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Le stockage, un marché en pleine forme !
Par Bertrand Garé - Copyright L'Informaticien, tous droits réservés
Même si le secteur est touché par le ralentissement économique, il conserve de beaux restes avec une croissance annuelle moyenne pondérée à deux chiffres jusqu’en 2012. Il est vrai que les entreprises sont confrontées à une véritable explosion du volume des données et se doivent de remplir les conditions de conformité à différentes lois et règlements, ce qui tire largement le marché.
Le stockage a été et reste, dans bien des cas, une bastide isolée dans le paysage de l’informatique d’entreprise. Domaine de spécialistes, il est souvent peu connu, mais a su conserver son aura de nécessité stratégique. Les dernières évolutions en matière de réglementation ont d’ailleurs renforcé ce sentiment. Lorsqu’un formule une demande pour plus de matériels ou de logiciels, elle est souvent acceptée sans véritable débats, même si les directions achats essaient bien aujourd’hui de s’en mêler. On ne peut donc pas dire que les dépenses de stockage dans les entreprises soient le royaume de la transparence. Sans véritable contrôle, elles s’envolent dans une course au toujours plus, mais pas forcément au toujours mieux ! Krishna Nathan, vice-président de la branche stockage chez IBM, confiait, non sans ironie, qu’il avait rencontré récemment un DSI qui connaissait le nombre de serveurs de sa société, mais qui n’avait aucune idée exacte du stockage dont il avait besoin ! Une étude récente d’IDC, sponsorisée par Bull, sur l’optimisation du stockage confirme cette triste réalité. Près de 51 % des entreprises interrogées ne connaissent pas, ou de manière approximative, les capacités de stockage en dehors des datacenters. Et ce n’est que le début. L’arrivée de l’image dans le secteur médical notamment, l’inflation de formats de fichiers lourds (comme le PDF) dans les échanges électroniques ne vont pas arranger les choses. En conséquence, les fournisseurs de stockage sont plutôt des gens heureux et semblent voir la crise de loin. S’ils ressentent bien un petit fléchissement depuis un an, le secteur affiche toujours des croissances à deux chiffres. Ainsi, le marché des logiciels de gestion des ressources de stockage a connu une croissance de 10 % l’année dernière. Celle-ci devrait se renforcer pour atteindre une croissance annuelle moyenne de 12 à 13 % jusqu’en 2013. On pourrait, à loisir, étaler les signes de bonne santé du secteur. On peut retenir que pour le seul troisième trimestre de 2007, le marché a cru de 20,3 % dans la zone EMEA, pour atteindre un chiffre d’affaires de 1,77 milliard de dollars. En euros, le résultat est moins spectaculaire mais il reste positif.
La dernière acquisition en date HP a annoncé un accord pour racheter la société spécialisée dans les solutions de stockage virtuelles LeftHand Networks. Basé à Boulder, dans le Colorado, LeftHand Networks est une entreprise qui a été
créée en 1999 et qui compte aujourd’hui
215 salariés. HP en a
fait l’acquisition pour 360 millions de dollars, notamment pour concurrencer Dell sur
le marché du stockage low-cost.
L’opération devrait être finalisée début 2009. LeftHand Networks s'intéresse surtout aux réseaux SAN iSCSI. HP peut donc désormais consolider son offre de services, et même proposer la réplication des données pour plus de sûreté.
La technologie brevetée de LeftHand était d’ailleurs déjà certifiée avec quelques produits HP, dont les serveurs ProLiant.
Nous n'avons aucun détail pour l'instant concernant l’intégration de LeftHand, ni sur des suppressions de postes éventuelles.
