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HÉBERGEMENT INTERNET A qui confier vos sites Web ?
Il est parfois difficile de définir le métier d’hébergeur. Depuis les débuts historiques de cette activité, le profil des hébergeurs a changé. Les segments de marché s’affirment et les niches s’agrandissent du petit hébergeur local sur des serveurs mutualisés à des offreurs de service plus proches de l’outsourcing que de l’hébergement tel que nous le connaissions jusqu’à présent. En offrant toujours plus de services dans un marché très concurrentiel, les hébergeurs se livrent à une course effrénée pour atteindre une masse critique en termes de taille, de client et d’offres technologiques. En quelques années, ils sont devenus les partenaires incontournables et stratégiques des entreprises.
Stéphane Duproz, le directeur de Telehouse Redbus, est le premier à le dire : « Le concept d’hébergeur est difficile à définir. Il existe des hébergeurs pour le grand public et des hébergeurs plus pointus pour des comptes demandant des services plus complexes. Ceux-là se situent entre hébergement et outsourcing. La seule fondation commune est l’hébergement physique. Ensuite, il est possible de faire entrer dans le concept, différents services. D’abord des services basiques : un serveur qui héberge vos données avec les services de connectivité liés pour que le client soit présent sur Internet. À partir de ce service simple, on loue une bande passante garantie ou non. Au-delà, on peut aller vers des choses très complexes. »
Cette différenciation ne s’est pas faite toute seule et les hébergeurs ont traversé des années difficiles. Et pas seulement du fait de l’explosion de la bulle Internet. Au début de ce siècle, les hébergeurs étaient les partenaires privilégiés des opérateurs télécoms qui se lançaient sur un modèle global en s’appuyant sur le TCP IP. Entre 2001 et 2004, ceux-ci rencontrèrent des difficultés, ce qui a eu des conséquences négatives sur l’activité des hébergeurs. L’arrivée massive du haut débit et la remise au goût du jour des activités Internet (vente en ligne, ASP,) avec l’arrivée de nouveaux services comme la Video on Demand permet aux hébergeurs de voir l’avenir avec plus de sérénité. Alexandre Savronoff de Global Switch, un fournisseur de salles blanches, explique : « Le virage s’est réalisé en 2005. 2006 a été notre meilleure année historique et 2007 devrait suivre la même tendance. » Ce renouveau ne s’est pas fait sans casse et le secteur connaît déjà un début de concentration. Rachats et fusions devraient continuer. Dominique Morvan, le nouveau patron de Namebay, la filiale registrar d’Internet-FR, ajoute : « Ces fusions ne se passent pas toujours bien, il est difficile de concilier l’esprit start-up des entreprises pionnières qui ont jeté les bases de ce métier et les grandes structures qui les rachètent. Le plus souvent, les acquisitions de nouvelles ressources sont mises en commun mais les équipes restent autonomes. »
Un métier en pleine évolution
De l’hébergement physique des données et de la connectivité, le métier d’hébergeur évolue vers le monde du service, voire de l’infogérance. Plusieurs raisons expliquent cette évolution irrémédiable. Tout d’abord, la concurrence est féroce. Sur le segment grand public, les prix n’ont jamais été aussi bas pour avoir son domaine, ses boîtes mail, son blog…
Les hébergeurs doivent donc proposer des services pour compenser la baisse des prix. Jérôme Totel, ingénieur chez Interoute, renchérit : « Il n’est pas sûr que le plus dur soit à venir dans notre secteur. Dans les appels d’offres, on voit ce que souhaitent réellement les entreprises, et cela chiffre vite, du fait de coûts incompressibles comme les coûts humains. Ce sont les coûts des équipements qui ont chuté. Pour compenser cette chute des prix, nous proposons des services en plus qui sont nécessaires au client et celui-ci les accepte facilement. » Si la concurrence fait rage, il devient pourtant plus facile de recruter des clients. La plupart des entreprises ont perdu les compétences pointues que nécessite le métier d’hébergeur. Elles sont de plus confrontées à des soucis techniques triviaux qui les obligent à externaliser ce type de travail. Le plus souvent, les entreprises sont installées dans des immeubles traditionnels. Oui et alors ? Ceux-ci ne sont pas conçus pour recevoir un nombre de machines importants pour un simple fait : la charge au sol. Auparavant, un serveur pesait son poids, mais il était seul. Aujourd’hui, chaque rack pèse dans les 400 kilos… Si vous les multipliez, les planchers ne sont plus adaptés pour recevoir de telles charges. L’entreprise se retourne alors vers des loueurs de salles blanches qui vont accueillir leurs serveurs. Il en va de même pour l’alimentation électrique. L’avènement des « blades » se heurte au problème de la consommation électrique des baies. La plupart des salles actuelles sont dimensionnées pour recevoir entre 400 et 500 watts au mètre carré. Avec les nouveaux serveurs, il en faut le double. Nous passerons sur la climatisation nécessaire pour tout cela. Au final, les entreprises ont le choix de remettre leurs salles à niveaux où de s’installer chez un hébergeur. Vu le prix de l’investissement nécessaire, le choix est vite fait ! L’autre point poussant les entreprises à s’offrir les services des hébergeurs est le manque de compétence en interne. Le métier d’hébergeur devient plus complexe qu’auparavant. Il ne s’agit plus seulement de conserver des données sur un serveur et de permettre une connectivité par Internet. L’hébergeur propose aujourd’hui non seulement ce service mais sa disponibilité suivant le niveau attendu par son client. Il propose aussi que cette connectivité soit sécurisée, que les données soient sauvegardées et qu’elles puissent être restituées dans les meilleurs délais. Idem pour la disponibilité des serveurs et des bases de données.
