mardi 27 septembre 2016
 

Après la France, Iliad peut-il chambouler le marché du mobile italien ?

Moins de cinq ans après avoir bouleversé le marché de la téléphonie mobile en France avec un forfait à deux euros, Iliad part à l'assaut de l'Italie, un défi qui pourrait s'avérer plus ardu, selon des experts.

Iliad part à l'assaut de l'Italie, un défi qui pourrait s'avérer ardu

Étonnamment, ce sont les opérateurs locaux qui laissent entrer le loup dans la bergerie: afin que la Commission européenne valide leur fusion, Wind et 3 ont dû accepter de se délester d'une partie de leurs fréquences et antennes et choisi Iliad comme acquéreur.

Dans l'attente d'un réseau complet, le groupe français --qui deviendra le quatrième opérateur italien-- pourra utiliser leur réseau pour l'accès à la 2G, 3G, 4G et même 5G, pendant 5 ans, renouvelables une fois.

Il se retrouvera en concurrence avec le nouvel ensemble Wind-3 --qui deviendra numéro un une fois la fusion finalisée--, avec l'opérateur historique Telecom Italia --actuel n°1- et Vodafone sur un marché où les positions seront très proches entre les trois groupes.

"Nous sommes très confiants sur notre capacité à réussir notre installation" en Italie où Iliad compte développer "rapidement une offre agressive", a récemment déclaré son directeur général Maxime Lombardini, sans préciser le calendrier.

En France, une année avait été nécessaire à l'opérateur pour se lancer dans le mobile ce qui laisse envisager ses premières offres pour la fin 2017 dans la péninsule.

Le but d'Iliad est de franchir rapidement la barre des 10% de part de marché, ce qui lui permettrait d'atteindre l'équilibre, avec un investissement total estimé par la presse italienne à 1,8 milliard d'euros, dont 450 millions confirmés par le groupe pour l'acquisition de fréquences.

Cet objectif ne semble pas farfelu: en moins de cinq ans, le groupe de Xavier Niel s'est adjugé une part de marché de 17,4% dans l'Hexagone, continuant de progresser.

Selon l'analyste Peter Boyland, de IHS Markit, l'opérateur devrait logiquement accentuer "la pression concurrentielle" en Italie, avec des offres "très agressives" qui "auront un impact fort auprès des consommateurs sensibles aux prix" dans un pays où l'économie est loin d'être florissante.

Pour autant, souligne Alessandro Perego, professeur à l'Ecole polytechnique à Milan, le contexte dans lequel Iliad arrive est "complètement différent" de la France de 2012, où "la moyenne des tarifs était nettement plus élevée" et "la marge importante pour baisser les prix".

- Ticket d'entrée faible -

En Italie, "il y a déjà eu une bataille sur les prix", et en six ans, le marché mobile, majoritairement composé du pré-payé contrairement à la France, y a perdu 30% de sa valeur, note-t-il.

Aujourd'hui, les offres les plus basses tournent autour de 7-9 euros, ce qui laisse une marge de manœuvre limitée.

Surtout dans un pays où le revenu par abonné (Arpu) est l'un des plus faibles d'Europe occidentale: 12 euros par mois en 2015 contre 18 euros au Royaume-Uni et même 21 euros en France, selon M. Boyland.

Autre différence: Free avait "pu compter sur sa marque et sa base de clients", très solide, dans l'internet, pour se développer dans le mobile, explique M. Perego, alors qu'en Italie il est quasi-inconnu et part sans base fixe.

Mais le groupe français compte y remédier et a reconnu "des contacts" avec l'énergéticien italien Enel, qui se lance sur le marché de la fibre optique, afin d'envisager des offres couplées fixe-mobile.

Par le passé, Xavier Niel s'est déjà essayé au marché télécoms européen, avec l'acquisition en 2015 en Suisse de l'opérateur rebaptisé Salt, avec lequel il a misé sur la baisse des prix et d'importantes campagnes publicitaires pour bousculer le marché.

Avec un succès mitigé: au premier semestre 2016, Salt a perdu 119.000 clients prépayés pour ne récupérer que 18.000 abonnés, selon le quotidien Le Temps, dans un marché toujours dominé par Swisscom.

