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Formations & Certifications
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Formation initiale Les entreprises de plus en plus influentes Par Carole Pitras - copyright L'Informaticien, tous droits réservés
Pour faire face à l’évolution des besoins et à la pénurie des compétences qui est annoncée, les collaborations entre écoles et universités d’un côté, et entreprises des nouvelles technologies de l’autre se font plus fréquentes. Quelques tendances et pistes à privilégier.
Trois initiatives récentes illustrent la pénurie de compétences et les pistes à explorer pour y remédier. Premièrement, un accord IBM-Supinfo-la Banque Postale pour former des étudiants de Supinfo en dernière année aux technologies mainframe. Deuxièmement, la création d’un master consultant ERP par Sopra et SAP à l’ESPI. Troisièmement, l’éditeur décisionnel SAS qui signe un accord de partenariat avec la Reims Management School (RMS) dans le cadre de l’International Retailing Center (IRC) à Reims, une structure de recherche dédiée à la grande distribution, qui prévoit des formations assurées par des consultants SAS et de mettre à la disposition des étudiants ses solutions décisionnelles. On pourrait multiplier les exemples dans les domaines de l’ERP et du décisionnel notamment, mais ceux-ci illustrent les principales tendances de l’évolution des métiers de l’informatique : avoir une double ou une triple compétence, technique bien sûr, voire multi-technologie, fonctionnelle ensuite pour adresser les métiers de la finance, de la logistique, et les fonctions transversales de l’entreprise, sectorielle enfin pour connaître les grandes problématiques d’un secteur d’activité comme la grande distribution, les télécoms, voire la fonction publique.
Le mainframe n’est pas mort !
Patrick Kesler Patrick Kesler, qui dirige la division Systèmes Z (c’est-à-dire mainframe) chez IBM, explique que ses clients souhaitent maintenir et pérenniser leurs mainframe, qu’ils détiennent pour certains depuis près de 40 ans, notamment dans le secteur bancaire. Malheureusement, les informaticiens en interne qui travaillaient sur ces plates-formes ont souvent aussi plusieurs dizaines d’années de maison et partent à la retraite. Pour pallier une pénurie de compétence annoncée avec le papy boom, IBM a donc lancé l’an dernier une initiative au niveau mondial visant à former 20 000 étudiants aux technologies mainframe d’ici à 2010, en collaboration avec les écoles et universités. En France, cette initiative a été déclinée avec trois écoles pour le moment : l’Epita, l’ESIAL à Nancy et dernièrement Supinfo.
À l’Epita, IBM a d’abord subventionné une spécialisation mainframe d’environ 80 heures, dispensée à une centaine d’étudiants par des formateurs IBM traditionnels, qui assurent habituellement les formations aux clients. L’objectif étant de montrer qu’aujourd’hui « les nouvelles technologies de type Linux ou Java étaient le quotidien du mainframe et qu’il s’agit d’une plate-forme très moderne ». À l’Esial, une spécialisation mainframe a été ouverte pour 25 étudiants qui, durant plusieurs semaines, ont reçu des cours sur le sujet. Plus complet est le dernier accord passé avec Supinfo puisqu’une entreprise utilisatrice y est associée, la Banque Postale. « Nous avons monté un projet où IBM ne va pas seulement délivrer un cours, mais également montrer le côté application dans une grande entreprise, via l’intervention de professionnels du SI de la Banque Postale, du DSI aux développeurs en passant par les architectes ou la direction de la production. »
Vingt-cinq étudiants de Supinfo ont été sélectionnés pour participer à cette formation mainframe d’une centaine d’heures, qui a débuté en octobre. Les étudiants pourront se voir proposer des stages, voire un emploi dans l’entreprise ! Des initiatives similaires, associant IBM et entreprises utilisatrices ou SSII devraient voir le jour dans d’autres écoles, IBM ciblant avant tout celles dans lesquelles ses clients recrutent. L’objectif de Patrick Kesler est de parvenir à un rythme de croisière de 400 à 500 étudiants formés par an, contre 150 à 200 actuellement.
Ce qui est à rapprocher de l’essor de nouvelles sociétés de services, qui ne se positionnent plus comme généralistes mais spécialisées sur une technologie ou un métier. Trois exemples : Infotel, qui, avec sa signature « @web to database », revendique une approche nouvelle technologie et mainframe qui correspond à la réalité du système d’information des clients. Michel Koutchouk, son directeur général, souligne avoir du mal à trouver de jeunes ingénieurs connaissant les mainframe. Keyrus, Business et Décision ou Micropole Univers, se sont imposées, elles, comme les spécialistes des projets décisionnels et embauchent plusieurs centaines de personnes chaque année dans ces domaines. Enfin, Cadextan, une SSII spécialisée sur les métiers de la finance, dont le directeur général, Didier Neyrat, souligne depuis plusieurs années la nécessité d’une double compétence de ses collaborateurs et futurs collaborateurs pour mener à bien les projets de ses client. Ces récents accords entre éditeurs, constructeurs, société de services et établissements d’enseignement supérieur visent donc à créer de nouvelles compétences répondant à ces différents besoins.
Pénurie annoncée
Depuis dix-huit mois environ, la profession des logiciels et services alerte sur la pénurie qui s’annonce chez les informaticiens. Syntec Informatique évoque régulièrement le manque de consultants ERP, d’architectes, de développeurs en nouvelles technologies, Java notamment. Et s’inquiète de la guerre des talents qui commence entre ses adhérents. Les chiffres annoncés sont conséquents : 207 000 postes d’informaticiens seraient à pourvoir d’ici à 2015, dans les entreprises du secteur des logiciels et services et chez les entreprises utilisatrices, dont 149 000 créations de poste et 58 000 remplacements de départ en retraite. Des chiffres qui semblent impressionnants mais à rap-procher des 350 000 créations de postes de ces douze dernières années. L’inquiétude naît surtout du manque d’attractivité du secteur auprès des jeunes.