6 250 euros du mètre carré
Outre le fait que les entreprises, principalement les PME, n’ont pas les compétences en interne pour réaliser ce haut niveau de service, elles n’ont pas non plus les ressources financières pour assurer un tel niveau de service. Pour Alexandre Savronoff : « Les salles des entreprises sont en sous-capacités. Recalibrer les salles nécessite de tout reprendre depuis le début. Et là, tout devient compliqué ! » Viennent s’ajouter les nouveaux services que les entreprises délivrent en réseaux : vente, service desk ou hot-line, forums interactifs… Ces services font désormais partie de l’image et des marques des entreprises, il devient impossible que ces offres connaissent des défaillances. Au mieux l’image de l’entreprise en sort écornée, au pire des pertes de chiffres d’affaires et de confiance vont obérer sur le long terme l’entreprise. Ne reste plus que l’option de se tourner vers un spécialiste : l’hébergeur. On le voit le métier d’hébergeur a bien changé ! Cela explique aussi pourquoi les entreprises changent parfois d’hébergeurs en cas de problèmes, mais réinternalisent peu ce type de prestations en interne. Pour faire face à ces nouvelles demandes, les hébergeurs proposent des services de sécurité, de sauvegarde, de redondance (sur tous les matériels, les réseaux, les sites…). Là aussi, les investissements sont à la hauteur. Interxion vient d’annoncer un investissement total de 50 millions d’euros pour ses data centers dans le but d’agrandir ses espaces commercialisés de… 8 000 m2. Soit 6 250 euros du mètre carré ! Il faut quelques racks pour amortir tout cela. Eh oui, pour fournir le service, les hébergeurs doivent se doter des meilleurs outils d’alimentation électrique, de climatisation…
Nous ne détaillerons pas ici le problème des coûts immobiliers ou de l’alimentation en électricité (lire notre article sur le phénomène data center).
Des plates-formes techniques uniformes
Pour limiter les coûts, les hébergeurs rognent de tous les côtés. Ainsi, les configurations matériels sont toutes plus ou moins uniformes chez chaque hébergeur. Des géants du secteur comme Google ou Strato, en Allemagne (lire le reportage paru dans L’Informaticien n° 43), sont leurs propres concepteurs de serveurs. Toutes les machines dans leurs data centers sont identiques suivant quelques configurations standard. Dominique Morvan indique que « chez Internet-FR, comme chez d’autres hébergeurs, nous n’avons qu’un seul fournisseur. C’est plus simple pour les machines de remplacement. Le matériel est en stock pour répondre aux besoins de garanties de service que nous proposons ». Ici, c’est Dell, pour ses configurations 19, 28 et 68, qui a décroché la timbale. Jérôme Totel, chez Interoute ajoute : « Les demandes sont principalement sur du Dell ou du HP dédié. »
Un partenaire incontournable
Ces différents éléments font que l’hébergeur devient incontournable dans la stratégie des entreprises. Même des grands de l’informatique ne peuvent plus fournir ce type de prestations et se tournent vers ces architectes de votre image sur le Web. Il en va de même pour les banques, les agences de voyage, et pas forcément les plus grandes. Les hébergeurs en sont aujourd’hui à proposer des solutions sur mesure pour accompagner le métier de leurs clients avec le danger que les coûts de la solution s’envolent, car il sera difficile de répéter la même configuration pour un autre client. Jérôme Totel souligne qu’« il faut de toute façon que le service rendu soit meilleur que si le client le faisait lui-même ». Tous s’orientent donc vers des services haut de gamme pour des clients de plus en plus exigeants.