Pour le président du cabinet Stallych Consulting, Stéphane Dubreuil, la réussite d'Iliad ne fait cependant aucun doute, tant le ticket d'entrée, qu'il estime à un milliard sur cinq ans, est faible.

"Ils arrivent sur un marché où, si la 4G est déployée, les usages sont plus faibles qu'ailleurs en Europe car les opérateurs ne veulent pas sacrifier leurs marges. C'est à ce niveau que Free compte faire sauter la barrière", anticipe-t-il.

Avec de réels atouts: un contrat d'itinérance plus généreux que celui qui le lie à Orange en France, des milliers de points hauts pour une bonne couverture et un portefeuille de fréquences quatre fois plus important que dans l'Hexagone en 2012.

Source : AFP - Céline CORNU avec Erwan LUCAS à PARIS

Noter cet article (de 1 = Nul à 5 = Excellent) Valider

Advertisement

/// Actuellement à la Une...
La conférence des utilisateurs et des partenaires de Splunk vient de s’ouvrir dans le complexe de Disney à Orlando. Doug Meritt, le CEO de Splunk, a dévoilé les nouveautés produits et précisé la vision stratégique de l’entreprise : devenir la machine qui fait tourner l’usine à données de l’entreprise.
Après une réorganisation au niveau mondial, l’équipe de Microsoft France est elle aussi profondément remaniée suite au départ de son président en juillet dernier. Certains visages ont quant à eux disparu… 
Benchmark Capital et Insight Ventures, deux parmi les plus prestigieux fonds américains, investissent 20 millions d’euros dans la start-up française. Le tour de table a été bouclé en un mois.
Le nouveau service de Plex, en bêta et encore actuellement sur invitation, permet de streamer tous vos contenus sur les appareils équipés de Plex via l’offre de stockage illimitée Amazon Drive. 
A l’occasion de sa conférence prévue le 4 octobre prochain, Google pourrait dévoiler Andromeda accompagné de deux nouveaux périphériques : une tablette Nexus 7 pouces et un laptop hybride – Pixel 3 – ultrafin et équipé d’un écran 12,3 pouces.
Disney pourrait être intéressé par le rachat de Twitter, rapporte Bloomberg. Le deal pourrait être favorisé par le fait que les deux entreprises sont déjà en partenariat et que Jack Dorsey, CEO et co-fondateur de Twitter, siège au conseil d’administration de Disney.
La croissance de Parrot sur le deuxième trimestre 2016 s’essouffle et force la marque française à revoir à la baisse ses objectifs financiers. 
La conférence Microsoft Ignite a été l’occasion pour les deux entreprises d’annoncer un partenariat croisé : Adobe utilisera les services cloud Azure alors que l’éditeur de Redmond intégrera Adobe Marketing Cloud sur Dynamics 365. 
Renault et Nissan vont combiner leurs efforts en vue de développer de nouveaux services connectés pour les véhicules tout en s’appuyant sur l’offre Azure de Microsoft. 
Le nouveau Forfait Freebox Révolution tente de séduire en ajoutant la TV by CANAL Panorama et l’application myCANAL incluse, le tout pour 39,99 euros TTC/mois. 
Derniers commentaires
/// DERNIERS MAGAZINES PARUS

LES COÛTS CACHÉS DU CLOUD, Applications de gestion : la nouvelle donne, Gestion de projet P&PM, API Rest, Les containers remplacent les VM, L'ère des Bots, L'Infra de G7...

Lire l'édition numérique
Acheter ce numér0


TRÈS HAUT DÉBIT : EXPLOSEZ VOTRE WIFI !, Euro 2016 & stades 2.0, Rencontre avec Nicolas Colin, Quoi de neuf dans SQL Server 2016, Framework PHP Laravel, Collaboratif : Slack et Atlassian réinventent le modèle...

Lire l'édition numérique
Acheter ce numér0


LES DÉFIS DE LA TRANSFORMATION NUMÉRIQUE, la révolution des API, SNCF 100% digitale, Serveurs : le cloud tire le marché, Watson : l'IA en action, Reportage Google I/O 2016 : Android dans tous ses états...

Lire l'édition numérique
Acheter ce numér0