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Ecoles d'ingénieurs : la voie royale ?
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ECOLES D'INGENIEURS La voie royale ! Dossier réalisé par Bertrand GARE avec Carole PITRAS et Olivier BOUZEREAU Copyright L'Informaticien, tous droits réservés
Avec la pénurie annoncée de talents en informatique, les écoles d’ingénieurs et les jeunes diplômés sont de plus en plus bichonnés par les recruteurs de tous poils. Voyage au cœur de ces écoles qui placent au mieux leurs ouailles… Pour l’instant.
Près de 200 écoles rien que sur le territoire français préparent à un diplôme très recherché : celui d’ingénieur. La plupart de ces jeunes se destinent d’ailleurs au monde de l’industrie ou des industries de pointe comme l’aéronautique. L’informatique ne vient hélas qu’ensuite. Cela provoque une véritable « chasse à l’homme » pour ces profils prisés pour leur adaptabilité et leur technicité. Soixante-quinze écoles sont habilitées à délivrer ce titre pour une équivalence de bac + 5. Mais toutes les écoles ne sont pas logées à la même enseigne !
Des écoles plus favorisées que d’autres
 Pour leurs stages, les étudiants vont de plus en plus loin. Chine et Inde font partie des destinations en vogue. L’égalité n’est pas de ce monde. Elle l’est encore moins pour les écoles. Certaines apportent quasiment une assurance d’embauche dans des entreprises appréciées. D’autres assureront aussi l’avenir de leurs protégés, mais en mettant plus de temps et sur des carrières moins rémunératrices et d’intérêt plus douteux. En tête, pas de surprises, les recruteurs continuent de privilégier les grandes écoles généralistes (X, Pont, Insa, Centrales). Elles sont des sésames qui n’assurent pas la réussite, mais qui apportent quoi qu’il arrive un bon départ pour les diplômés de ces écoles. Dans l’informatique et les télécommunications, deux écoles, Supélec et Télécom Paris, assurent le même standing pour leurs élèves.
Ensuite, seules les écoles d’ingénieurs du secteur privé et de haut niveau séduisent les recruteurs. Elles ont pris la main face aux cursus universitaires ou les centres de formations comme le Cnam. Ces positions, qui semblent actuellement bien établies, risquent de bouger un peu dans les années à venir. En effet, le manque d’ingénieurs dans les domaines informatiques va contraindre les recruteurs à s’ouvrir à d’autres profils, moins techniques, pour assurer les postes. La situation est telle que les écoles sont littéralement harcelées par les entreprises et les recruteurs. Ainsi, certaines entreprises commencent à privilégier les connaissances métier aux connaissances techniques. Elles se disent qu’il est toujours possible de former leurs salariés à l’informatique, mais qu’il est plus difficile de les former sur des métiers spécifiques. Cette tendance se retrouve surtout dans les cabinets de conseils où l’écoute et la connaissance des processus d’organisation des entreprises sont plus importantes que le logiciel ou la technologie retenue ensuite. Bref, pas de soucis à se faire, quelle que soit l’école choisie. Les recruteurs viendront vous chercher car ils auront besoin de vous… À condition de bien préparer la sortie de l’école.
Jouer avec un coup d’avance
Pour préparer au mieux son insertion dans la vie professionnelle, même si le contexte est porteur, il faut cependant bien choisir les filières, les métiers, les stages pour construire ses premières expériences et sa recherche d’entreprise. Ces choix doivent se déterminer dès le début de la scolarité, voire dès le premier stage dit « ouvrier », qui permet de découvrir le monde de l’entreprise. Le troisième et dernier stage est le plus crucial. Là, il s’agit très souvent de se montrer sous son meilleur jour, car 80 % des embauches se réalisent après celui-ci dans l’entreprise. Enfin, pour ceux qui veulent continuer leur formation ou prendre un repos bien mérité, autant que cela soit pour une expérience débouchant sur le nec plus ultra sur un CV de jeunes diplômé : la double compétence. Si votre maturité vous le permet, les petites entreprises sont plus enclines à vous donner davantage d’autonomie dès ce stage avec un projet assez valorisant. Mais les plus grandes entreprises vous encadreront mieux. Selon votre tempérament, cette nuance peut être importante pour la réussite du stage. Ce stage doit aussi démontrer votre capacité d’adaptation et votre ouverture d’esprit. En ce sens, il faut saisir les opportunités de formations à l’international. Celles-ci ne consistent pas seulement à se familiariser avec la langue de Shakespeare ! D’ailleurs le fait d’être bilingue est plus ou moins implicite pour un ingénieur. Le fait de ne pas maîtriser l’anglais peut être un véritable obstacle à votre carrière. Les destinations à la mode sont plutôt la Chine, l’Inde ou Hong Kong.