Frédérick Coeuille, chez Internet-FR, indique : « Pour nos clients, des entreprises parfois de 50 à 100 personnes, nous réalisons vraiment de la haute couture. Nous sommes de véritables partenaires pour offrir à nos clients les meilleurs moyens, afin qu’ils réussissent surtout à passer leurs pics saisonniers qui sont différents suivant les secteurs d’activité. Nous avons des relations très proches comme dans un couple. On remarque que la proximité reste importante. Les clients ont parfois besoin de pouvoir toucher ou voir les machines. Le partenariat se réalise dès le début du projet, où nous discutons de l’application qui doit être disponible en permanence et du périmètre de celle-ci. La validation de la plate-forme se fait aussi ensemble. »
LAMP ou Windows ? C’est le client qui décide
L’uniformisation des offres des hébergeurs se poursuit aussi sur les systèmes d’exploitation utilisés. Actuellement, Windows et Linux tiennent la corde. Le bruit autour de l’infrastructure LAMP (Linux, Apache, MySQL, Python) est moins marqué mais la solution est toujours aussi présente. Seuls les systèmes plus lourds comme Unix et les mainframes marquent le pas dans le domaine de l’hébergement. Frédérick Coeuille, directeur général d’Internet-FR, précise : « La plupart des clients s’en moquent et, dans nos centres, les deux environnements sont à 50/50. » Là aussi, le coût des compétences est un argument de poids pour que les entreprises passent sur des plates-formes plus usuelles. Jérôme Totel tempère un peu l’avis de Frédérick Coeuille : « On installe ce que le client veut comme OS. Les clients ont leurs propres idées et certaines applications ne laissent pas le choix. » Ce phénomène est important car il s’accompagne d’une mutation des clients depuis les environnements mutualisés vers des environnements dédiés. Ce virage vers les serveurs dédiés ne s’accompagne pas cependant d’une large utilisation d’outils de virtualisation. Tous les hébergeurs ont ce type d’outil. Ainsi, Interoute va proposer des serveurs dédiés virtuels sur VMware. Jérôme Totel précise : « Une partition dédiée sur du mutualisé présente des avantages à la fois pour l’hébergeur et pour le client. » Pour les architectures, les « trois tiers », bases de données, serveur d’application et front office, restent la règle avec tous les outils de sécurisation et d’optimisation disponibles (compression, etc.). Les conséquences et les impacts des technologies dites 2.0 ne sont pas encore marqués sur le métier des hébergeurs, mais ils vont de toute façon aller vers une utilisation encore plus intensive de leurs services.
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Data centers Un défi énergétique !
Le phénomène data center n’est pas près de s’éteindre vu la demande des clients pour faire héberger leurs machines. Plus que le coût de l’immobilier ou des ressources humaines, les centres de données doivent relever le défi d’une alimentation aisée en électricité pour un prix raisonnable. Dans ce contexte, la France a une bonne carte à jouer.