Le volume des données double tous les deux ans
Cette bonne santé s’explique par différents facteurs qui poussent les entreprises à ne pouvoir faire autrement que d’acheter du stockage. Tout le monde s’accorde sur un accroissement des données moyennes de 60 % par an. Erwan Quigna, consultant technique senior chez EMC, précise : « Il se dit que chaque année, il se crée autant de documents que la totalité déjà créée auparavant. Plus simplement, nous estimons que les données doublent tous les deux ans. » Aujourd’hui, les entreprises gèrent l’urgence et n’ont pas de réflexion à long terme. Mais tout le monde se demande pendant combien de temps encore il sera possible de répondre aux besoins. Déjà 66 % des employés américains travaillent avec des espaces de messagerie limités. Ces chiffres sont des moyennes et doivent être nuancés. Ainsi, dans les environnements Windows, la croissance est proche de 80 %, moins de 40 % dans les environnements Unix, et encore moins sur les systèmes « Mainframe ». Il convient aussi de faire une différence selon le secteur d’activité. Les secteurs où les données structurées sont nombreuses connaissent une croissance moindre que ceux utilisant beaucoup de données non ou semi structurées. Comprenez les environnements utilisant beaucoup Internet. La situation est telle que la croissance du stockage efface les avantages de la baisse des prix sur les ressources utilisées. Un rapport du Gartner indique ainsi un prix de 5 $ par Go de données à sauvegarder. Sachant qu’un salarié génère 10 Go de données par an, le coût du stockage représente 50 $ par an et par salarié.
Les nouveaux matériels n'apportent que 20 à 30% de performance en plus
Certaines études prévoient déjà que les fournisseurs de stockage ne pourront plus apporter la capacité de production en ligne d’ici trois ans, comme le rappelle Erwan Quigna. Plus récemment, à Montpellier, lors des dernières annonces d’IBM dans le secteur du stockage, Dieter Muenk, vice-président de la branche stockage en charge du service client et du support d’IBM, remarquait : « Les nouveaux matériels n’apportent que 20 à 30 % de productivité ou de performance en plus. On ne peut faire mieux pour l’instant. » On le voit, l’écart entre les besoins et l’offre va aller s’élargissant. Les acteurs du stockage n’ont donc pas vraiment de souci à se faire pour les années à venir. Le stockage dédié aux entreprises est un marché qui se consolide autour des acteurs les plus importants. On ne va pas ici entamer la litanie des opérations de rachats qui se sont effectuées lors des derniers mois. Cependant, elles ont des caractéristiques assez communes qui méritent d’être notées. Le cas plus fréquent se présente sous la forme d’une acquisition de technologie pour développer une gamme de produits innovants. IBM en est un parfait exemple avec les différents rachats, dont celui de XIV. Tous les grands acteurs du secteur le pratique : EMC, HP, NetApp, IBM, Sun, Oracle… D’autres rachats ont des objectifs plus marketing et visent à prendre des parts de marché ou à entrer sur de nouveaux segments, représentant un coût plus faible que le développement d’une technologie nouvelle. Dans ce contexte, il est parfois bon de racheter le partenaire le plus important d’un concurrent dans le but de lui couper un peu les vivres ! Évidemment, avec une bienséance apparente et des sourires ironiques, certains expliquent que le marché est souvent fait de « coopétition », mais néanmoins, que tout se passe bien dans le meilleur des mondes !
La tentation d'externaliser
D’un point de vue technologique, la réponse aux besoins des entreprises est assez générale. Elle combine la virtualisation avec une augmentation de la performance des matériels. Dans la gestion du stockage, les logiciels se simplifient pour permettre des gains de productivité et permettre à des non-informaticiens de gérer leurs données. Les échanges entre serveurs privilégient Ethernet, même si le Fibre Channel est encore monnaie courante dans les grandes entreprises. Leurs investissements dans ce secteur ne sont pas encore rentabilisés. Il est donc hors de question de s’en séparer pour le moment. Surtout que le mode blocs a des avantages en termes de granularité de sauvegarde. Réplication et déduplication complètent la palette des « buzz words » du moment. Tous ces éléments dessinent le nouveau concept de protection continue des données, en y ajoutant les technologies permettant de stocker de manière incrémentale. Il succède à l’ILM (Information Lifecycle Management) tout en reprenant la plupart de ses concepts. Il n’en reste pas moins que le stockage devient de plus en plus difficilement gérable et que les entreprises peuvent être tentées par l’externalisation. Il n’est jamais bon d’externaliser un problème, mais nécessité fait souvent loi. Des segments de marché ont déjà succombé à la sauvegarde en ligne. Pour les grandes entreprises, des offreurs comme IBM proposent des services de stockage « dans le nuage » d’Internet. Si des voix discordantes se font entendre sur le sujet (Larry Ellison, Richard Stallman), il n’empêche que l’effet ciseau entre l’augmentation du volume des données et la difficulté de répondre aux besoins des utilisateurs pour stocker en interne les données va donner de nombreux arguments aux « externalisateurs ».