Des filières en or
 L’école Polytechnique reste l’une des préférées des recruteurs de la filière informatique. L’autre choix crucial est la filière choisie. Dans les carnets des recruteurs, l’informatique de gestion continue de bien se comporter, ainsi que les administrateurs réseau ou de bases de données. Ainsi, les filières universitaires, comme les Miage, ont une assez bonne cote auprès des recruteurs. Demain, ce seront les spécialistes de la virtualisation ou des technologies 2.0 qui seront à l’honneur. Il est donc conseillé de choisir des filières qui vous permettront de garantir votre employabilité, au moins au cours des premières années de votre carrière. Des spécialistes en Cobol sont toujours recherchés, mais leur avenir semble cependant plus sombre que celui de ceux qui se spécialiseraient sur les techniques de virtualisation des applications. Les développeurs forment toujours une cible recherchée.
Cultiver votre jardin
Les relations entre étudiants dans les écoles d’ingénieurs sont très fortes du fait d’une réelle demande de solidarité dans les équipes de projet d’études. Ces relations fortes se retrouvent aussi dans le monde professionnel. Certaines associations d’anciens élèves d’écoles sont de vraies mines à emploi – sans jeu de mots ! Travailler ce réseau social dès l’école est fondamental. Plus l’école est cotée, et plus c’est important. De la même manière, pour décrocher un bon stage, il n’est pas inutile de discuter avec ses camarades pour voir comment se passe le stage dans une entreprise donnée. Les entreprises sont souvent à la recherche de profils proches de ceux recrutés pendant les stages. La cooptation, ça marche, à condition de bien correspondre à la demande de l’entreprise. De plus, très sollicités, les étudiants n’ont que l’embarras du choix pour leur stage. Alors, autant choisir une entreprise où il se déroule dans une bonne ambiance et favoriser les aspects humains. Comme on l’a vu cela peut toujours servir !
Pour espérer quoi ?
Il arrive toujours un moment où il faut parler d’argent. Alors, qu’espérer en sortant d’une école d’ingénieurs ? Si vous sortez d’une grande école généraliste, le premier salaire avec un très bon stage et une première expérience validée peut atteindre jusqu’à 40 000 ?. Même si c’est un maximum très rarement atteint, mais il est toujours possible de négocier ! Sinon, la fourchette, suivant l’école, le stage, l’expérience s’étend de 29 000 ? à 40 000 ?. Ces chiffres sont ceux communiqués par les écoles elles-mêmes dans le tableau qui figure à la fin de ce dossier. Ils ne sont qu’indicatifs, évidemment. Les juniors avec un an d‘expérience peuvent espérer un bonus de 10 % sur ces chiffres. Ce dossier va développer tous ces points plus précisément. Jeunes diplômés ou étudiants en informatique soyez rassurés, les meilleures années sont certainement devant vous !
Des écoles vedettes ?
