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Navigateurs
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Nickel Chrome ? Le navigateur Google face à ses concurrents Par Bertrand Garé - Copyright L'Informaticien, tous droits réservés
Ces derniers temps, le monde des navigateurs Internet a connu quelques bouleversements avec la sortie récente de Chrome, le nouveau navigateur de Google qui vient concurrencer les principaux leaders, et notamment Internet Explorer. La conquête de parts de marché annonce donc une bataille féroce dont les enjeux sont, ni plus ni moins, la domination d’Internet et de ses services. Mais dans cet affrontement, qui risque de faire quelques victimes, l’utilisateur sortira-t-il gagnant ? Nous avons donc testé pour vous les nouvelles versions de Firefox, Internet Explorer, Opera, Safari et Chrome afin d’en savoir un peu plus.
La sortie de Firefox, il y a quelques années, avait redynamisé un marché éteint par Microsoft. En 2001, après la sortie d’IE 6, les développements autour d’Internet Explorer avaient tout bonnement été suspendus. Focalisé sur .Net et Vista, Microsoft imaginait un Internet exclusivement agencé de services consommés par des applications Windows et ne voyait, en l’absence de concurrence, aucune raison de poursuivre la course effrénée à l’innovation de la période Netscape. Pourtant, si cet Internet là prend forme doucement, le rôle du navigateur n’a, depuis, cessé de s’étendre et de se généraliser. Et l’arrivée de Firefox a forcé le géant américain à reprendre les armes. En septembre 2008, le débarquement surprise et fanfaronnant de Google, avec son Google Chrome, est venu de nouveau secouer ce marché. A long terme, c’est la vision du « Software + Services » de Microsoft qui s’en trouve menacée et, par voie de conséquence, la suprématie et le modèle économique de l’éditeur de Redmond. D’autant que celui-ci peine dans sa reconversion d’une société dont l’essentiel des revenus proviennent de deux produits (Windows et Office), en une société dont l’essentiel des revenus proviendrait des services en ligne et des serveurs. Toutefois, à court et moyen terme, Chrome constitue surtout un danger pour les autres navigateurs. En 3 ans, Firefox, malgré une couverture médiatique exceptionnelle, n’a réussit à grignoter « que » 20% de parts de marché. Et que dire alors d’Opera et Safari dont les parts de marché sont négligeables, et qui sont d’ailleurs négligés par les acteurs du Net ! D’autant que, contrairement aux apparences, l’arrivée de Chrome pourrait au final servir les intérêts d’Apple bien plus que Safari. La sortie du navigateur d’Apple sur Windows était en effet d’abord motivée par la volonté de voir de plus en plus de développeurs Web adapter leurs sites au moteur d’affichage WebKit qui propulse Safari mais aussi et surtout l’iPhone ! Or, Chrome utilise ce même moteur ! Si Safari n’a motivé que peu de monde à adapter leur site, Chrome y réussira bien plus probablement, ce qui au final est un atout pour l’iPhone. C’est donc bien à une guerre à la fois économique et stratégique que se livrent, de nouveau, tous ces navigateurs. Mais pour l’utilisateur et pour les entreprises, qu’est-ce que tout cela change ? Après tout, l’internaute se fiche complètement des objectifs de cette guerre. Ce qu’il veut, lui, c’est un Internet plus agréable, plus convivial et plus sûr. La diversité est toujours une très bonne chose. Chacun a plus de chances de trouver chaussure à son pied. D’autant que nous passons de plus en plus de temps sur Internet et, par voie de conséquence, nous sommes chaque jour davantage aux commandes du navigateur Web. Aujourd’hui, sur les 5 navigateurs clés du marché, 3 sont actuellement en version bêta (IE 8, Chrome, Firefox 3.1). Tous promettent un Internet plus sûr, plus riche et plus rapide. Mais qu’en est-il réellement ? Quels sont les navigateurs les plus cools ? Lesquels sont ceux les mieux adaptés au monde de l’entreprise et les mieux armés pour l’Internet d’aujourd’hui et de demain ? Petit tour d’horizon…
PERFORMANCES Des pages plus rapides, si Internet le veut bien !