De nouveaux métiers
Cette pénurie annoncée se double de l’émergence de nouveaux métiers : ainsi, les obligations réglementaires ont elles donné naissance aux métiers de Chief Data Officer, ou encore de correspondant Cnil, ou de risk manager. Les évolutions technologiques, comme la convergence, supposent des profils maîtrisant les réseaux autant que l’informatique plus classique. L’industrialisation croissante, l’externalisation et l’internationalisation des projets ont également des conséquences sur les compétences recherchées : les métiers du test sont recherchés. La maîtrise des processus et des méthodes devient indispensable.
Ramener les jeunes vers l’informatique

Narenda Jussien L’inquiétude de nombre de professionnels porte sur le manque d’attractivité des métiers de l’informatique auprès des jeunes : Syntec Informatique a créé avec une trentaine d’écoles d’ingénieurs, Pasc@line, une association qui vise à promouvoir les métiers de l’informatique et à adapter la formation – principalement la formation initiale – à l’évolution des métiers. Ce qui s’est traduit par la création d’une commission « Évolution des besoins ».
À l’École des mines de Nantes, Narendra Jussien souligne que l’enseignement informatique a été entièrement revu dans le tronc commun. « Il avait dérivé en informatique pour informaticiens », reconnaît-il : l’informatique était donc vue comme une discipline d’« autistes » et les options informatiques délaissées. Désormais, les élèves réalisent dès la première année un projet individuel et sont confrontés à de vrais problèmes, par lesquels ils abordent différents aspects, comme la programmation objet, les structures de données, les bases de données, l’interface homme-machine. Objectif : qu’ils soient capables après les deux années de tronc commun de met-tre en œuvre une application qui manipule des données. Narendra Jussien souligne qu’après un an, les résultats de cette nouvelle approche sont déjà perceptibles : « Beaucoup ont pris goût à ça », et s’intéressent désormais aux options informatiques, ce qui devrait porter ses fruits sur la fréquentation de ces options dès l’année prochaine. Il faut toujours cinq ans pour former un ingénieur…
Il a également doublé cette approche pratique d’un aspect ludique en expliquant la programmation par contrainte par le Sudoku, soulignant que les principes sont les mêmes : réduction de données, raisonnement local, propagation.
Ludique, également, l’initiative de Microsoft Imagine Cup. « Les cours d’informatique ne donnent pas envie de faire du développement », constate Laurent Ellerbach, chez Microsoft, et souligne qu’il est encore possible de décrocher un troisième cycle en informatique sans jamais toucher à un PC dans le cadre de ses cours… Imagine Cup a donc vocation à « donner envie à des jeunes d’aller dans les métiers technologique ». Au sein d’Imagine Cup, Project Hoshimi permet d’aborder le développement sans en faire directement, Microsoft ayant créé un outil permettant de réaliser une application sans faire de développement, et ainsi d’amener les étudiants à appréhender l’algorithmique sans avoir besoin, dans un premier temps tout du moins, de développer.
Parallèlement, les entreprises cherchent à pérenniser, optimiser et rationaliser leurs investissements informatiques, dans un contexte où nombre de leurs informaticiens et de leurs collaborateurs seront concernés par le papy boom. D’où l’intervention d’IBM pour former de nouvelles recrues aux mainframe (voir encadré). L’an dernier, le Club informatique des grandes entreprises françaises (Cigref) a ainsi complété son référentiel métier d’un référentiel de compétences. Initiative qui vise à tenir compte de l’évolution des politiques RH des grands groupes qui mettent en place au sein des DSI des « plans ambitieux de gestion des compétences » prenant en compte « l’évolution des budgets informatiques, des technologies, de la gestion des prestataires, le papy boom ou la mobilité en entreprise ».
Le boom des technologies Microsoft
De son côté, Microsoft a mené ses propres enquêtes sur .Net, qui montrent une pénurie de compétences chez ses partenaires sur l’ensemble des technologies Microsoft, du développement à l’intégration d’ERP ou de CRM en passant par les projets de messagerie ou de travail collaboratif (cf. tableau). Pierre François, chez Vascoo, qui gère le site msemploi, indique que si un peu plus de 30 % des 220 000 informaticiens travaillant sur les infrastructures et le développement en France intervient au moins en partie sur les technologies Microsoft, cette part passe à 60 % pour les nouvelles embauches. Il chiffre à 18 000 le nombre de postes à pourvoir aujourd’hui sur les technologies Microsoft, dont 9 500 en Île-de-France. Pour seulement 3 000 candidats disposant des compétences nécessaires et disponibles. L’éditeur multiplie donc les initiatives pour former de nouvelles ressources, par le biais de la formation initiale ou de la formation continue (voir encadré).
ERP, CRM, décisionnel…
La reprise des projets ERP et le lancement en parallèle de grands projets publics autour d’ERP (ministère des Finances, projets RH de l’Armée, de la Gendarmerie, la mairie de Paris pour ne parler que des récents contrats SAP) mobilisent les ressources existantes et accentuent la pénurie de consultants. Dernièrement, Oracle, SAP et Microsoft se sont mobilisés sur le sujet. Oracle a recruté en mars dernier avec ses grands intégrateurs (Capgemini, BearingPoint, Kurt Salmon Associates et Steria) une cinquantaine de professionnels de la finance, des RH ou du contrôle de gestion, qui ont été ensuite formés durant six semaines aux applications Oracle. Une opération qui devrait être reconduite, l’objectif étant de former ainsi 350 consultants sur les deux prochaines années. Sopra vient de créer avec SAP un master consultant ERP à l’ESPI (voir encadré). Enfin, Microsoft s’est allié à l’École Supérieure de Gestion sur son offre Microsoft Dynamics CRM.