Sujet délicat que les écoles les plus prisées pour 2008, compte tenu de la pénurie actuelle sur les profils d’ingénieurs. Et notamment ceux désireux d’exercer ces métiers… « La concurrence est rude », reconnaît la responsable recrutement d’une grande SSII, résumant ainsi l’opinion générale…
 Certaines écoles visent à se différencier par des méthodes pédagogiques différentes. Les recruteurs se montrent donc moins difficiles quant aux diplômes par rapport aux années de crise, de 2002 à 2004. Et cherchent de plus en plus à nouer des relations avec les écoles, au-delà du traditionnel sponsoring d’association et forum emploi, en s’associant par exemple à l’enseignement, en participant à la création de mastères ou de chaires… « Nous sommes obligés de limiter », souligne Nelly Rouyres, directrice adjointe de l’ECE (École Centrale d’Electronique), par exemple sur les sessions de simulation d’entretien organisées deux fois par an, les entreprises étant très friandes de ce type de manifestations permettant de repérer les élèves à fort potentiel…
Pour recruter des profils informatiques, les entreprises, qu’elles soient utilisatrices ou prestataires (éditeur ou société de services) ne se font pas d’illusion sur leur capacité à attirer les diplômés des écoles les plus connues, Polytechnique, Centrale, Ponts et chaussées ou l’École des Mines de Paris. Elles ciblent donc, avant tout, les écoles disposant de spécialisations en informatique. Parmi les formations les plus appréciées du côté des écoles publiques, l’Insa Lyon reste une valeur sûre, de même que l’Ensimag à Grenoble, l’Enseeiht à Toulouse, l’ENST Bretagne… La liste n’est pas exhaustive. Les écoles privées ont, depuis quelques années, le vent en poupe, notamment pour celles proposant une admission post bac, avec un cycle préparatoire intégré, même si elles sont également accessibles pour le cycle ingénieur après des classes préparatoires classiques. Comme l’indiquait un président d’une école il y a quelques années, à l’ère de l’Internet, les jeunes n’ont plus envie de se couper du monde pendant deux ans en intégrant des classes préparatoires, sur des matières qu’ils ne pratiqueront pas forcément par la suite. Analyse qui ne peut que se vérifier à l’ère du Web 2.0… Citons notamment dans cette catégorie l’Isep, l’Isen, l’EISTI, l’ECE, Supinfo, l’ESIEA, l’ESME-Sudria. Parmi les écoles ne délivrant pas un diplôme d’ingénieur, mais très appréciées pour leur spécialisation informatique, figurent également l’Epita et sa déclinaison l’Epitech.
Supinfo (ex-ESI) a rendu public la semaine dernière une étude réalisée par TNS Sofres sur la notoriété des écoles spécialisées en informatique. Conclusion, elle est faible : « Les écoles d’informatique bénéficient d’une très faible présence à l’esprit auprès des entreprises de plus de 50 salariés – 6 sur 10 ne mentionnent aucune école. » Cette même étude note toutefois que « Supinfo, Epita et Insa Lyon tendent à se démarquer des autres écoles. »
Les autres écoles citées, dans des proportions cependant très faibles, sont Supelec, Polytech, l’ESIEE, les écoles des Mines, les Insa autres que l’Insa Lyon, l’INT, l’Efrei l’Epitech. Sur l’ensemble des écoles d’ingénieurs, en informatique ou non, Polytechnique dispose sans surprise de la plus forte notoriété, suivie de l’École des Mines, de Supinfo et de Supelec. Supinfo bénéficie toutefois de sa campagne de communication, qui est passée notamment par le « sponsoring » de la météo sur BFM TV, entre autres…
Cette étude TNS Sofres s’intéresse également à l’image de ces différentes écoles auprès des entreprises de plus de 50 salariés : les écoles les mieux notées sont Supelec, Insa Lyon, Polytech, Supinfo et l’ESIEA, mais l’étude souligne la faible amplitude des évaluations, entre 6,2 et 7,4 sur 10. Supelec est, sur l’ensemble des critères, l’école la mieux notée. Supinfo, Polytech et l’Epita sont particulièrement bien notées sur les capacités opérationnelles de leurs élèves. L’ensemble des écoles citées dans cette étude sont reconnues sur les compétences techniques qu’elles confèrent à leurs étudiants. Les entreprises du secteur informatique, intégrateurs ou sociétés de services notamment, contactées dans le cadre de ce dossier mentionnent volontiers l’Epita, l’Epitech et l’EISTI. Sopra cite l’ESI (désormais Supinfo) l’EISTi, l’ESIEA, avec lesquelles elle a des partenariats. Amies également les Insa, le réseau Polytech, Centrale, l’Isen, l’Enseeiht.
EDS, positionnée sur l’infogérance d’infrastructure mais également de plus en plus sur les applicatifs, s’est rapprochée de 3IL à Limoges, et mentionne également l’ESIEA. NextiraOne, intégrateur réseau, mentionne sans surprise les écoles télécom, notamment l’ENST Bretagne, l’ENIC à Lille, l’ESigelec, l’ESIEE, mais aussi l’Insa.
Keyrus, intégrateur spécialisé dans le décisionnel, a créé une chaire à l’EISTI, mais travaille également étroitement avec le Miage de Lyon. Bouygues Telecom recrute bon nombre de diplômés de l’ECE.