 Côté vitesse de chargement des pages, les navigateurs se tiennent dans un mouchoir de poche. Quel que soit le navigateur pour lequel vous optez, une chose est sûre, l’Internet vous paraîtra plus rapide. Tous sont en effet plus véloces que leurs prédécesseurs. Et le plus rapide d’entre eux n’est autre que Google Chrome, tandis que le plus lent est Internet Explorer 8 qui, pourtant, se montre largement plus vif qu’IE 7. Encore faut-il s’entendre sur les besoins réels de performance. Après tout, qu’est-ce que cela change pour l’utilisateur si sa page se charge en 5 ms au lieu de 60 ms, sachant qu’il lui faudra de toute façon plusieurs secondes pour en appréhender visuellement le contenu et plusieurs minutes pour la lire ! Certes, plus c’est rapide, mieux c’est… Mais quand on est sur Internet, les goulots d’étranglement sont rarement sur les postes. Une fois décoiffé par les premières pages affichées avec Google Chrome, on découvre qu’il est lui aussi victime des mêmes aléas de connexion et de disponibilité des sites, et que la vitesse de son moteur n’y change rien. Reste que sur l’ensemble des tests d’affichage de pages, tout comme à l’usage, Google Chrome et Safari, qui sont tous deux basés sur le même moteur de rendu (dénommé WebKit), se montrent plus véloces avec un léger avantage à Chrome. C’est en réalité en utilisation sur des machines virtuelles (VMware, VirtualBox ou VirtualPC) que la différence se fait réellement sentir pour l’utilisateur. Par leur façon de peser sur les ressources machine, les navigateurs tendent à ramer lorsqu’on les utilise sur des environnements virtuels. A ce petit jeu, la rapidité de Chrome offre un véritable confort d’utilisation. Cependant, lorsque les ressources mémoire et processeur sont limitées, c’est Safari qui prend l’avantage avec un impact plus réduit sur le système. Si vous avez un vieux PC qui rame un peu, Safari est probablement le navigateur à essayer en premier. Firefox 3 se montre plus lent, mais cette lenteur est très théorique. L’affichage des pages reste très rapide et la différence avec Chrome ne saute pas aux yeux. C’est davantage au lancement du navigateur que la différence se fait, Chrome étant opérationnel dans un battement d’œil, ce qui n’a jamais été le cas de Firefox. Quant à Opera, il fait office de bon élève à mi-chemin entre Firefox3 et IE 8. Au final, quel que soit le navigateur adopté, le Web paraît désormais plus rapide qu’il y a encore quelques mois.
EXECUTION DES WEBAPPS Objectif n°1 : booster les applis Web !
La mesure des performances n’est pas uniquement dépendante de la vitesse d’affichage des pages Web. Aujourd’hui, l’internaute passe de plus en plus de temps aux commandes de véritables applications Web telles que Gmail, GDocs, Office Live Workspace, Hotmail, Adobe Photoshop Express, etc. La célérité et le confort à l’usage de ces applications Web dépendent davantage de la gestion du code JavaScript que de la rapidité du moteur de rendu. C’est d’ailleurs l’argument avancé par Google pour justifier son débarquement sur ce marché : le monde avait, selon eux, besoin d’un navigateur spécifiquement conçu pour ces applications en ligne ! Et il est vrai que le moteur V8, qui propulse l’exécution des codes JavaScript, est réellement très rapide. Normal, puisque le code n’est plus ici interprété mais compilé. Toutefois, Firefox avec sa version bêta 3.1 démontre qu’il n’était nullement nécessaire de concevoir un nouveau navigateur pour cela. Firefox 3.1 (qui compile lui aussi le code JavaScript des pages) se montre en effet aussi véloce que Chrome sur la plupart des tests et des sites. Google Chrome l'emporte d'une courte tête sur la plupart de nos tests, mais Mozilla assure être plus rapide sur d'autres tests et devrait encore optimiser son moteur d'ici la sortie de la 3.1. Reste que là encore, la différence entre les navigateurs n’est vraiment sensible que sur des tests ciblés. A l’usage, sur les sites actuels, la différence est bien moins pertinente. IE 8, en se montrant plus de deux fois plus rapide que son prédécesseur IE 7, se révèle finalement aussi agile que Safari et Opera, et pas vraiment moins pataud que Firefox ou Chrome. En outre, la compilation JavaScript n’apporte rien à toute cette nouvelle génération d’applications Web développées sous Silverlight ou Adobe Air.