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Stockez intelligent !
Face aux coûts de stockage importants et l’impossibilité de stocker toutes les données produites, il existe de nombreuses technologies et de bonnes pratiques pour stocker mieux et intelligent.
Si les données structurées sont maîtrisées avec une visibilité importante sur leur croissance, ce n’est pas le cas sur les données non ou semi structurées, comme les mails et autres éléments provenant du Web. Plus difficiles à contrôler, ces éléments représentent la majeure partie de l’inflation du nombre des données dans les entreprises. Cette croissance a provoqué un débat assez formaliste dans les entreprises entre les partisans du stockage des informations ou des données. Peter Mojica, vice-président en charge du développement produit chez AXS-One, un spécialiste américain de l’archivage sur des appliances, explique : « C’est un sujet de débat dans les entreprises entre les tenants du stockage classique des données sur les couches basses et ceux qui s’inspirent du concept d’ILM (Information Lifecycle Management). Ces derniers s’appuient sur un éloignement des données vers des supports moins chers suivant les fréquences d’accès à l’information. Cela pose la question de la classification des données ou des informations. » Il existe d’ailleurs des outils logiciels permettant d’automatiser cette classification.
Quelles sont vos données critiques ?
Un utilisateur génère environ 10 Go de données par an. Le coût moyen de la sauvegarde de ces données est aux alentours de 5 $. Or, toutes ne sont pas importantes. Il s’agit donc de s’interroger sur le degré de criticité des données pour ne sauvegarder que celles qui sont pertinentes pour le travail de l’utilisateur et le métier de l’entreprise. Jean Piedanna, principal consultant chez CA sur les questions de stockage, constate : « Peu ont fait la démarche. On reste dans le débat sur l’optimisation et la rationalisation, mais en termes de coût uniquement. Seules les entreprises avec des SI fonctionnant comme des sociétés de services proposent aujourd’hui des niveaux de services dans ce domaine. Il est nécessaire d’indiquer qu’avant de classifier, il faut consolider les données. Et là, il n’existe pas d’outils de déduplication inter repository. En fait, tout cela existe déjà sur le mainframe et le monde ouvert essaie d’y parvenir. »
Erwin Quigna, consultant technique senior chez EMC, ajoute : « L’exercice de classification n’est pas évident. Il est le plus souvent entrepris lors de la mise en place d’un plan de continuité. S’en dispenser condamne à payer le prix de cette non-gestion. Il s’élève à 50 % à peu près en termes de performance, le critère le plus structurant dans le stockage. » Pourtant, des bonnes pratiques et des technologies arrivent à ce résultat de manière assez simple. Une première classification peut se réaliser selon les types de fichiers. Ne sauvegarder que les .doc par exemple. Une autre pratique proposée par les constructeurs s’appelle le « tiering » ou la possibilité de classer les données selon leur importance. Les plus critiques sont dans le « Tier 1 », un premier cercle, puis ainsi de suite suivant un ordre décroissant. Le choix s’opère par la fréquence d’accès à la donnée ou son éloignement dans le temps. L’opération se réalise par des moteurs de règles. Les données sont accédées plus souvent dans les premiers jours. Après une semaine ou dix jours, elles sont moins sollicitées. Il est donc intéressant de les mettre sur des supports moins performants et moins coûteux. Au bout d’un mois, elles peuvent être transmises sur un disque proposant une librairie de bandes virtuelles. Après ce délai, un archivage sur un support très peu cher est une pratique répandue. Les constructeurs proposent cette solution soit sur un seul serveur soit sur différents supports. Pillar Data Systems, une jeune entreprise sponsorisée sur les deniers de Larry Ellison, le patron d’Oracle, propose de le faire sur un même disque en rangeant les données Tier 1 sur la partie du disque la plus performante. L’espoir est quand même de rigueur. Une étude d’IDC, que nous avons déjà citée, remarque que 22,7 % des entreprises européennes ont entamé une réflexion constructive autour de la hiérarchisation des données et près de 11 % ont des projets à court terme.