Des ingénieurs peu attirés par le secteur informatique et télécom… Alors que le secteur des logiciels et services prévoyait, selon Syntec Informatique, de recruter plus de 55 000 collaborateurs en 2007, dont 20 000 créations nettes d’emplois, les jeunes diplômés semblent peu attirés par ce secteur, encore très souvent associé au développement pur et dur.
Selon une étude commanditée au début de l’année 2007 par Syntec Informatique, et réalisée par Sociovision Cofremca, même les étudiants des filières scientifiques et informatiques ont une mauvaise image du secteur informatique jugé « recruteur mais qui exploite ses salariés ».
Dans son baromètre annuel Grandes écoles, TNS Sofres interroge les jeunes diplômés sur leurs attentes et l’attractivité des entreprises. Auprès des ingénieurs (36 écoles sont prises en compte) seules quelques entreprises du secteur informatique et télécom sont spontanément citées : France Telecom (4e), Accenture (11e), Capgemini (15e)… En score d’attractivité assisté, France Telecom est 12e, à égalité avec Dassault Systèmes, IBM est 19e, à égalité avec Apple, et Bouygues Telecom 24e. À noter que, spontanément, les jeunes ingénieurs manifestent leur attirance pour le secteur public (État, Administration)…
En dépit de cette défiance, la plupart des jeunes diplômés commenceront leur carrière dans l’informatique et au sein de sociétés de services. « Cela constitue une bonne école de la vie professionnelle, l’opportunité de découvrir de nouveaux environnements, de nouvelles technologies, d’être confronté à la relation client-fournisseur, de croiser beaucoup de monde et de se constituer un premier carnet d’adresses », constate Éric Ménard, Manager executive Senior, entité du cabinet de recrutement Michael Page, qui intervient sur le recrutement de jeunes diplômés essentiellement pour des entreprises utilisatrices. Pour pallier ce manque d’attractivité, Syntec Informatique multiplie les initiatives, de la création de l’association pasc@line avec les écoles d’ingénieurs aux campagnes pour faire connaître la diversité de ses métiers.
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Les entreprises apprécient l’alternance et les doubles compétences
Ce sont les grandes tendances actuelles : face à la pénurie, les entreprises privilégient les profils les plus opérationnels ayant déjà une expérience dans l’entreprise ou des compétences pointues sur un métier ou une fonction. Mais, faute de grives…
Pénurie sur tous les profils
 Il est désormais possible de se former en alternance pour devenir
par exemple un pro de l'informatique des centres de contacts. Syntec Informatique listait, début octobre, les profils sur lesquels une pénurie était constatée : pour ne parler que des profils techniques, étaient recherchés activement par les éditeurs de logiciels et sociétés de services des architectes techniques ou, en SI, des consultants fonctionnels ERP, les consultants sécurité, les ingénieurs système et réseau, les développeurs, les métiers du test et les spécialistes des environnements Java ou J2EE ; .net est également fréquemment cité. Autant dire, quasiment tous les profils…
Autre organisme mobilisé sur le sujet, le Groupement européen d’ingénierie et de conseil en technologies (Geicet), qui réunit des sociétés spécialisées sur l’informatique scientifique et technique et la R & D externalisée : Akka, Alten, Alyotech, Assystem, Ausy, Coframi, Segula Technologies, Silicomp (Orange Business Services) et Sogeti (Capgemini). Récemment créée, cette organisation a notamment pour ambition de lutter contre la méconnaissance de leur métier et la désaffection des étudiants pour les filières scientifiques.
Des métiers plus divers
que le simple développement
La plupart des entreprises déplorent la méconnaissance des métiers. Hormis ingénieur en développement, les métiers de l’ingénierie au sein d’une entreprise utilisatrice comme d’une société de services sont assez méconnus. Et surtout, les parcours possibles à partir d’un premier emploi dans le développement. Par exemple, EDS travaille actuellement à faire connaître le métier d’ingénieur de production, au confluent de l’applicatif et de l’infrastructure et les perspectives qu’il offre, souligne Catherine Humblot, DRH. Compte tenu de cet état des lieux, les entreprises qui recrutent ont certes des filières préférées, mais se montrent plutôt moins difficiles que durant les années de crise. Au sein des écoles d’ingénieurs généralistes, les filières informatiques sont bien entendu les plus appréciées des entreprises. Au sein des écoles plus spécialisées en informatique, tout ce qui touche à l’informatique de gestion est très apprécié, également l’informatique industrielle. Enfin, les compétences en informatique décisionnelle sont très prisées.