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STABILITÉ De nouvelles idées pour lutter contre l’instabilité des plugins
 On remarque très clairement avec Process Explorer comment Chrome attribue un processus différent à chaque onglet. Pour Google, l’arrivée de Chrome ne se justifie pas uniquement par des besoins de vitesse. Les applications Web ont aussi besoin de plus de stabilité. En ce sens, Chrome propose une isolation des onglets, de sorte que si l’application dans un onglet vient à planter, ce n’est pas tout le navigateur qui s’écroule mais uniquement l’onglet en question. En réalité, l’approche de Google n’a rien de révolutionnaire. IE 8, en l’occurrence, adopte la même démarche. Chaque onglet s’exécute dans son propre espace afin de préserver l’intégrité du navigateur lui-même et celle des autres onglets ouverts. Toutefois, la stabilité n’est pas uniquement une affaire d’isolation. Le poids sur les ressources de la machine en est un autre aspect. Et en ce sens, les deux perdants sont justement IE 8 et Chrome. Ils se montrent, notamment, assez gourmands en mémoire. Certes, l’isolation des onglets tend forcément à une occupation mémoire supérieure. Et bien sûr, les deux navigateurs sont encore en bêta et alourdis par des codes de débogage qui disparaîtront dans les versions finales. Pour autant, qu’est-ce qui, à l’heure actuelle, joue le plus sur la stabilité d’un IE 7 ou d’un Firefox ? Est-ce réellement le code des pages ? Est-ce la fiabilité du navigateur lui-même ? Bien sûr que non ! Ce qui fait aujourd’hui planter les navigateurs, ce sont surtout et avant tout les extensions qu’on lui greffe (notamment vrai pour Firefox) et Flash ! N’en déplaise à Adobe, son ultra-populaire et ultra-indispensable lecteur est un gros consommateur de ressources et l’une des principales causes d’instabilité des navigateurs. Il faut aussi ajouter au tableau des empêcheurs de « tourner en rond » : les pseudo-barres de recherche et les spywares. Autrement dit, il est encore bien trop tôt pour affirmer que ces nouveaux navigateurs apporteront un réel plus en matière de stabilité. Lors de nos tests, tous ces navigateurs ont « planté » à un moment ou un autre…
COMPATIBILITÉ IE8 et Firefox, deux approches différentes de la compatibilité
 Caricaturaux, les tests ACID 3 démontrent cependant que les navigateurs ont encore des progrès à faire pour se conformer aux dernières spécifications. A ce petit jeu, Firefox 3.1 et Opera 9.5 surclassent largement leurs concurrents. Quant à IE 8, ça frise le ridicule. On attendait bien mieux de Microsoft ! Voilà sans doute le point le plus litigieux. Car la compatibilité peut être abordée sous différents angles plus ou moins antagonistes. Evidemment, dans un monde où les plates-formes se diversifient (mobiles, netbooks, PC, Mac, Linux), où les tailles des écrans sont très disparates, et où les technologies sont en perpétuelles évolutions, le respect des normes édictées par le W3C est un élément fondamental… pour les développeurs. En ce sens, des tests comme Acid2 et Acid3 donnent une bonne idée du respect de ces normes. Et dans ce domaine, Firefox 3.1 l’emporte haut la main sans pour autant atteindre la note de 100%. Mais honnêtement, même si c’est une vue à court terme, l’utilisateur n’en a pas grand-chose à faire. Ce qu’il veut, lui, c’est que les pages qu’il a l’habitude de visiter s’affichent comme elles sont supposées l’être. Dans un monde parfait, les pages devraient toutes suivre les recommandations du W3C. Mais dans notre monde, les pages suivent davantage les lois de l’offre et de la demande, et les 72 % de parts de marché d’IE. Evidemment, à ce petit jeu, c’est plutôt IE 8 qui l’emporte grâce à son mode de compatibilité qui assure un rendu des pages comme IE 7 le faisait. Mais, dans la pratique, Firefox fait à peu près jeu égal. Le succès du navigateur de Mozilla fait que les sites sont depuis longtemps aussi bien adaptés à IE qu’à Firefox. Opera, Safari et Chrome sont ici les moins biens armés malgré une meilleure réussite aux tests Acid3 qu’IE 8. Enfin, il ne faut pas perdre de vue la particularité des entreprises. Celles-ci ont investi durant des années dans des Intranets coûteux qu’il leur est impossible de modifier au grès des évolutions des navigateurs. IE 7 (et sa sécurité renforcée) avait déjà été vécu par certaines comme une catastrophe ! La compatibilité doit ici être perçue dans le sens de la compatibilité avec l’existant, et non avec des normes édictées par des marchés ou des organismes. Il y a alors ceux qui, ayant opté pour des développements sous IE, persisteront sous IE 8 en privilégiant le mode compatibilité IE 7, d’ailleurs activé par défaut en mode Intranet (accès en réseau local). Quant à ceux qui ont opté pour Firefox 2, ils persisteront avec son successeur. Dans les deux cas, les investissements réalisés (notamment dans les ActiveX ou les extensions Firefox) condamnent Opera, Chrome et Safari à rester aux portes de cet univers.