Master pro, apprentissage, VAE, CQP…
Essor des projets décisionnels aidant, les formations sur ce sujet sont nombreuses. Par exemple, un Master SIAD (Système d’Information et Aide à la Décision) à l’Université Toulouse I, un Mastère Spécialisé Management de Projet Décisionnel de Grenoble École de Management, ou encore un Mastère Spécialisé en Informatique Décisionnelle créé à l’EISTI en 2003. Les éditeurs de logiciels décisionnels sont très friands de partenariats avec ces formations, toujours le principe selon lequel un outil pratiqué lors de la formation aura plus de chance d’être utilisé, voire choisi au cours de la vie professionnelle. Ainsi, Hyperion vient de signer un accord avec l’université Toulouse I pour fournir ses outils de business intelligence et d’analyse multidimensionnelle aux professeurs et aux étudiants du Master SIAD pour accompagner la formation, les travaux pratiques et les projets réalisées dans le cadre de ce cursus. Les voies de la formation à l’informatique sont multiples, pour ne pas dire complexes. Écoles d’ingénieurs traditionnelles, accessibles sur concours après deux ans de prépa, écoles avec admission après le bac ou après un IUT, jungle des masters et des options… Récemment rénové, le site pass informatique (www.passinformatique.com) recense dans sa rubrique annuaire 5 500 formations, qui peuvent être recherchées par diplôme, par spécialisation ou par type de contrat (alternance ou apprentissage).
Un master consultant ERP SAP créé par Sopra
« Il est difficile de trouver des gens qui connaissent bien les ERP, en particulier SAP », constate Noël Bouffart, directeur délégué de Sopra group. Devant le manque de ressources SAP, Sopra a donc décidé de créer un master en collaboration avec l’éditeur et l’EPSI (École privée des sciences informatiques). L’objectif étant de former des consultants « capables d’intégrer l’ensemble des compétences SAP et d’être une interface entre les informaticiens et les utilisateurs », particulièrement sur les métiers de la finance et de la logistique. Même si elle cible en priorité de nouveaux collaborateurs, la SSII indique ne pas s’interdire de former également certains de ses collaborateurs. Les étudiants de ce master sont recrutés conjointement par l’école et par Sopra, principalement parmi les jeunes diplômés ingénieurs, Noël Bouffart soulignant que ces derniers sont très peu formés aux ERP. Parmi les qualités requises, un bon relationnel, indispensable dans ce rôle d’interface.
La formation est assurée en alternance, et comprend un tronc commun (marché des ERP, le rôle des SSII, les techniques de présentation orales et écrites, la méthodologie de planification et de conduite de projets ERP,) une formation aux solutions SAP (vision d’ensemble puis spécialisation sur SAP Finance ou SAP Logistique, avec travaux pratiques) assurée par l’éditeur et enfin la participation à des projets SAP réels durant les stages chez Sopra. Ils devront choisir de s’orienter vers un des domaines de la finance ou de la logistique. La première promotion, pour laquelle les cours débuteront en février, comptera trente élèves, la deuxième qui démarre en juillet prochain pourrait en compter le double. Sous réserve de réussir leur examen et leur certification SAP, tous les diplômés seront recrutés par Sopra. Cette nouvelle formation est en cours de validation.
Des options de dernière année ou des masters permettent des spécialisations. Et s’adaptent à l’évolution des métiers et des technologies. Ainsi, Narendra Jussien, professeur à L’École des mines de Nantes, école généraliste disposant de deux options informatiques, génie des systèmes d’information (GSI) et génie informatique pour l’aide à la décision (Gipad), explique-t-il que les options sont réactualisées pour s’adapter à l’évolution technologique et à l’évolution de la demande. L’option GSI a ainsi été revue pour intégrer plus de technologies liées au middleware et répondre aux problématiques d’urbanisation des systèmes d’information, d’orchestration, d’émergence des web services, d’agrégation de composants. Quant à l’option Gipad (Genie informatique pour l’aide à la décision), elle est actuellement en train d’évoluer afin de faire plus de place aux outils d’optimisation par rapport aux outils de visualisation. Ce qui correspond à l’évolution du décisionnel devenu business intelligence et désormais pilotage de la performance, intégrant en cela une dimension prospective en plus de l’analyse a posteriori de données.

« Les masters professionnels sont très appréciés par les entreprises du secteur des logiciels et services », note Marie-Anne Boyer Maillard, déléguée formation de Syntec Informatique, qui indique que les Miage sont également des formations intéressantes, par exemple dans le cadre des ERP, car ils donnent une double compétence informatique-gestion. Ces formations sont encore plus appréciées par la voie de l’apprentissage ou de l’alternance, cependant encore peu répandue dans les écoles d’ingénieurs, mais que des écoles, comme l’ITIN à Cergy, ont privilégié avec succès sur la partie informatique et réseau, avec notamment un master Ingénierie des Réseaux et Systèmes. « L’alternance est également de plus en plus utilisée par les SSII », observe Marie-Anne Boyer Maillard. Raison de cet engouement : des formations initiales encore très théoriques, au terme desquelles les jeunes diplômés ne sont pas aussi opérationnels que le souhaiteraient leurs nouveaux employeurs. Illustration : le programme de formation Université.net de Microsoft, plutôt destiné initialement à des développeurs souhaitant se former sur .Net durant quatre semaines a en fait formé beaucoup de jeunes diplômés.