Le boom de l’apprentissage et de l’alternance
C’est l’une des principales tendances. Longtemps cantonné aux emplois peu qualifiés, l’apprentissage a gagné ses lettres de noblesse au sein des écoles d’ingénieurs depuis quelques années seulement. Les employeurs apprécient de plus en plus cette formule. « Il y a une explosion du sujet depuis environ trois ans », confirme Éric Menard, manager executive senior chez Page personnel informatique, entité du cabinet de recrutement Michael Page qui intervient sur le recrutement de jeunes diplômés. Il explique que cette formule permet à l’entreprise, à l’issue de la formation, d’avoir l’équivalent d’un jeune diplômé avec un à deux ans d’expérience et donc de mieux valoriser sa formation. « Il aura appris à se mouvoir dans l’entreprise, aura été confronté à la pression. » Une opinion partagée par Lionel Grivel, directeur général adjoint de Keyrus : « À 25 ou 26 ans, ceux qui ont été en alternance gagnent deux ans d’ancienneté et peuvent devenir consultant manager à 28 ans. » NextiraOne pratique depuis plusieurs années la formation en alternance, explique Michel Derobert, responsable du développement RH de cet intégrateur, qui recrute environ 150 personnes cette année. Les élèves ingénieurs y sont formés en alternance durant trois ans. « C’est une bonne façon de réussir l’intégration de ressources adaptées. » Le cursus d’apprentissage est bien rodé, avec passage par les laboratoires, puis le travail, encadré, sur des projets client, avant de travailler sur les plates-formes de maintenance en ligne, puis le déploiement de solutions. Les élèves peuvent ensuite choisir de se spécialiser en réseau, centre de contact, sécurité ou VoIP. EDS pratique également l’apprentissage, mais sur un ou deux ans seulement. « L’avantage est que les jeunes formés à nos métiers choisissent la plupart du temps de rester », indique Brigitte Eglem, responsable du recrutement chez EDS France. Sopra group se lance cette année seulement dans cette formule et se heurte à la complexité des rythmes d’alternance. Encore faut-il en effet que le rythme de l’alternance prévu par l’école soit compatible avec celui de l’entreprise qui privilégie les semaines entières tous les mois, ou chaque quinzaine, à des formules de deux jours par semaine en entreprise, difficiles à planifier. Toutes les écoles ne proposent pas encore de formation en alternance ou l’apprentissage, mais cela tend à se diffuser. Par exemple, l’ECE espère ouvrir une section apprentissage l’an prochain. « Cela correspond à un besoin des entreprises et c’est pour une école privée une voie de recrutement qui permet d’augmenter l’ouverture sociale », souligne Nelly Rouyres.
Des doubles compétences
très prisées
Télécom/informatique, Finance/informatique, Bio/informatique… Les entreprises, tant utilisatrices que prestataires, sont très friandes de ces doubles compétences. Des formations se développent d’ailleurs. Par exemple, Astek s’est associé à l’Efrei, afin de parrainer et d’accompagner la création d’une nouvelle filière finance pour former des ingénieurs « dotés d’une compétence se situant au croisement des nouvelles technologies et des métiers de la finance et de la banque ». L’ENST Bretagne propose un mastère spécialisé en informatique appliquée à la décision bancaire et actuarielle. L’Eisti propose six mastères spécialisés, dont un en informatique décisionnelle. En amont, cette école propose également une filière intitulée Informatique et mathématiques appliquées à la finance, qui peut déboucher sur une option Ingénierie financière. Des entreprises comme Cadextan sont très spécialisées sur la finance de marché et recrute donc ces profils rares ayant des compétences financières en plus de leur bagage technologique.
Comment s’adapte une école
aux évolutions de la demande ?
Compte tenu de la durée de formation, pas question pour une école de bouleverser son programme tous les ans pour suivre des effets de mode, et de privilégier une technologie qui sera obsolète lorsque ses élèves seront diplômés. Les écoles privées, plus sensibles à l’environnement marché et ayant un corps professoral permanent moins important, montrent davantage de réactivité.