Pour les centres de données, les chiffres ou les statistiques atteignent déjà la démesure. Frédérick Coeuille, directeur général d’Internet-Fr, explique que « tout le marché voit une forte demande sur les applications Web, qui est de trois fois les capacités actuelles. Il nous faut plus de ressources pour multiplier par trois les consommations des serveurs dans les trois prochaines années. Nous aménageons d’ailleurs de nouveaux data centers avec de nouvelles technologies de refroidissement pour améliorer les ratios d’utilisation. Nous payons déjà les bâtiments au prix du marché, il nous faut augmenter la densité pour conserver notre rentabilité ». Ce développement des data centers se réalise par tranches de quelques centaines de mètres carrés, afin de créer des zones autonomes. Malgré la forte demande, les hébergeurs doivent avancer à pas comptés. Pas question de se retrouver en surcapacité ! Mais ils doivent cependant faire face à la demande, surtout énergétique. Stéphane Duproz de Telecity Redbus ajoute : « Il nous faut optimiser la rentabilité en fournissant le maximum de services au mètre carré. » Plus de services revient à dire plus de consommation électrique et là, l’affaire n’est pas si simple. Stéphane Duproz poursuit : « Londres commence à connaître des difficultés de disponibilité électrique. Paris est la seconde ville majeure en Europe devant Amsterdam et Francfort. » Qui dit manque de disponibilité électrique, dit aussi prix plus élevé. Cela reviendra bientôt à vouloir résoudre la quadrature du cercle. D’ailleurs une étude récente du Gartner n’est pas très optimiste. Selon le cabinet américain, 50 % des centres de données actuels ne seront plus en mesure de répondre aux exigences d’alimentation électrique, de dissipation thermique des équipements à haute densité à partir de 2008. Dès l’année suivante, les coûts énergétiques deviendront le deuxième poste de dépenses des centres de données juste derrière les dépenses de personnels. Conséquence immédiate de ces évolutions immobilières et énergétiques, les data centers désertent le cœur des villes européennes pour se redéployer vers les banlieues et les provinces, avec comme seule limite la disponibilité électrique. Cet élément est désormais plus important dans les plans d’installation d’un centre de données que les accès réseaux haut débit ou très haut débit.
Ce que consomment les data centers
Les équipements non informatiques, comme le refroidissement ou la ventilation, représentent en moyenne 60 % de la consommation électrique d’un data center. Une simple unité de calcul dépense 15 % en plus d’énergie qu’il y a 5 ans. Ainsi, un centre de données de 4 600 m2 consomme en moyenne 538 watts par mètre carré et par jour, pour un coût de 1,2 $ par mètre carré et par jour. Si la consommation suit la tendance actuelle les besoins énergétiques des centres de calcul vont faire un bond de 76 % d’ici à 2010. Car en ce domaine peu importe le trafic réel et le volume de données traité. Un serveur d’entrée de gamme, utilisé à 10 % de sa capacité, consomme presque autant d’énergie que s’il était utilisé à 100 %…
Vers des méga data centers
La taille des data centers ne va pas aller en se réduisant. Intel prévoit déjà le déploiement de méga data centers aux États-Unis. La plupart des hébergeurs prévoient d’agrandir ou d’ouvrir de nouveaux centres pour répondre à la demande des clients. Exemple impressionnant de la tendance : Google. Le joyau de la Silicon Valley avait commencé avec 8 000 machines. En 2003, son parc comptait à 100 000 machines. L’année dernière, le parc atteignait les 450 000 machines sur 25 sites de par le monde. Et l’année prochaine… ?
Voyage au data centre de Global Switch
Clichy, Hauts-de-Seine. C’est là que la société Global Switch est implantée pour accueillir, héberger et protéger des équipements informatiques critiques. Pas les siens – elle ne loue aucun serveur –, mais ceux d’entreprises soucieuses d’assurer une qualité de services en matière de sécurité pour les sociétés aux données électroniques sensibles.
Immense ! Il est gigantesque le bâtiment dans lequel la société Global Switch a installé son data center. Un parking géant, des employés qui fourmillent dans tous les coins, des gardiens, et des badges électroniques pour entrer dans n’importe quelle pièce dotée d’une porte. Indéniablement, la sécurité est maximale et ce, dès l’entrée. Pour accéder au rez-de-chaussée du bâtiment, il est obligatoire de passer prendre un badge électronique à l’accueil, avant d’entrer dans un sas, si bien que l’on se croirait dans un de ces films futuristes. Une fois l’entrée passée, on découvre l’immensité de l’intérieur et les massifs escaliers en colimaçon qui mènent jusqu’en haut des 6 étages de la superstructure en béton et acier. Bien entendu, le bâtiment comporte également deux ascenseurs et un monte-charge acceptant 10 tonnes. Le data center de Global Switch offre un véritable sentiment de sécurité, tant sur le plan architectural, que sur celui du contrôle : 140 caméras de sécurité – dont certaines vous suivent même d’un œil dans les couloirs –, archivage numérique des images, système de sécurité relié au système central de GTB (Gestion Technique des Bâtiments) et agents de sécurité formés aux procédures de l’hébergeur. Même les livraisons sont soumises à des procédures strictes pour la réception des marchandises, avec un accès par sas au quai de livraisons et à l’aire de stockage sécurisée. À savoir qu’il aura fallu deux ans de travaux – de 1999 à 2001 – pour mettre le bâtiment aux normes, adapter la hauteur des plafonds, et construire un espace d’un seul tenant sans colonne, le tout sur plus de 34 000 m2.
