mardi 27 septembre 2016
 

A Dijon, les futurs pansements "intelligents" d'Urgo prennent forme

Urgo, ce n'est pas seulement des sparadraps pour les petits bobos du quotidien: dans son centre mondial de recherche et développement à Chenôve, près de Dijon, le groupe français élabore des solutions high-tech pour accélérer la cicatrisation des plaies chroniques.

Un capteur électronique sur une jambe mannequin dans le centre de recherche et développement d'Urgo à Chenove près de Dijon le 20 septembre 2016

Dans une vitrine transparente, un mécanisme pneumatique presse à intervalles réguliers une jambe mannequin enroulée de bandelettes, pour simuler l'extension d'un mollet en marche. Après chaque petit soupir d'air, les mesures de compression s'affichent en rouge sur un cadran.

Urgo prévoit d'obtenir à terme les mêmes informations pour un ulcère de jambe réel, à l'aide de capteurs connectés, fixés sur un circuit imprimé souple et extensible en polyuréthane. 

Cette seconde peau électronique est conçue pour se glisser en sandwich entre le pansement de la plaie de l'ulcère et les bandes de compression.

"Il y a un réel besoin de la part des spécialistes" pour cet outil destiné à veiller au maintien d'un niveau optimal de compression, selon Julien Steinbrunn, électronicien chez Urgo qui exhibe dans ses mains un prototype du capteur.

A condition d'être corrélées, d'autres mesures prises par des capteurs pourraient aussi être intéressantes pour le personnel soignant, comme le taux d'humidité et la température sous le pansement, ou son niveau d'absorption, afin par exemple de prévenir les infections, estime-t-il.

"Le pansement, historiquement, c'était un objet passif, qui était là pour recouvrir, protéger de la pollution extérieure et absorber le liquide, l'exsudat, qui provient de la plaie", rappelle Laurent Apert, directeur de la recherche chez Urgo Médical.

L'étape suivante, c'est de "rendre le pansement intelligent", ou interactif, pour qu'il puisse apporter des informations au personnel soignant sur son efficacité, voire traiter la plaie, poursuit le chercheur.

- Lumière soignante -

Avec des universités allemandes et des entreprises de micro-électronique, Urgo travaille ainsi sur un projet européen de photothérapie, pour suivre, voire soigner les plaies à l'aide de rayons lumineux diffusés par des diodes électroluminescentes (Led).

"A des doses différentes, la lumière peut avoir un effet anti-microbien et un effet de stimulation des fibroblastes", les cellules qui aident la peau à se régénérer, explique M. Steinbrunn. L'objectif est de trouver une dose adéquate pour combiner ces deux effets, en évitant l'excès de chaleur.

Avec des longueurs d'onde plus profondes, "la lumière pourrait aussi permettre de mesurer le flux sanguin et l'oxygénisation de la plaie de façon non invasive", ajoute M. Steinbrunn.

Dans une autre salle de laboratoire, Urgo teste un nouveau mélange de polymères, une pâte de couleur claire destinée à former une interface entre le pansement et la plaie.

Cette interface spongieuse permet notamment de créer un milieu humide propice à la cicatrisation ou d'ajuster les propriétés adhésives du pansement. "On peut aussi y incorporer des substances actives, comme des sels d'argent pour limiter le risque d'infection", ou des molécules chimiques pour réguler les agents nettoyants de la plaie, explique M. Apert.

Avec la progression du diabète et ses complications comme l'ulcère du pied diabétique et le vieillissement de la population entraînant une hausse des ulcères de jambe et des escarres, les plaies chroniques deviennent un enjeu de santé publique majeur, doublé d'un casse-tête financier pour les systèmes d'assurance-maladie.

"Les plaies chroniques touchent plus de 700.000 personnes en France et sont de vrais fardeaux pour les patients: plus de la moitié d'entre elles mettent plus de six mois à cicatriser", souligne Laurent Faugère, directeur général d'Urgo Médical.

Cette division a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 213 millions d'euros, soit près d'un tiers des ventes du groupe, numéro 3 européen dans les pansements et au 7e rang mondial.

La principale difficulté pour Urgo sera de convaincre les autorités de santé du gain à la fois médical et économique de ses innovations.

"Ces produits coûteront plus cher", reconnaît M. Steinbrunn. "Mais il faut voir le bénéfice global: on arrivera à créer de la valeur si tout le monde est convaincu du gain en temps et en soins" grâce à ces innovations, qui devront passer par des tests cliniques.

Source : AFP - Etienne BALMER

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