EXTENSIBILITÉ On peut encore innover sur le Web…
Dans ce domaine, il n’y a pas photo. Microsoft a beau promouvoir un site d’extensions pour IE, la plupart de celles-ci ne sont en réalité que des applications autonomes. Firefox doit une grande partie de son succès à ses extensions XPI qui se greffent au cœur même du navigateur et vivent avec lui en symbiose. Avec des centaines d’extensions disponibles, Firefox est sans aucun doute le navigateur le plus flexible et le plus personnalisable. Mieux encore, elles lui permettent d’acquérir facilement les fonctionnalités imaginées par ses concurrents et de se calquer sur leur ergonomie. Ainsi, IE 8 introduit deux mécanismes très intéressants (les accélérateurs et les WebSlices) qui sont d’ores et déjà mimés par deux extensions Firefox (IE 8 Activities for Firefox et WebChunks).Opera est également un navigateur très extensible, même si son concept de Widgets tend plutôt à voir se multiplier des accessoires sur le bureau qu’à enrichir les fonctionnalités du navigateur lui-même. Face à eux, Safari et Chrome font bien pâle figure. Certes, Google promet une API pour très bientôt, mais la bêta actuelle ne supporte que les plugins habituels (Flash, ActiveX, etc.) sans offrir de véritable mécanisme d’add-on.
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RICHESSE FONCTIONNELLE Chrome et Opera, deux navigateurs aux antipodes !
 Avec IE 8, Microsoft inaugure une nouvelle utilisation de des flux RSS, les WebSlices : les développeurs peuvent en effet préprogrammer un découpage d’une section fréquemment mise à jour de leur site, section que l’utilisateur peut placer en favori afin d’être averti dès l’apparition d’une nouveauté. Quelle quantité de fonctionnalités un navigateur doit-il incorporer en standard ? Chez Google, Chrome joue ouvertement la carte du minimalisme. Le navigateur s’ouvre en un clin d’œil et seules les fonctionnalités classiques de la navigation Web sont présentes. A l’opposé du spectre, Opera joue davantage l’idée d’une suite. Ce navigateur reste le seul à incorporer un client Email, par exemple. Il offre aussi l’équivalent du « volet Vista » avec ses Widgets, et c’est le seul à incorporer un mécanisme de synchronisation automatique de vos favoris entre les différentes machines que vous utilisez. Certes, les autres navigateurs possèdent des extensions (Foxmarks, Live Bar) pour arriver au même résultat, mais l’intégration en standard d’un mécanisme unique et fiable est un plus incontestable. De même, Opera est le seul navigateur à indexer automatiquement le contenu même des pages afin de réaliser des recherches « full text » sur l’historique. Une fonction particulièrement attractive pour tous ceux qui font des recherches et de la veille, aussi bien dans le monde universitaire que dans l’entreprise. Signalons que Firefox, Opera et IE 8 proposent en standard une excellente gestion des flux RSS. Et la meilleure des trois est probablement celle d’IE 8 (d’accord, les critères sont très subjectifs), dont l’ergonomie très réussie et l’intégration système en font l’un des meilleurs outils pour lire et suivre les flux RSS au quotidien. Précurseur, IE 8 introduit aussi de nouvelles options d’impression, conserve son mécanisme d’aperçu mosaïque, et introduit les concepts d’accélérateurs (fonctionnalités contextuelles très pratiques pour obtenir une traduction, une géolocalisation ou un partage d’informations à partir d’un simple mot ou paragraphe surligné dans la page) et de « WebSlices », un concept dérivé de RSS qui permet à un site d’isoler une de ses parties, de sorte que l’utilisateur puisse la conserver à l’œil via la barre de favoris. Quant à Firefox, tout le monde connaît aujourd’hui les apports fonctionnels de la version 3 (dont certains puisent leur inspiration chez IE 7). En la matière, la version 3.1 n’apporte rien de nouveau. De toute façon, le navigateur de Mozilla doit son inégalable richesse fonctionnelle à ses centaines d’extensions téléchargeables.