Un support « 24/7/365 »
Mais l’aspect sécuritaire de l’infrastructure est également garanti par la segmentation des salles et la construction des pièces. Global Switch ne propose pas de grandes salles mutualisées, uniquement des salles privatives pour ses clients, de 50 m2 minimum ou par location à la baie. L’entreprise adapte alors ses locaux informatiques en fonction des spécifications techniques que réclame l’acheteur, le tout dans des remises d’une blancheur immaculée. Néanmoins, Global Switch propose une solution d’hébergement en salle de colocation, toujours adaptable à l’évolution des besoins de l’entreprise. Et dans tous les cas, chaque salle est construite avec un sol surélevé de 60 cm, réalisé avec des dalles antistatiques fournissant ainsi une hauteur plafond de 3,6 mètres au minimum au-dessous de la poutre la plus épaisse. En résumé, l’hébergeur propose donc, avec ce premier bâtiment, une infrastructure dans la moyenne européenne, avant d’en construire un second en région parisienne, sans doute en 2009. Pour maintenir tout le centre à niveau, Global Switch Paris emploie environ 60 personnes, toutes tâches confondues. Dans cet effectif, 20 personnes assurent une maintenance à plein temps « 24/7/365 », qu’elle soit préventive ou corrective. En complément, un système central de GTB (gestion technique des bâtiments) surveille en permanence les installations électriques et mécaniques principales, et assure ainsi la stabilité de l’environnement du data center.
Les sept tours aéro-réfrigérantes qui trônent sur le toit du bâtiment.
Cinq jours d’autonomie électrique
En raison de la réhabilitation récente du bâtiment, Global Switch bénéficie d’une installation électrique redondante, et une architecture n+1 minimale pour les services critiques. En moyenne, l’hébergeur développe 2,66 mégawatts (MW) par étage, grâce au raccordement avec EDF via une liaison privative directe de 3,15 kV. Pour assurer la sécurité en cas de panne électrique, l’entreprise dispose de trois groupes électrogènes de 4 MVA environ chacun, avec une autonomie de 5 jours à pleine charge. À noter que les locaux doivent accueillir deux nouvelles génératrices d’électricité pour le troisième trimestre 2007. En somme, une installation électrique complète, qui fuse au-dessus de nos têtes, à travers des milliers de câbles entortillés dans les plafonds du bâtiment. Toujours pour garder un maximum de sécurité, Global Switch a misé sur l’assurance d’une climatisation efficace, et donc du maintien de la température à un niveau raisonnable et constant dans les salles d’accueil des serveurs du data center. Pour cela, direction le toit de la bâtisse : sept tours aéro-réfrigérantes trônent fièrement, dégageant plus de 3 MW chacune, soit 24 MW au total. Dans un souci de fiabilité, l’hébergeur dispose ici d’une tour de plus que la normale pour assurer le bon fonctionnement et pour bien entendu, limiter les risques en cas de panne. Le bâtiment compte également deux canalisations verticales pour les six étages, sachant que chaque colonne est équipée d’une pompe par niveau. En moyenne, ce ne sont pas moins de 800 watts de froid par mètre carré qui sont développés, pour une température moyenne de 22 °C. La réfrigération est également assurée par un réseau condenseur en eau – adapté au principe n+1 au minimum sur ce réseau –, pour le refroidissement des unités de climatisation indépendantes qui assurent la température optimale dans les espaces techniques. Global Switch Paris, c’est donc une structure très importante, avec des dispositifs en matière de sécurité, d’électricité, de climatisation et de maintenance à la pointe. Ses clients sont principalement des sociétés scrupuleuses en hébergement informatique, comme les grands comptes, les sociétés de services, une vingtaine d’opérateurs télécoms, des hébergeurs, et des prestataires informatiques. Entre les data centers de Francfort, Madrid, Singapour, Amsterdam et Sydney, Paris est celui pour lequel le taux de croissance est le plus important, après Londres.
L’un des trois groupes électrogènes qui assure la stabilité du système électrique.