Microsoft multiplie
les initiatives
Laurent Ellerbach « La pénurie de compétences sur les technologies Microsoft s’accroît (cf. tableau). Depuis cinq ans, l’éditeur développe ses relations avec l’enseignement supérieur, université et écoles », explique Laurent Ellerbach, responsable des relations développeurs et enseignement supérieur de Microsoft France. La première étape a consisté à donner à tous les étudiants et enseignants l’accès à l’ensemble des logiciels Microsoft, via MSDN Academic Alliance (www.msdnaa.net/france), adopté, moyennant 500 euros annuels, par 600 écoles et universités françaises, dont la moitié donnent à leurs étudiants accès à ces produits.
Sur l’année universitaire 2006/2007, 150 000 logiciels devraient être téléchargés via cette offre, soit 50 % de plus que l’année précédente. Les enseignants et étudiants peuvent déployer et utiliser l’ensemble des produits (serveurs, systèmes d’exploitation, outils de développement, Project) chez eux et sur site. Les ingénieurs diplômés cette année sont donc les premiers à avoir bénéficié de cet accès gratuit aux technologies Microsoft tout au long de leurs études… et connaissant ces technologies sont donc plus à même d’y travailler. CQFD. Microsoft a même créé un programme MS Student Partner, équivalent pour les étudiants de son programme de reconnaissance MVP (Most Valuable Professional). Ces étudiants se voient récompensés de diverses manières, par exemple une participation tous frais payés à TechEd, et peuvent être embauchés par l’éditeur ou ses partenaires à l’issue de leurs études.
Deuxième initiative : séduire les enseignants, en leur proposant gratuitement des bases de cours faites par d’autres enseignants, en leur donnant accès au code source de Windows XP (prochainement de Vista) afin de leur permettre de le découvrir. Enfin, Imagine Cup, concours qui cible les associations d’étudiants. Et qui plaît beaucoup en France : 8 500 participants français sur les 65 000 au niveau mondial.
Parallèlement, des partenariats plus privilégiés ont été signés avec certaines écoles. Par exemple, l’INSA Lyon pour créer une cellule de support, assurée par les étudiants, à l’attention des administrateurs systèmes et réseaux de l’enseignement public.
Dans le cadre de la formation continue, plusieurs pistes sont à explorer : la validation des acquis de l’expérience (VAE), déjà accessible pour certain diplômes et devrait l’être dès la fin 2008 pour l’ensemble des formations diplômantes. En pointe sur ce sujet, les écoles d’ingénieurs de la région Midi-Pyrénées (www.criva.org). D’autres se heurtent à la résistance de leurs associations d’anciens élèves et ont quelque réticence à délivrer leur titre par cette voie jugée moins noble… Également, récemment créée par la branche le Certificat de Qualification professionnelle (CQP) Administrateur de réseau d’entreprise, une formation de 900 heures entrant dans le cadre des contrats de professionnalisation. D’autres CQP devraient voir le jour prochainement, administrateur de bases de données, architecte technique et développeur nouvelles technologies.
Marie-Anne Boyer Maillard souligne que les entreprises s’intéressent de plus en plus à ces dispositifs. D’abord parce qu’ils deviennent un élément de motivation des salariés, voire de fidélisation en cette période où les chasseurs de tête se font pressants… Ensuite, l’obtention d’un diplôme permet de mieux « vendre » un collaborateur à un client. Enfin, la VAE permet l’obtention d’un diplôme sans pour autant mobiliser un collaborateur à mi temps sur deux ans… La démarche consiste surtout à tracer les expériences professionnelles correspondant au référentiel emploi pour le CQP ou à la formation diplômante. Ce qui revient au final moins cher qu’une formation… « La démarche de formation se fait encore à un niveau individuel mais pourrait devenir collective », souligne Marie-Anne Boyer Maillard.
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CERTIFICATIONS Une réelle valeur ajoutée sur un CV ?
Les programmes partenaires des éditeurs et constructeurs font la part belle à la certification. Est-ce une garantie de compétence pour un client ? Est-ce indispensable à l’autonomie des intégrateurs ? Et un moyen pour les éditeurs et constructeurs de s’assurer de l’implication de leurs revendeurs et donc de leur motivation à vendre leur produit ? Voire un argument supplémentaire sur un CV. En fait, c’est un peu de tout cela…
Désormais, être partenaire Gold, Premium ou Platinium n’est plus seulement subordonné à la réalisation d’un chiffre d’affaires minimal, mais requiert également d’avoir formé un certain nombre d’ingénieurs, qui doivent pour cela suivre des formations. Or, avoir une certification au plus haut niveau (platinium ou équivalent) suppose de disposer d’un certain nombre d’ingénieurs certifiés. Certification qui permet toutefois généralement de profiter des remises supplémentaires sur l’achat des produits, permettant de rentabiliser l’investissement initial. Cercle vertueux ou cercle vicieux ?
Un avantage client ?
De l’avis général, oui !, la certification est un élément important commercialement. « Au niveau commercial, c’est un atout : les clients regardent la société, son bilan financier et le fait que les personnes qui vont intervenir soient certifiées les rassure », souligne Christophe Canonne, directeur général de Cyber Networks, l’un des principaux intégrateurs dans le domaine de la sécurité, qui précise que c’est même un pré-requis dans certains secteurs d’activités, comme le secteur bancaire. « Le client a envie d’avoir quelqu’un qui ne vienne pas s’entraîner chez lui », ajoute-t-il.