Que faut-il conserver
et combien de temps ?
 Charles du Boullay,directeur général CDC Arkhineo Il est bon de classifier et de consolider les données, mais il faut aussi respecter les conditions légales de conservation et de restitution des données et documents, si besoin est. Charles du Boullay, directeur général de CDC Arkhineo, un tiers de confiance, filiale de la Caisse des dépôts et consignations, explique : « Il n’existe pas de véritable texte législatif encadrant l’archivage électronique à valeur probante. Mais il existe des obligations de restitution en cas de demande. La durée de ces demandes peut être variable. Ainsi en droit commercial, les demandes peuvent être faites sur dix ans. En droit social, c’est trente ans et pour la fiscalité la durée est de six ans, dix ans dans les faits. »
A partir de ce constat, la mise en place d’une politique d’archivage de ces documents doit être mise en place. Ce document permet à tous dans l’entreprise de s’approprier les processus choisis pour la conservation (archivage) et la restitution des documents en cas de demande. Charles du Boullay précise : « Dans un grand compte français du secteur de l’énergie, ce document tient sur un recto-verso. Chez d’autres, c’est un document de trente pages. Peu importe, il s’agit surtout de procéder avec bon sens et discernement en s’inspirant de ce que vous faites avec le papier. Sous forme dématérialisée, c’est un peu la même chose. Vous recevez un document, vous le mettez dans un dossier, puis dans une armoire… ». Autre point, il s’agit
de s’assurer de la possibilité de relire les documents, dans un laps de temps qui peut être long, et sur des supports qui permettent de les utiliser. Ainsi, il est conseillé de vérifier les archives et de les faire migrer sur des supports modernes environ tous les quatre ans.
Il est déconseillé de s’enfermer dans des formats propriétaires de données.
La politique mise en place à plus de chances d’aboutir si les intervenants concernés sont impliqués. Le fonctionnel, le juridique et le technique (DSI) doivent être partie prenante. Charles du Boullay ajoute : « S’il manque l’un des trois, le projet bloque souvent. Le fonctionnel comprend vite. C’est parfois plus long avec le juridique et le technique. »
Les questions d’archivage légal sont complexes. Beaucoup d’entreprises choisissent donc d’externaliser ou de sous-traiter ces tâches fastidieuses et sans réelle valeur pour leur métier.
« Les entreprises prennent une assurance et notre intervention fait qu’il y a moins de suspicion lors d’un litige. En tant que tiers de confiance, nous donnons plus de force à l’archive », assure Charles du Boullay. Il n’en reste pas moins qu’il n’est jamais très bon d’externaliser un problème à défaut de ne pouvoir réellement le contrôler.
