître alors que les autres acteurs (Apple Music, Line Music, Google Play Music, Awa) ont pour le moment un catalogue moins riche (30 à 35 millions de titres) et facturent de 360 yens à 1.480 yens par mois. 

Spotify, créé en 2008, revendique 100 millions d'utilisateurs, dont 40 millions payants, dans 60 pays à travers le monde.

"Notre catalogue comprend aussi bien les Beatles que YMO", se vante Spotify en référence au toujours ultra populaire trio Yellow Magic Orchestra, que menait le compositeur et musicien Ryuichi Sakamoto. 

"Nous avons 200 millions de play-lists constituées, une fonction karaoke, une fonction jogging (la musique s'adaptant au rythme du pas de course) et de jeux", a précisé M. Graah durant la conférence de presse.

Spotify assure avoir reversé 5 milliards de dollars aux ayants droit depuis sa création, un argument pour rassurer les artistes.

Le pionnier suédois arrive sur un marché qu'il espérait conquérir bien plus tôt mais où il lui a fallu des années pour vaincre les réticences des chanteurs, musiciens et maisons de disques face à son modèle économique (notamment la version gratuite).

La concurrence déjà en place y est à la peine et les consommateurs restent très attachés aux supports physiques que sont les CD et même les disques vinyles.

Spotify n'a quant à lui toujours pas enregistré d'année de bénéfices, dépensant la majeure partie de son chiffre d'affaires pour rémunérer les ayants droit.

Source : AFP

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