« Être formé, oui,
mais être certifié n’est pas indispensable »
Pour Bruno Leclerc, le directeur général d’Integralis, devoir payer les cours et plus encore le matériel de démonstration dans le cadre d’une certification est « scandaleux ». Pour cet intégrateur spécialisé dans la sécurité de 400 personnes, implanté dans une demi douzaine de pays et qui référence 34 éditeurs et constructeurs, les principaux étant Checkpoint et Nokia, le budget certification devient vite conséquent, à raison d’un ou deux ingénieurs certifiés par technologie au catalogue et de trois jours de formation en moyenne, à un prix journalier compris entre 600 et 1 200 euros…
Selon lui, « Un partenariat se doit d’être équilibré », l’intégrateur acceptant de se former, « mais l’éditeur ne doit pas forcément faire des bénéfices », sur cette formation. « Sur une formation de cinq jours, nous avons déjà près de 5 000 euros de manque à gagner de facturation. Si on y ajoute 3 500 euros de formation Checkpoint, l’investissement est énorme. » Idem pour RSA, Trend Micro ou Juniper, indique-t-il. Bruno Leclerc s’indigne de devoir payer du matériel de démonstration et de devoir autant payer pour former des ingénieurs qui vendent finalement leurs produits. Mais il reconnaît ne pas avoir le choix. Il souligne cependant que certains éditeurs prennent le contre-pied de cette politique et mentionne notamment avoir « explosé avec Sophos depuis deux ans », suite à la stratégie de l’éditeur de former gratuitement les équipes de ses intégrateurs. Ce qui, selon lui, prouve qu’il est possible de développer un partenariat qualitatif gratuitement.
Un élément de gestion
des ressources humaines
Pour les SSII, c’est à la fois une façon d’occuper des collaborateurs en inter-contrats, de remplir leurs obligations en termes de droit individuel à la formation, et de « récompenser » des collaborateurs. Les SSII de plusieurs centaines voire milliers de personnes ne se contentent en effet pas de certifier les deux ou quatre collaborateurs qui permettent d’avoir une certification Gold ou Platinium de tel ou tel éditeur. D’autant que la certification étant attachée à un collaborateur et non à une entreprise, mieux vaut avoir quelques certifiés supplémentaires en cas de départs…
Quant aux collaborateurs, ils sont conscients qu’une certification est un plus sur un CV et sont demandeurs. Tout le monde y gagne donc… « Cela plaît aux ingénieurs », admet Bruno Leclerc, qui indique que le sujet est désormais abordé en entretien d’embauche. « Avant, ils demandaient des tickets restaurant, maintenant ils se renseignent sur notre stratégie de certification ! »
« Les ingénieurs ont envie d’évoluer », confirme Christophe Canonne. Les formations certifiantes permettraient donc de répondre aux problématiques de gestion de carrière : pour un jeune développeur, les trois options pour évoluer sont de se diriger vers l’encadrement (chef de projet), vers le commercial ou vers l’expertise technique. Selon Lionel Grivel, chez Keyrus, 20 à 30 % choisissent l’expertise technique, « surtout en début de carrière ». Les certifications valident donc un savoir-faire et permettent de monter en compétence, de valoriser un acquis et de renégocier le salaire avec d’autres cartes en mains…
Sébastien Ricard et Lionel Grivel, qui dirigent l’activité Business Intelligence chez Keyrus estiment que dans le domaine du décisionnel, « les certifications éditeurs sont les bienvenues », dans la mesure où elles permettent de « structurer nos métiers et de tirer vers le haut l’ensemble de notre profession ». À condition que le cursus soit suffisamment difficile pour être reconnu, précisent-ils, comme par exemple pour Business Objects XI, Oracle ou SAS v.9. Ces certifications donnent également une visibilité, notamment sur Microsoft, où les 230 certifiés Gold voient un moyen de se différencier des quelque 700 qui ne sont « que » certifiés. « C’est un élément différenciant, gage de la qualité du partenariat avec l’éditeur, du savoir-faire et d’une expertise », souligne Lionel Grivel. « Cela concrétise une expérience », confirme Frédéric Melon, directeur technique chez Nord Réseaux Concept, VAR régional, certifié Microsoft Gold, Sage et Arkoon. « Avoir une compétence sur un produit sanctionné par une certification est valorisant pour ceux qui la détiennent. Elle témoigne d’un savoir-faire et par rapport au client d’une compétence avérée dans notre métier où il y a beaucoup d’amateurs », juge pour sa part Philippe Gaitte, chez RSI, revendeur intégrateur de 15 personnes, certifié Microsoft Gold, HP prefered partner, etc. « Cette qualification n’est pas contestable, c’est un vrai plus qui apporte une crédibilité et pour celui qui la détient une aisance qui apporte beaucoup ». Bémol de Bruno Leclerc, DG d’Integralis, également intégrateur dans le domaine de la sécurité qui estime que « le ROI vis-à-vis de nos clients est quasi invisible. Peu de clients nous choisissent parce que nous sommes certifiés ». Il indique que cela peut être un pré-requis dans les appels d’offres du secteur public mais que « par rapport au business de tous les jours, il n’y a pas d’affaires que nous ayons gagné parce que nous étions certifiés ».
Une double peine ?