La performance
comme critère discriminant
Devant l’importance des données à stocker, la performance devient un critère très important des solutions de stockage. Ce côté est renforcé par l’accès fréquent aux données les plus utilisées. L’ensemble des matériels proposent donc aujourd’hui des performances toujours plus grandes : disques, serveurs et éléments de réseaux. Ces derniers ont doublé leur débit et vont encore augmenter au fur et à mesure des besoins. La dernière génération des switches de Brocade proposent ainsi des débits de 8 Go/s par port, avec la possibilité de les agréger pour obtenir une bande passante de 64 Go/s. Du côté des serveurs, les constructeurs profitent à plein de l’augmentation de puissance apportée par les puces multicœurs et par le renforcement de la densité fourni par les architectures en lame qui permettent de moduler la puissance nécessaire aux opérations de stockage. Autre piste suivie, le recours aux disques Flash. EMC, Sun et plus récemment IBM se sont convertis à cette technologie pour ses performances et ses temps de réponse.
L’augmentation de la puissance est nécessaire pour le transfert des données, dans une approche de gestion du cycle de vie de l’information, et pour la migration des données de disques haut de gamme vers des supports qui coûtent moins cher lorsque les données sont moins souvent accédées. IDC ajoute que 52 % des entreprises européennes rencontrent déjà des problèmes de performance dans les processus de sauvegarde ou de restauration. Il est aussi à prendre en compte le fait que pour des raisons de coût, les budgets ne suivent pas forcément la courbe de croissance des données. Le taux d’utilisation des capacités de stockage en est le reflet. Plus de la moitié des entreprises européennes déclarent que le taux d’utilisation est supérieur à 70 %.
La virtualisation
au centre des réflexions
 Les switches Brocade privilégient les performances en termes de débit
et n’oublient pas la sécurité en ajoutant des fonctions de cryptage des données. La virtualisation est à la fois un des éléments poussant à la refonte des processus de stockage, mais elle représente aussi une partie de la réponse aux problèmes posés. D’un côté, les services informatiques ont consolidé leurs serveurs en virtualisant de nombreuses machines pour réduire le nombre de serveurs physiques. En procédant ainsi, les services informatiques ont renforcé la criticité des serveurs, ce qui conduit à revoir les processus de stockage. Cette centralisation sous-entend de poursuivre la démarche par une recentralisation des processus de stockage vers ces ressources consolidées. La virtualisation du stockage, en créant un seul domaine de stockage et une allocation simplifiée des ressources, peut être une réponse pertinente à cette problématique. Ce point est d’ailleurs une des tendances du moment avec l’ajout d’agents ou de plug-ins prenant en compte les environnements virtuels de serveurs.
NetApp a intégré dans ses offres des modules prenant en compte la virtualisation des postes de travail proposée par VMware et les autres principaux logiciels de VMware. EMC n’est pas en reste et annonce le support de l’API multipathing vStorage de l’éditeur de solutions de virtualisation. EMC prend en compte aussi, par sa solution de réplication, les environnements virtuels ESX et Virtual Center. La réplication est le fondement même du stockage. Une donnée n’est protégée qui si elle se trouve sur deux supports différents. Pour certains, l’idéal est d’avoir quatre fois la donnée dans ses systèmes de stockage. Or, ce nombre est souvent largement dépassé. Prenons l’exemple d’une présentation PowerPoint envoyée par e-mail aux différents membres d’un groupe de travail. La présentation va se trouver sur plusieurs postes, car, la plupart du temps, elle sera sauvegardée autant de fois qu’elle aura été envoyée. Une méthode visant à intégrer un peu de discipline et de bon sens peut résoudre le problème. Elle consiste à placer ce type de fichiers sur un espace collaboratif accessible par les différents membres du groupe. Selon IDC, 41 % des entreprises européennes ont mis en place une solution de réplication asynchrone. Un peu moins (36 %) ont une solution synchrone. La déduplication est aussi une possibilité pour réduire le nombre de données à stocker. Les outils de déduplication proposent différentes fonctions. La plus connue est l’élimination des doublons, les fichiers identiques. Cette fonction ne s’emploie pas à tout moment et partout. Elle prend toute sa valeur avant l’étape de l’archivage. Sur de la donnée « vivante », les impacts de performance peuvent être rapidement gênants. La sauvegarde incrémentale est une autre option offerte. Elle permet de ne sauvegarder que les éléments ayant changé dans un fichier ou bloc. Cette fonction est connue aussi sous le nom de snapshot. On prend une photo des fichiers à un temps T, et le système renseigne des pointeurs (metadata) vers les fichiers concernés. Il existe cependant un danger réel, car cette solution ne peut être que complémentaire à une autre qui s’appuie sur la redondance des données. En effet, si le volume de production est perdu ou inutilisable, les metadonnées ne pointent que vers le vide !
