samedi 1 octobre 2016
 

Facebook renonce à censurer la photo de la Vietnamienne au napalm

Tirant les conséquences d'une polémique remontée jusqu'au sommet du gouvernement en Norvège, Facebook est revenu vendredi sur sa décision controversée de censurer la célèbre photo d'une petite Vietnamienne nue brûlée au napalm.

La Viétnamo-canadienne Phan Thi Kim Phuc devant une photo d'elle prise le 8 juin 1972 pendant la guerre du Vietnam à Nagoya, au Japon, le 13 avril 2016

Facebook s'était attiré d'intenses critiques en supprimant le cliché, jugé contraire à ses règles sur la nudité, y compris dans une publication de la Première ministre Erna Solberg. C'était le premier cas connu de censure d'un chef de gouvernement sur le réseau social au 1,71 milliard d'utilisateurs.

Le groupe américain a finalement dit faire marche arrière pour tenir compte des réactions des internautes et du "statut emblématique et d'importance historique du cliché", selon un porte-parole.

"Nous avons décidé de rétablir l'image sur Facebook là où nous sommes au courant qu'elle a été retirée. Nous ajusterons aussi nos mécanismes d'examen (des publications sur le réseau) pour permettre le partage de l'image à l'avenir", ce qui devrait être effectif "dans les prochains jours", a précisé ce porte-parole dans un courriel à l'AFP.

"L'image d'un enfant nu serait normalement supposée enfreindre les règles de notre communauté et, dans certains pays, pourrait même être considérée comme de la pédopornographie. Dans le cas présent, nous reconnaissons l'importance historique et mondiale de cette image pour documenter un moment particulier", a-t-il ajouté.

La photo incriminée de l'agence Associated Press, récompensée par le prestigieux prix Pulitzer, montre une fillette nue de neuf ans fuyant sur une route, hurlant de douleur et de terreur, après une attaque au napalm de son village pendant la guerre du Vietnam.

Tout était parti de la suppression par Facebook il y a deux semaines d'une publication de l'auteur norvégien Tom Egeland sur le thème des photos de guerre, illustrée notamment par ce fameux cliché.

La polémique avait enflé quand des utilisateurs prenant la défense de Tom Egeland en publiant à leur tour la photo avaient subi la même censure. Y compris la Première ministre norvégienne qui avait décidé vendredi de braver le groupe américain en partageant elle-même le cliché au nom de la liberté d'expression.

La publication de Mme Solberg avait disparu en fin de matinée, supprimé selon elle par Facebook.

"Ce que Facebook fait en supprimant des photos de ce type, aussi bonnes soient leurs intentions, c'est éditer notre histoire commune", a-t-elle dit dans une nouvelle publication.

Le réseau social avait initialement tenté d'argumenter qu'il était "difficile de faire une distinction et d'autoriser la photo d'un enfant nu dans un cas et pas dans d'autres".

Refusant de désarmer, Mme Solberg avait de nouveau publié la photo ainsi que d'autres clichés emblématiques, tous biffés d'un carré noir, afin de souligner par l'ironie l'absurdité de censurer des photos historiques.

- Oeuvres d'art indécentes -

Dans un pays chantre des libertés, l'affaire a pris de telles proportions que la Fédération de la presse norvégienne a appelé le fonds de pension du pays, plus gros fonds souverain au monde et qui possédait 0,52% de Facebook fin 2015, à examiner si cette pratique était conforme aux critères éthiques qui régissent ses investissements.

D'autant plus inquiets que Facebook s'est imposé comme un canal essentiel d'information, des médias traditionnels se sont aussi engagés dans le débat.

Vendredi matin, le plus grand journal norvégien Aftenposten a consacré sa Une à la fameuse photo et publié une longue lettre ouverte à Mark Zuckerberg, le patron-fondateur du réseau.

"Je t'ai écrit cette lettre parce que je suis préoccupé par le fait que le média le plus important au monde limite la liberté au lieu d'essayer de l'étendre et parce que cela se produit d'une façon parfois autoritaire", écrit le rédacteur en chef Espen Egil Hansen.

M. Hansen a ensuite dit à l'AFP avoir "peur qu'on en arrive à une société où c'est un dénominateur commun qui détermine ce qui est choquant pour la population mondiale". 

"L'information doit être aussi acceptable dans un petit village au Pakistan que dans un milieu intellectuel à Paris. Ce dénominateur commun est un mécanisme très dangereux quand il est mis en oeuvre par le rédacteur en chef le plus influent au monde", a-t-il ajouté, en référence à M. Zuckerberg.

L'affaire a des précédents, y compris avec des oeuvres d'art.

Facebook doit passer devant la justice française, poursuivi par un utilisateur pour avoir censuré une photo du tableau de Gustave Courbet "L'Origine du monde", montrant un sexe féminin.

Au début de l'année, une députée danoise s'est aussi plainte de ne pas pouvoir publier un cliché de la Petite Sirène, la célèbre statue de Copenhague, parce qu'elle contenait "trop de peau nue ou de sous-entendus sexuels".

Source : AFP - Pierre-Henry DESHAYES, Sophie ESTIENNE

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