Christophe Canonne, directeur général de Cyber Networks. Si les intégrateurs et SSII reconnaissent l’apport de la formation et de la certification technique, ils en contestent parfois le prix, soulignant que le coût est double pour eux : le prix de la formation elle-même et le manque à gagner des jours non facturés de leur collaborateur en formation. Sans compter les éventuels frais de déplacement lorsqu’il faut envoyer un collaborateur un peu loin… « La certification en ligne permettrait de gagner du temps », indique ainsi un intégrateur. Mais les certifications en ligne sont essentiellement les certifications commerciales et non les certifications techniques. Car les deux sont nécessaires pour que l’entreprise devienne partenaire Silver, Gold, Premium, ou autres appellations destinées à témoigner de la réalité d’un partenariat entre éditeur et intégrateur. Plus encore, les sociétés contestent l’aspect marketing de ces programmes et parfois l’utilité des certifications commerciales, qui se contentent dans la plupart des cas de rappeler des fondamentaux de la vente, ce qui pourrait se faire sans éditeur… « C’est un échange de bons procédés, estime Sébastien Ricard, cela permet aux équipes commerciales de se connaître et d’être sûr que son intégrateur est un bon vendeur. » Il y a quelques mois, un groupement d’éditeurs dénonçait la dérive des certifications (voir encadré) et la mauvaise adaptation des programmes partenaires aux différents profils : les opérations de génération de prospects semblant plus pertinente pour un revendeur et/ou intégrateur que pour un éditeur. Les grands éditeurs ou constructeurs ont parfois des programmes adaptés aux différentes typologies de partenaires, mais ce n’est pas la situation la plus fréquente. Ainsi, Philippe Gaitte, de RSI, souligne qu’en tant qu’intégrateur de 15 personnes qui équipe principalement des PME régionales, il suit la même formation qu’une SSII de plusieurs centaines ou milliers de personnes qui assure des déploiements à l’échelle internationale pour une clientèle de grands comptes à l’environnement technique plus complexe… qui plus est, la compétence (certification en langage Microsoft) Information Worker de Microsoft, qui témoigne des compétences d’un partenaire sur la partie poste de travail, ne comprend ainsi rien sur les compétences Office, souligne Philippe Gaitte, celle qui intéresse pourtant plus une PME que la partie travail collaboratif. Il y a toutefois certification et certification, technique et commerciale, et même dans la catégorie technique le niveau varie très fortement… L’immense majorité des certifications se fait sous forme de QCM. « Pour certaines, il suffit de faire lire la documentation à un junior », ironise un intégrateur. D’autres sont plus complexes, même sur des points qui ne sont pas particulièrement technique. Ainsi, Frédéric Melon, directeur technique chez NRC (Nord Réseaux Concept) indique que la compétence licensing de Microsoft est particulièrement ardue à obtenir : s’y retrouver dans la jungle des licences proposées est un boulot en soi, qui donne lieu à certification, pour laquelle aucune documentation n’est disponible.
Un mal nécessaire ?
Être certifié n’est finalement pas obligatoire… mais fortement recommandé à partir d’un certain volume d’affaires sur un produit, pour ne plus dépendre des interventions d’un distributeur, indique Tony Cilibrasi chez Computerlinks. « Il y a un déficit de perception de la valeur de la certification », juge Laurent Pénisson, en charge des partenaires centres de formation de Microsoft France. Selon lui, la certification valide les efforts faits par un partenaire, ou du moins son collaborateur certifié, en termes de recherche documentaire, son autonomie et sa capacité à réagir face à un problème technique. « Cela prouve l’investissement réalisé sur une technologie », confirme Keyrus. Christophe Canonne chez Cyber Networks dit comprendre la demande de certification des éditeurs et constructeurs : « Ils n’ont pas envie que nous abaissions la qualité de leur produit parce que nous ne saurions pas l’intégrer ou que nous l’aurions mal intégré. Leur réputation est en jeu, il est donc logique qu’ils cherchent à ce que nous soyons certifiés. C’est une manière de vérifier l’implication du partenaire. »
Qui assure les formations ?
 Les éditeurs assurent eux-mêmes cette formation, ou leurs distributeurs, souvent centres de formation agréés. Ils peuvent être encore spécialistes de la formation, eux-mêmes formés auprès de l’éditeur ou du constructeur et qui bâtissent ensuite leur propre offre de formation. Avec parfois encore des intermédiaires : formation dans le pays d’origine, puis au niveau régional et local, avec ou sans traduction. Cette non disponibilité de certaines formation en français peut s’avérer problématique par rapport au client final souligne Christophe Canonne, directeur général de Cyber Networks : dans l’administration ou certaines grandes entreprises, il est impératif que les formations soient assurées en français. Chez les intégrateurs, la question de la langue est moins aiguë dans le mesure où « la majorité des ingénieurs ont entre 25 et 35 ans, et ont été amenés à apprendre l’anglais », précise Christophe Canonne. « Les fournisseurs comptent sur les centres de formation des distributeurs pour avoir des formateurs en français », confirme Tony Cilibrasi, responsable de l’offre formation et certification chez Computerlinks. « Les principaux grossistes ont une valeur ajoutée sur les aspects logistique et formation », reconnaît un intégrateur Cette chaîne de formation explique des délais importants entre la sortie d’un produit et les premiers certifiés : plus de 10 mois par exemple pour Business Objects XI. Entre temps « business as usual », les projets de migration ont été menés à bien, certifiés ou non… Plus gênant, cette chaîne de formation peut parfois provoquer des déperditions de contenu. « Nous avons souvent été déçus par des formations : il y a une déperdition entre les équipes de développement et les formateurs, qui forment les formateurs américains qui forment eux-mêmes les formateurs européens », indique ainsi Fayçal Kabani, directeur des opération de 2SB, S2B, grossiste spécialisé en sécurité, qui compte une vingtaine de marques à son catalogue, certaines comme premier distributeur (Bluecoat, Intellitactics), d’autres en tant que sous-distributeur (Juniper, Checkpoint, ISS). Il privilégie donc les formations aux États-Unis, « au plus près de la source », c’est-à-dire des équipes de développement, afin de limiter cette déperdition… Et de disposer des contacts nécessaires pour éviter de passer par le circuit du support officiel. Un intégrateur confirme que certains formateurs qui viennent souvent du support en savent moins que les ingénieurs qu’il envoie lui-même en formation sur un produit, car ils ont déjà rencontré beaucoup de problèmes et ont donc été amenés à « fouiller » le produit.