La déduplication
s’impose peu à peu Selon les résultats d’une étude menée par les organisateurs du salon Storage Expo qui s’est tenu à Londres courant octobre, 62 % des entreprises utilisent désormais la déduplication. 27 % ont des projets dans l’année sur cette technologie. 4 % seulement déclarent ne pas vouloir l’utiliser et 6 % expliquent que la technologie n’apporte pas ce qu’ils en attendent.
Les données meurent aussi !
Si ces différentes méthodes et technologies permettent de limiter les données à stocker, il reste une dernière étape : leur suppression. Contrairement à ce que le bon sens commande, cette phase est très souvent totalement oubliée. Erwin Quigna d’EMC précise : « Cette opération n’est pas simple et demande la mise en place d’une vraie politique d’entreprise avec un coût non négligeable. Il faut se projeter dans le temps tout en respectant les impératifs légaux. » De plus, cette suppression des données doit être complète. Il est inutile de supprimer sur des disques des données qui ne sont plus accédées, si c’est pour les conserver éternellement sur des bandes dans un bunker. La question est devenue suffisamment sensible pour que des éditeurs développent des solutions spécifiques. Blancco fournit une solution pour les centres de données permettant de détruire celles-ci, mais également de réutiliser de manière fiable des disques durs au sein d'environnements de stockage de masse. Ce logiciel peut effacer simultanément plus de deux cents disques durs, offrant ainsi une gestion sûre et rentable des actifs informatiques, tout en répondant aux principaux standards pour les serveurs haut de gamme et les environnements SAN. Blancco Data Centre Edition évite ainsi la nécessité de posséder de nombreux produits de suppression et permet la destruction des données sur une grande variété de hardwares, dont les disques Serial ATA, SAS, SCSI et Fibre Channel. Les utilisateurs reçoivent des rapports d'avancement en temps voulu qui incluent, à des fins de suivi, le nombre de disques, le temps d'effacement, le type de châssis, ainsi que le numéro de série. Le logiciel est conforme à tous les principaux standards militaires et gouvernementaux de suppression de données et répond, même sur les secteurs cachés et remappés, aux standards HIPAA, SOX, GLBA, ainsi qu'à d'autres exigences réglementaires.
Virtualisation :
Le fil rouge
de l’industrie
du stockage De nombreux partenariats ont été annoncés entre le leader de la virtualisation et les industriels du stockage, lors du VMworld, l’événement client et utilisateur
de VMware. Brocade a annoncé
que ses HBA sont certifiés sur les environnements ESX de VMware. FalconStor, un éditeur de logiciels
de virtualisation de stockage et de solutions de stockage en réseau a reçu la même certification. Son concurrent, Datacore, en a profité pour faire des annonces analogues sur les environnements Virtual Center.