ERGONOMIE Une affaire de goût…
L’ergonomie est une affaire de goût personnel. Les critères sont avant tout subjectifs, et les mêmes vraies innovations se retrouvent sur presque tous les navigateurs. Prenez le concept de la « Awesome Bar » de Firefox 3. Cette barre intelligente, qui suggère le site à visiter en fonction de ce qui existe dans votre historique et dans vos favoris, a été reprise aussi bien chez IE 8 que chez Chrome. Ce dernier a d’ailleurs emprunté la plupart de ses autres « trouvailles » ergonomiques à ses concurrents, et Google ne s'en cache pas. L’absence de menu pour privilégier les icônes s’inspire d’IE 7/8, la barre d’adresse s’inspire de Firefox, quant à la seule vraie bonne idée de Chrome, à savoir sa page d’accueil (qui propose des miniatures des sites les plus fréquemment visités associées à une liste des onglets récemment fermés), elle est directement inspirée de la fonctionnalité SpeedDial d’Opera !
 Inspiré d’Opera, Chrome permet à tout moment de désolidariser un onglet pour en faire une fenêtre de navigation indépendante. A tout moment, une fenêtre séparée peut être transformée en onglet d’une autre fenêtre. IE 7 représentait une avancée importante en termes d’ergonomie. On adhère ou non, mais force est de constater que Firefox 3 a cherché à s’en rapprocher et que Chrome s’en inspire. Sur IE 8, la principale innovation est probablement le mécanisme de colorisation automatique des onglets. Il permet un repérage visuel instantané par thème de recherche et une gestion par groupe des onglets vraiment très pratiques. Parallèlement, IE 8 s’améliore en cherchant chez les autres de l’inspiration. Sa page d’accueil, lorsqu’on ouvre un nouvel onglet, suggère des sites un peu dans l’esprit d’Opera ou Chrome. Et IE 8 dispose enfin d’une fonction de recherche dans la page aussi conviviale (car directement photocopiée) que celle de Firefox. Mais en la matière, la palme revient à Safari qui assombrit l’intégralité de la page pour mettre en exergue les termes trouvés. Pour résumer, on conviendra qu’en matière d’ergonomie : • Safari joue la carte de la simplicité et de l’élégance dans le pur esprit Apple ; • Chrome joue celle du minimalisme, mais il lui manque encore une couche de finition ; • Opera se montre beau et personnalisable, mais il souffre d’une richesse fonctionnelle à même de perdre les internautes peu expérimentés ; • Firefox joue davantage la carte du classicisme avec ses menus un peu ancestraux et celle de la personnalisation, aux travers de ses nombreux thèmes et extensions lui permettant de mimer, à souhait l’ergonomie des autres navigateurs ; • IE 8 poursuit dans la droite ligne ergonomique d’IE 7 et Office 2007 et « ose » le plus en privilégiant couleurs, miniatures et icônes.
SÉCURITÉ Challenge impossible : ouvrir Internet en fermant la porte aux menaces !