Trop chères ?
Reste que d’aucuns s’indignent du prix des formations. Et de leurs variations. Les formations certifiantes durent de trois à cinq jours – souvent trois jours – et coûtent de 1 500 à 3 000 euros, indiquent un intégrateur. Avec des pointes bien plus élevées, notamment dans le domaine de la sécurité. « Sur tous les produits où il y a du hardware, cela finit par être cher », indique Tony Cilibrasi, chez Computerlinks.
La révolte
d’une association
d’éditeurs
Dans une tribune libre envoyée à la presse, il y a quelques mois, Mantel, association d’éditeurs de solutions de gestion financière des télécoms, dénonçait les certifications comme étant « le business le plus rentable (après l’exercice des brevets) ».
« Sous prétexte de validation technique, nos sociétés se voient contraintes par des équipementiers mondiaux, puis des éditeurs de logiciels de taille mondiale, de payer leur écot pour participer à de prétendus programmes marketing qui ne les concernent nullement.
Ces programmes (créations de marques ou “branding”, génération prospects ou “leads”, animation d’événements, “road-show”) peuvent concerner des intégrateurs télécoms clients, mais certainement pas des acteurs purement fournisseurs de technologie, dont le rôle est d’ajouter le savoir-faire permettant bien souvent de conclure les affaires.
Ces “certifications” se transforment en une sorte d’impôt, levé de façon régulière (par exemple, chaque année pour Alcatel, Nortel, etc.) ou imprévisible – par exemple, pour chaque nouvelle version chez Cisco Systems. Cette nouvelle taxe devra être réglée pour chaque nouvelle version de leurs produits… et, quelques fois, de nos propres logiciels ! »
Trop cher ? Les distributeurs réfutent l’accusation, arguant de l’investissement qu’ils réalisent eux-mêmes pour devenir formateurs. Tony Cilibrasi souligne ainsi que « l’investissement nous concernant est important et il n’est pas le même selon les éditeurs ou constructeurs, loin de là ». Il les chiffre de 2 000 à 60 000 euros, pour la formation des formateurs, mais également pour l’investissement en salle et en matériel. Ce qui a bien sûr des répercussions sur le prix de vente. Tout se négocie : les VAR, intégrateurs et SSII indiquent tous que le prix officiel des formations est rarement pratiqué, sauf pour le client final qui se forme à la technologie qu’il vient d’acheter… Computerlinks indique ainsi pratiquer deux fois par an des remises allant jusqu’à 50 % du prix affiché. « Tout est une question de négociation, on ne les paye pas toujours avec tous les éditeurs… », confirme Christophe Canonne.
« Je fais jouer la concurrence entre les centres de formation de Bordeaux, Nantes et Paris afin d’obtenir des remises de 20 à 30 % », indique pour sa part Philippe Gaitte. « C’est un business pour les éditeurs, je n’ai jamais réussi à avoir une formation gratuite », déplore une SSII, pourtant de taille conséquente.
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E-LEARNING Il trouve désormais sa place dans les formations Par Bertrand Garé - Copyright L'Informaticien, tous droits réservés
Dès le départ, l’e-learning a privilégié le monde de l’informatique en proposant des formations sur les outils bureautiques. Cette tendance n’a pas changé et, aujourd’hui, les formations à destination des informaticiens occupent la troisième place pour le nombre des formations en ligne. Quel que soit le sujet, il est possible désormais de trouver à se former en ligne sur des logiciels, des matériels ou des méthodes. Les contenus se sont largement professionnalisés. Les entreprises moyennes se convertissent aussi à ce type d’enseignement.
Tout doucement, l’e-learning s’impose comme une véritable méthode alternative de formation dans les entreprises et en particulier dans le milieu de l’informatique. Les raisons de cet engouement sont nombreuses. En premier lieu, le manque actuel dans certaines compétences en informatique ouvre de nouveaux horizons. Ainsi, des salariés se forment sur de nouvelles technologies pour étendre leurs compétences acquises ou se recycler sur des outils plus modernes. La formation à distance permet de réaliser cette formation au rythme de chacun sans bouleverser la vie professionnelle d’un salarié. Il lui évite des déplacements nombreux vers les centres de formation. Un sondage réalisé par la CCIP (Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris) montre que 49 % des entreprises interrogées utilisent ce mode de formation et prévoient un budget spécifique, principalement consacré à l’achat de contenu spécifique. Ce budget est même en augmentation dans les entreprises de plus de 1 000 salariés.
Les personnels formés par cette méthode sont principalement des techniciens qualifiés ou des agents de maîtrise (79 %) et des cadres. La plupart du temps, la formation s’effectue à partir du poste de travail de l’entreprise (54 %). Si ce fait indique une bonne adoption par les salariés, il implique aussi que les salariés refusent de laisser empiéter le temps de formation sur leur temps personnel. Le temps de formation est donc pris sur le temps de travail. Les principaux enseignements prodigués sont, dans l’ordre, la bureautique (59 %), les langues (51 %) et des offres de formation pour les informaticiens (41 %).