Externalisation : la sauvegarde à la vitesse de la connexion Internet
 Le DL 2000 de Dell promet une réduction des temps de sauvegarde de 55 % et un délai de restauration amélioré de 77 %. La tendance générale aujourd’hui est de déléguer à des spécialistes externes ce qui n’est pas dans le cœur de métier de l’entreprise. Et le stockage ne fait pas exception à la règle de l’externalisation. Dès le début des années 2000, on a vu fleurir les SSP (Storage Service Provider). Ils sont désormais bien implantés sur le segment de marché des particuliers et des petites entreprises. Les offres de sauvegarde en ligne sont désormais très accessibles, et les grands pourvoyeurs d’applications en ligne s’y mettent. C’est aussi le cas de différents éditeurs de la sécurité informatique qui proposent, avec leur antivirus, un espace de stockage en ligne. Après le téléchargement d’un agent, les fichiers d’un poste sont sauvegardés en ligne sur des serveurs distants. Le seul problème de ces solutions réside dans le fait que la sauvegarde se réalise à la vitesse de sa connexion Internet. Un débit important est donc nécessaire ! Dans les grandes entreprises, la problématique est différente. Mais l’idée d’externaliser le stockage fait son chemin. Tout d’abord, il va être, à moyen terme, difficile de faire face pour les entreprises aux besoins de stockage, si elles ne mettent pas en place des politiques rigoureuses concernant leurs données. Ensuite, les coûts deviennent parfois trop importants sans véritable garantie de résultats. Seules les grandes entreprises ont un rapport de force favorable lorsqu’elles souhaitent renouveler leur infrastructure de stockage. On estime les demandes pour une banque comme la Société Générale aux alentours de 300 To. Dans ce cadre, un recours à des prestataires externes permet de fixer des niveaux de services correspondant aux besoins de l’entreprise. Les constructeurs et fournisseurs de plateformes y ont vu une opportunité qui se conjugue avec le Cloud Computing, et la fourniture en ligne d’une infrastructure informatique complète avec un kit de développement pour la personnalisation. Dans ce secteur, les prix sont d’ailleurs à la baisse. Comme celui de l’hébergement, les fournisseurs visent à une large mutualisation pour offrir des prix agressifs. Aux États-Unis, avec sa plateforme S3 (Simple Storage Service), Amazon vient d’annoncer de nouveaux tarifs : 15 cents le Go de données. Des baisses sont consenties ensuite si vous stocker plus de 50 To ou plus de 500 To, pouvant aller jusqu’à 12 cents par unité de stockage. Pour l’Europe, les prix sont un peu plus chers que quelques cents. Le service héberge 29 milliards de données et répond à une charge de 70 000 requêtes par seconde. Des fournisseurs de sauvegarde en ligne américains s’appuient directement sur ce service pour leur métier.
Le stockage est une question latente qui n'appelle pas de réponse définitive. Il risque de devenir un problème si les entreprises ne se penchent pas rapidement sur des solutions pour y remédier. Comme tous les autres secteurs du système d’information, le stockage doit être contrôlé et géré. Y mettre un brin de bon sens en suivant des processus rigoureux et une politique centralisée, afin de suivre le cycle de vie des données, sont les premiers moyens pour y faire face.
Bull ouvre un centre international dédié au stockage Bull vient d’ouvrir un centre international dédié au stockage et à la protection des données, en partenariat avec EMC, dans la région grenobloise. Adossé au centre d’expertise d’Echirolles, près de Grenoble,
le StoreWay Solution Center se veut la vitrine du savoir-faire de Bull dans le secteur de l’administration de données. Partenaire depuis quinze ans avec EMC, le centre concrétise l’adhésion de Bull au Velocity Parner Program d’EMC. Cela lui donne accès au réseau paneuropéen de support d’EMC constitué de 400 ingénieurs.
Dès le début du mois prochain,
le centre va proposer des formations, des séminaires et des ateliers thématiques sur le stockage.
Un banc d’essai est aussi mis à disposition des clients du centre
pour des maquettages de solutions. Le centre propose actuellement une configuration de 6 To sur serveur Clariion d’EMC. Il est possible de l’étendre jusqu’à 300 To. Des serveurs Symmetrix devraient arriver d’ici la fin 2009. Un laboratoire (que nous n’avons pas visité) autorise une réplique des configurations de clients par des bobines de Fibre Channel pouvant simuler des centres de données distants. Faisant partie des initiatives stratégiques (le plan 7i) de Bull pour son développement, la division stockage élargit son périmètre de services. Bull est même prêt à opérer directement le stockage de ses clients en proposant des contrats d'infogérance, que ce soit en régie ou à distance.
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