mardi 17 janvier 2017
 

Dans un village isolé d'Alsace, le médecin consulte par webcam

Stéthoscope électronique relié à internet, smartphone pour examiner le fond de la gorge, diagnostic par webcam: à Oberbruck, village isolé d'une vallée vosgienne, les patients consultent le médecin... à distance, une innovation destinée à pallier le manque de praticiens en milieu rural.

Dans le cabinet médical, c'est une infirmière qui reçoit les patients, tandis que le Dr Thierry Castera dialogue avec le malade, via l'écran de l'ordinateur, à plusieurs kilomètres de là, le 12 septembre 2016 à Oberbruck.

Dans le cabinet médical fraîchement inauguré, entre un bureau de Poste et une supérette, c'est une infirmière qui reçoit les patients, prend leur tension ou leur température, et manie les instruments destinés à examiner les oreilles ou le nez - voire, si nécessaire, un échographe.

Le généraliste dialogue avec le malade, mais n'apparaît que sur l'écran de l'ordinateur: muni d'un casque et d'un micro, il mène sa consultation depuis un autre cabinet médical, à plusieurs kilomètres de là, via un dispositif de "télémédecine".

"Vas-y Lucas, tousse encore", demande ainsi le Dr Thierry Castera à un petit garçon de 10 ans, venu avec sa mère en raison d'une toux persistante. Fort des données et images recueillies, le médecin prescrit des antibiotiques. L'infirmière n'a plus qu'à imprimer l'ordonnance, transmise par internet.

"Le médecin a pu l'ausculter correctement, donc pour moi c'est pareil", se félicite Stéphanie Fellmann, la mère du jeune Lucas. Sans ce dispositif, "j'aurais dû attendre des heures pour avoir un rendez-vous et faire plusieurs kilomètres", ajoute-t-elle.

- Impossible de palper le patient -

Pour le Dr Castera, il s'agit d'une "consultation de premier recours", qui permet "soit de régler le problème, soit de passer rapidement la main" à d'autres professionnels. L'une des seules lacunes, selon lui, est l'impossibilité de palper le patient - au niveau des ganglions, par exemple, dans le cas de Lucas. Ce qui n'empêche pas de "prescrire le traitement adéquat", assure-t-il.

Ce dispositif très innovant a été proposé au maire d'Oberbruck par l'Asame, une association locale à but non lucratif qui gère des prestations d'aide à domicile et des cabinets médicaux. 

"Depuis le départ en retraite de notre unique médecin, il y a trois ans, on ne trouvait personne pour le remplacer", souligne le maire, Jacques Behra. "Quand l'Asame nous a proposé la télémédecine, on a dit +oui+ tout de suite". 

Pour l'heure, le service est ouvert quelques heures par semaine. Les praticiens, tous salariés par l'association, consultent depuis le Haut-Rhin, mais à terme, "rien n'empêcherait des médecins de l'autre bout de la France, y compris des libéraux, de nous rejoindre", souligne Paul Mumbach, le président de l'Asame, par ailleurs maire d'une commune voisine.

Selon ses promoteurs, un tel dispositif répond au développement de la télémédecine voulu par les pouvoirs publics. En mai dernier, le ministère de la Santé a d'ailleurs élargi à tous les patients en affection de longue durée un programme d'expérimentation de ces technologies, lancé en 2014 dans neuf régions pilotes - dont l'Alsace.

- "Tête-à-tête irremplaçable" -

Pour l'Agence régionale de santé (ARS) à Strasbourg, l'expérience d'Oberbruck ne s'inscrit toutefois pas dans ce cadre, et ne peut pas prétendre à une prise en charge par l'assurance maladie. Une analyse que contestent les responsables de l'Asame: pour eux, le dispositif est tout à fait conforme à un décret publié fin avril.

Reste que certaines voix, au sein du corps médical, mettent en garde contre l'idée de généraliser la télémédecine à toutes les situations.

"C'est un bon moyen pour suivre par exemple des malades chroniques, quand le médecin les connaît déjà bien, mais ça ne peut pas se substituer à une consultation physique", juge ainsi le Dr Pierre Simon, fondateur de la Société française de télémédecine et auteur en 2008 d'un rapport sur le sujet remis à la ministre de la Santé de l'époque, Roselyne Bachelot.

Le dispositif d'Oberbruck, "ça n'est pas une consultation, c'est une transmission d'information avec un médecin à distance", renchérit le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF (principal syndicat de médecins libéraux, généralistes et spécialistes).

Pour lui, une telle procédure "ne remplacera jamais une consultation traditionnelle, ce tête-à-tête irremplaçable entre le patient et son médecin".

Source : AFP - Arnaud BOUVIER

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