Un SICOB de la formation
Dans le domaine de la formation en informatique, Internet tourne au SICOB ou à La Samaritaine. Il est possible de trouver quasiment tout sur tout. Pas toujours sous des formes très conviviales, ni efficaces. Certains sites proposent même des contenus gratuits comme Polymorphe.org qui offre près de 150 cours informatiques sur des technologies différentes et des niveaux allant de débutant à expert très confirmé en particulier dans le domaine de la sécurité. Dans la même veine, UniversitySurf.net propose des formations sur des logiciels plus spécialisés comme des logiciels scientifiques ou bureautiques. Les universités et les écoles d’ingénieurs ne sont pas en reste et proposent des accès à leurs étudiants sur des ressources pédagogiques. Ainsi, l’Epitech, une école d’ingénieur dans les nouvelles technologies, fournit des documents accessibles à distance pour ses élèves dans le cadre d’un soutien au cours.
À côté de ces formations généralistes, les éditeurs, constructeurs et SSII proposent aussi des cursus en ligne. Les formations délivrées concernent évidemment les produits de ces fournisseurs et s’adressent principalement aux « partenaires », comprenez les revendeurs ou les intégrateurs de ces produits. Ils sont aussi utilisés pour les formations internes de ces entreprises. Ainsi, Steria prévoit dans le cadre du DIF (Droit Individuel à la Formation) des possibilités de formation diplômantes intégrées dans son programme EPass.
Les contenus sont le plus souvent plus techniques que les contenus habituels. Chez Microsoft, ils se présentent sous forme de laboratoires techniques avec des pas-à-pas sur différents produits, comme SQL Server, Exchange ou Visual Studio. Sun, IBM et Oracle ne sont pas en reste et proposent des ateliers techniques en ligne sur leurs produits ou sur des problématiques techniques précises. La fourniture de contenus spécifiques métier est aussi une tendance nouvelle dans le domaine et représentent désormais près de 31 % des contenus d’enseignement délivrés.
Une professionnalisation accrue
Autre enseignement de l’étude menée par la CCIP, les entreprises s’appuient désormais sur des partenaires pour offrir des services de formation en ligne. Elles ne sont plus que 42 % à héberger le système en interne. Un tiers des entreprises n’héberge que partiellement la solution. Dans tous les cas de figure, 62 % ont acheté la plate-forme clés en main.
Cette externalisation se complète de l’achat de contenus spécifiques à l’extérieur. Les entreprises recherchent désormais des contenus adaptés réalisés par des professionnels de la formation. Ceux-ci sont d’ailleurs de plus en plus aguerris aux techniques spécifiques de formation en ligne. Une formation spécifique (FOAD) est d’ailleurs désormais disponible. Des universités, comme Toulouse I, proposent même des cursus spécialisés dans le cadre des études en Sciences sociales. Un organisme de la CCIP, le Préau, dispense aussi cette formation. En plus du contenu, des sociétés de services spécialisés offrent des conseils ou de l’aide à la mis en œuvre. La formation en ligne représente désormais un investissement sur l’avenir dans les entreprises et se voit appliquer les mêmes règles que les autres investissements : juste prix, rentabilité et efficacité. L’appel à des spécialistes permet aussi d’avoir à gérer et à créer le contenu d’une formation. Les ressources nécessaires pour effectuer ce travail ne sont pas forcément présentes dans les entreprises, même de taille conséquente.
À la conquête de nouveaux publics
Longtemps réservé aux cadres ou aux personnels techniques, l’e-learning se généralise vers d’autres publics. Dans la grande distribution, certaines formations produit ou commerciales se font par l’intermédiaire des caisses des points de vente qui deviennent l’interface de formation dans les magasins. Selon l’étude menée par la CCIP, 29 % des entreprises interrogées forment de 11 à 50 % de leurs salariés par ce moyen : 25 % en forment plus de 50 %. Dans certaines entreprises, l’enseignement en ligne devient la norme. Les PME-PMI connaissent une forte augmentation de l’utilisation des méthodes d’enseignements en ligne. Celles-ci représentent le prochain eldorado des fournisseurs de plates-formes.
Malgré le phénomène de généralisation de l’e-learning, les enseignements en salle ne disparaissent pas et permettent de valider ou de suivre les efforts poursuivis par « l’apprenant » en ligne. Cette omniprésence de l’enseignement en ligne devrait se renforcer avec la possibilité de se former partout avec le développement de services d’enseignement « mobile ». Pourquoi pas des formations à base de QCM sur un PDA, où il suffit de cocher des cases avec un stylet et de transmettre ce questionnaire en MMS ? Technologiquement possible, ce nouveau terrain de conquête de l’enseignement en ligne devrait voir le jour assez rapidement.
LES PLATES-FORMES D’E-LEARNING
Les plates-formes se scindent en une typologie assez simple. La dichotomie se situe sur le fait qu’elles soient payantes ou non. Learning Space, Vigiportal, WebCT ou SABA sont les plus connues dans le domaine payant. Claroline.Net, Acolad, Moodle ou Ganesha sont en revanche des plates-formes Open Source gratuites. Claroline repose, par exemple, sur la stack PHP/MySql. Ces plates-formes Open Source réalisent une véritable percée. Encore créditées de 8 % du total des plates-formes utilisées en 2004, elles représentent aujourd’hui près de 21 % du marché sur un total de 250 plates-formes d’e-learning recensées.
La deuxième distinction entre les plates-formes repose sur le contenu et les compétences des formateurs et le public visé : particuliers ou entreprises.
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