Gérer la migration d’un data center
Pour une entreprise, le choix de ses propres locaux pour y entreposer ses serveurs n’est pas souvent très adapté, pour des raisons de température, d’espace, de puissance électrique… Ainsi, de nombreuses sociétés font le choix de migrer leurs matériel informatique vers un centre spécialisé. Qu’à cela ne tienne, les entreprises concernées doivent alors apprendre à gérer leur déménagement et tenir compte des besoins opérationnels : la taille et le poids des machines, les méthodes de désassemblage et d’assemblage des équipements, les besoins en termes de connexion et de câblage, le transport des machines à l’intérieur du bâtiment, où et comment charger les machines, et l’accessibilité du site. En plus de toutes ces précautions, le transfert des systèmes informatiques vitaux présentera souplesse et sécurité.
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LOAD BALANCING, FIREWALLING, BACKUP Comment se différencier ?
Pour conserver et gagner de nouveaux clients, les hébergeurs se doivent de non seulement offrir un hébergement physique haut de gamme, mais aussi de proposer des services techniques de très haute tenue pour se différencier face à une concurrence féroce… Et maintenir la rentabilité.
Comme nous l’avons vu, l’hébergement physique des données n’est plus qu’un « faux nez » pour les hébergeurs. Désormais, ils misent sur des services à valeur ajoutée pour compenser la baisse des prix des équipements physiques et de la bande passante. Les services deviennent ainsi le principal pourvoyeur de revenus pour ces hébergeurs new look, très comparables aux meilleurs spécialistes de l’infogérance. Les plus demandés de ces services « plus » concernent l’optimisation de l’accès.
Les services pour améliorer votre site Web
Stéphane Duproz, directeur de Telehouse Redbus précise : « L’optimisation des accès consiste principalement dans des services de load balancing. Les données du site Web sont répartis sur plusieurs serveurs avec de la répartition de charge. On peut rendre plus complexe la chose avec une répartition géographique sur plusieurs sites différents. Il existe évidemment d’autres possibilités, comme la projection de contenu type Akamaï par des caches pour être encore plus proche de l’utilisateur. » Les hébergeurs n’oublient pas cependant les autres logiciels et équipements nécessaires à l’optimisation de l’accès, tels les outils de compression, d’accélération, de « prioritisation » de bande passante et de qualité de service pour offrir ce type de service. Encore faut-il que le site soit disponible ! Dominique Morvan, dirigeant de Namebay, la filiale registrar d’Internet-Fr, explique qu’« il nous faut fournir une garantie de niveaux de service la plus haute possible. Tous les matériels sont “redondés” avec des matériels bien plus performants que les années précédentes. Le “fault tolerant” se démocratise. Nous pourrions quasiment offrir du 100 % de disponibilité théorique. » Frédéric Coeuille, DG d’Internet-Fr, ajoute : « Notre rôle est de fournir la disponibilité à nos clients au moment où ils en ont le plus besoin. La plupart du temps, ils connaissent de trois à quatre pics de connexion lors d’événements bien connus. À ce moment-là, il faut que nous soyons prêts pour que cela fonctionne sans anicroche, car c’est là que la marge de notre client se fait. Nous ne sommes pas seulement des loueurs de mètres carrés. »
De la sécurité partout : les hébergeurs sortent les grands moyens
L’aspect sécurité est peut-être le plus important dans les services offerts par les hébergeurs. Le concept de sécurité est d’ailleurs pris au sens large. Il comprend la sécurité physique des sites d’hébergements, la sécurité des données, la sécurité des accès réseaux et la prosaïque défense contre les agressions venus d’Internet.