Ironiquement, chacun des navigateurs prétend apporter son lot de nouveautés en matière de sécurité. Pourtant, l’expérience montre qu’ils constituent tous un trou de sécurité par lequel pénètre désormais l’essentiel des menaces. Ça n’est pas étonnant. Les navigateurs sont des créations logicielles excessivement complexes (donc inévitablement victimes de bugs) de surcroît placées en première ligne face aux menaces d’Internet ! La légende veut que seul IE soit une faille de sécurité. Mais les dernières années ont montré qu’aussi bien Firefox que Safari ou Opera exposaient, par leurs failles, les utilisateurs aux pires infections. Même si, c’est vrai, le navigateur n’est pas toujours directement responsable, ses plugins et extensions (ActiveX, Java, Flash, Quicktime…) ayant souvent défrayé les chroniques sécuritaires en 2007 et 2008. Et à ce petit jeu, c’est probablement IE sous Vista (et uniquement sous Vista) qui s’est le mieux défendu grâce à son mécanisme de virtualisation qui limite les infections au seul profil utilisateur et non au système lui-même. Chacun des navigateurs propose désormais des filtres anti-phishing étendus à quelques sites reconnus comme dangereux. Si l’utilisateur tente de se connecter à de tels sites, un écran d’information apparaît, bloquant son accès. A l’usage toutefois, ces filtres s’avèrent assez peu utiles. Un test rapide montre que si vous récupérez vos Emails toutes les 10 minutes, vous tomberez fréquemment sur des sites de phishing non reconnus comme tels par les navigateurs. Finalement, la meilleure idée, quoique trop technique pour bien des utilisateurs, est probablement celle introduite par IE8 : le navigateur affiche en gras le « cœur » de l’URL. Cela permet ainsi de mettre en évidence le domaine où vous vous connectez réellement, trahissant ainsi certaines techniques utilisées pour duper l’internaute. Une idée qui a d’ailleurs été reprise par Google pour Chrome. Autre nouveauté en matière de sécurité, la « navigation privée ». Cette fonctionnalité n’est pas à proprement parler une vraie fonction de sécurité ou de préservation de l’anonymat. En effet, elle n’empêche en aucun cas les sites que vous visitez de savoir qui vous êtes et ce que vous faites. Surnommée « Porn Mode » par les anglo-saxons, elle évite simplement que les autres membres du foyer qui partagent votre ordinateur ne puissent avoir une idée des sites que vous avez visités en consultant l’historique. Safari fût le premier navigateur à proposer cette fonction. On la retrouve aussi bien dans IE8 que dans Chrome. Sachez toutefois qu’elle ne résiste nullement à une analyse par des experts. C’est une fonctionnalité uniquement familiale. Côté entreprise, un autre élément fondamental doit être pris en compte en matière de sécurité : la capacité d’administrer le navigateur ainsi que le déploiement de celui-ci et de ses extensions au travers de règles et politiques. Et en la matière, Microsoft semble bien être le seul à s’être préoccupé du problème. En effet, il est possible de déployer et de contrôler le comportement d’IE 8 de façon très précise et standard (bien plus que cela n’était le cas sous IE 7). Pour les autres navigateurs, il faudra utiliser le déploiement de patchs Registry à l’aide d’outils d’administration tierce pour arriver à peu près au même résultat. On préfèrera alors Firefox à Chrome, Opera ou Safari, les informations étant plus faciles à trouver et les réglages plus importants.
Firefox meilleur ennemi de Microsoft ?
Alors, quel est le grand gagnant de cette confrontation ? L’internaute bien sûr… tout du moins pour le moment. En effet, pour l’instant, cette guerre rime avec plus de choix, plus de diversité, plus d’innovations. Toutefois, cet affrontement fera sans aucun doute des victimes. Opera pourrait ne survivre que sur les mobiles, et Safari dans le cœur des internautes qui travaillent à la fois sur Mac et PC. Quant à Firefox, sa communauté suffira-t-elle à sa survie dans cette guerre sans merci que se livrent Google et Microsoft ? Il faut l’espérer. Car Chrome n’est rien d’autre qu’un cheval de Troie lancé par Google à la face du monde pour asseoir ses propres services et ses propres voies de revenus ! A court terme pourtant, il menace bien plus les utilisateurs de Firefox (a priori porté sur le changement et la nouveauté) que ceux d’IE (plus conservateurs). N’oublions pas que Google aurait aussi bien pu personnaliser Firefox (un GoogleFox) ou exploiter Gekko (le moteur Open Source de Firefox). Le géant du Web, lui, a préféré WebKit au risque de se retrouver incompatible avec bien des sites actuels ! Pas sûr qu’il ne s’agisse là que d’un choix technique. Politiquement et stratégiquement, WebKit semblait probablement encore plus séduisant ! Face à l’actuelle suprématie de Google dans le domaine des « revenus liés au Web », Microsoft - malgré ses milliards de dollars - n’a aucune garantie de réussite et pourrait, au final, trouver en Firefox un meilleur ennemi bien utile.
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