Pour protéger les sites, les hébergeurs y mettent les moyens. Tout d’abord la plupart sont très discrets sur les implantations des centres de données. Pas de grandes bannières ou enseignes pour renseigner sur les emplacements de tels sites. On peut quasiment parler de paranoïa lorsqu’on évoque une simple visite des salles où se trouvent les machines, voire, (scandale !) de prendre des photos desdites salles. Cette parano ambiante est renforcée par les sécurités aux accès. Tous les sites ont des sas d’entrées individuels. Certains y ajoutent des mesures de biométrie, portes segmentant les salles et secteurs dans le centre de données, badges restrictifs ne donnant accès qu’à certains endroits du centre. Tout cela sous l’œil omniprésent de caméras électroniques qui suivent vos déplacements. Le centre de données ? La maison idéale pour Big Brother ! Cela correspond cependant aux demandes des clients des hébergeurs souvent bien plus exigeants pour le prestataire de service que pour leurs propres salles. En ce qui concerne les données, les entreprises se trouvent confrontées à de nombreuses demandes réglementaires et législatives : Bâles 2, LSF, Sarbanes-Oaxley… Pour les opérateurs de télécommunication, les règles de conservation des fichiers de connexion pendant une durée annuelle combinent les problématiques de conservation des données et de stockage. Frédéric Coeuille, chez Internet-Fr, parie sur le fait qu’« à l’avenir, chaque métier aura sa règle et sur ce point, notre métier nous aura orienté pour devenir une sorte de tiers certificateurs des données ou un tiers de confiance ». Il enchaîne : « Les secteurs de la santé et de la banque sont ceux qui tirent ces contraintes vers le haut. Dans le domaine, les méthodes se rapprochent beaucoup de celles prônées par ITIL ou sa déclinaison française, ISO 20 000. »
Des experts en firewalling
Les réseaux sont un des cœurs du métier des hébergeurs. Une de leurs missions est de vous connecter au monde par Internet. Cette liaison doit donc être permanente et sécurisée. Dans le domaine, les hébergeurs commencent à avoir quelques années d’expérience et le firewalling, et les « reverse proxys » n’ont plus aucun secret pour eux. Les réseaux sont segmentés en zones et la gestion des serveurs est très stricte. Sans compter que bon nombre d’équipements réseaux embarquent désormais des outils de sécurité sur les couches basses des réseaux. Le domaine provient plutôt des couches plus hautes. Souvent la bonne solution est d’avoir des tuyaux assez grands pour éviter le pire comme le confirme Dominique Morvan. « Les hébergeurs essuient régulièrement des attaques de DDOS, celles-ci sont même en augmentation constante. Le danger est que l’attaque subie par un client ait un impact sur les autres clients. La seule façon d’y faire face est d’avoir des tuyaux surdimensionnés. » Cette panoplie se complète des outils usuels de sécurité comme les antivirus et les antispams. Sur ce point, les hébergeurs ne peuvent que s’en remettre à l’efficacité toujours limitée de ces outils. Certains hébergeurs, comme Strato, développent de nouvelles technologies pour améliorer la protection contre les spams. Mais ces efforts ont bien du mal à enrayer le flot inextinguible des pourriels dans les boîtes électroniques des utilisateurs.
Une forte demande de backup
Liée à cette demande sécuritaire forte, les besoins de stockage deviennent de véritables requêtes des clients et peuvent nécessiter des résolutions fort complexes avec des backups distants, ou autres réplications, sur différents sites ou centres de données, que ce soit en synchrone ou en asynchrone. Ces demandes peuvent aller jusqu’à des plans de reprise d’activité complets. C’est sur ces demandes que l’expérience et la technicité des hébergeurs s’expriment au mieux. Le prix des solutions est au regard de la complexité et de la sophistication des besoins et du volume de données en jeu.
Et ensuite ?
À côté de ces services d’infrastructure, les hébergeurs fournissent aussi nombre de services plus applicatifs comme la messagerie, la possibilité de créer sa boutique en ligne, des espaces personnels qui comprennent blogs et forums. Ces packs de services plus personnalisés s’accompagnent de possibilités de référencement, de création de noms de domaines, quelle que soit l’extension. Qui peut le plus, peut le moins !
Les registrars sur le terrain de l’hébergement
Depuis quelques mois, les référenceurs de noms de domaine tentent une percée dans le domaine de l’hébergement. D’un autre côté, les hébergeurs envahissent le terrain des registrars pour offrir un service intégré à leur client en fournissant le serveur, le domaine, les messageries… Gandi a été un exemple de cette évolution. L’évolution symétrique, de l’hébergement vers le registrar, est représentée par Namebay, filiale de l’hébergeur Internet-Fr. Dans ce service spécifique, il n’est cependant pas évident de se faire une place. Dominique Morvan, chez Namebay, explique que « loin du contexte franco-français, les opérateurs hexagonaux sont des nains comparés aux principaux acteurs de ce marché ». Aux États-Unis, des modèles comme le cyber squatting parviennent à des niveaux industriels. Des 1&1 et des Strato traitent des millions de noms de domaines, alors que Gandi plafonne à un demi-million. Encore plus intéressant, la France, selon Dominique Morvan, est très en retard sur des extensions comme le .mobi. D’autres noms, plus liés à des communautés, des villes ou des métiers, devraient rapidement enrichir les extensions connues. Des .Paris, .Berlin, .Bzh, .Bank ou Healthcare vont démultiplier les possibilités. Le marketing Web va avoir de beaux jours devant lui !
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