Nelly Rouyres, directrice adjointe de l’ECE (École Centrale d’Électronique), qui comme son nom ne l’indique pas forcément propose plusieurs filières axées informatique, avec des « Majeures » systèmes d’information et réseaux, télécommunications et réseaux et systèmes embarqués, souligne que cette année l’aspect finance a été renforcé sur la partie gestion des risques et finance de marché qui impliquent des processus mathématiques.
Sinon, les évolutions de programmes concernent surtout la fin de cursus, avec les spécialisations suivantes : Réseaux haut-débit et multimédia, Wireless technologies and services, Internet Professionnel, Habitat numérique (les technologies appliquées au développement durable), Automobile et véhicules intelligents, Biométrie : identification et Sécurité, Computational finance et nanotechnologies, la dernière de cette spécialisation venant d’être créée.
Des partenariats école-entreprise
renforcés pour mieux adapter
la formation initiale
À l’heure où le débat sur l’entrée de l’entreprise à l’université fait rage, la question ne se pose plus depuis longtemps dans les écoles qui multiplient les partenariats avec les entreprises. Lesquelles, éditeur ou société de services, se bousculent au portillon. Pour un élève ingénieur ou un postulant, regarder le réseau des anciens peut donc donner une indication des débouchés possibles… Pourquoi une entreprise se rapproche-t-elle de telle ou telle école ? Essentiellement parce qu’elle compte un certain nombre d’anciens de cette école dans ses effectifs, et qu’elle estime donc que la formation y est adaptée à ses besoins. Ces différentes initiatives visent à pallier le manque de compétences dans certains secteurs. La participation à l’enseignement représente un investissement pour les entreprises, qui délèguent leurs collaborateurs pour assurer les heures de cours, avant d’accueillir les stagiaires. Mais c’est une manière d’entrer le plus tôt possible en contact avec les élèves étudiants qu’elle envisage de recruter par la suite et de détenir des diplômés plus opérationnels. Quelques exemples : Keyrus a récemment créé une chaire à l’EISTI, et EDS un mastère à l’Institut d’ingénierie informatique de Limoges (3IL). Dans les deux cas, c’est après avoir constaté qu’elles avaient plusieurs anciens de cette école parmi leurs collaborateurs. Lionel Grivel, directeur général adjoint de Keyrus, indique que dans le cadre de cette chaire avec l’EISTI, 180 heures de cours seront assurées, suivies d’un stage, la société s’étant engagée à accueillir 12 stagiaires de novembre à fin février, qui seront associés à la réalisation de projets de la phase des spécifications au déploiement. EDS pour sa part a « créé » à 3IL une UV sur l’infogérance d’infrastructure : six heures par semaine sur six semaines, plus un stage chez EDS, qui accueillera les 28 inscrits à cette UV. Sopra avait l’an dernier créé avec SAP un mastère consultant ERP à l’ESPI, une chaire à l’ESI, une à l’ESIEA et une à l’EISTI, sur le génie logiciel d’une part, architecture et systèmes d’information bancaire d’autre part. Consuelo Bénicourt, responsable du recrutement explique que Sopra group (1 700 recrutements cette année dont une moitié de jeunes diplômés) est en contact avec 110 écoles et universités. Les éditeurs ne sont pas en reste. Microsoft a sensiblement accru sa présence dans les écoles et universités depuis quelques années afin d’accroître le nombre de jeunes diplômés formés à ses outils et à ses technologies. Oracle dispose également de programmes en ce sens. Autre éditeur très présent dans les formations initiales : SAS, éditeur de solutions décisionnelles. IBM s’est également associé à plusieurs cursus pour former des ingénieurs Mainframe, dans certain cas en partenariat avec ses clients (c’est le cas par exemple pour la Banque Postale). Récemment, Novell a signé un partenariat avec Supinfo. De son côté, l’ECE a des partenariats avec Cisco, Dassault Systèmes, Bull, Oracle, Sogeti, Sopra ou Ausy, sans compter des partenariats sur des thèmes pointus comme le WiMax… Les exemples sont de plus en plus nombreux… Même sans avoir suivi l’une de ces filières, les jeunes ingénieurs ont toutes leurs chances via les contrats de professionnalisation. « Nous embauchons de jeunes ingénieurs généralistes que nous formons sur les technologies qui nous semblent pertinentes : nouvelles technologies, grands systèmes ou ERP », précise Consuelo Bénicourt.
Quelques conseils d’Éric Ménard (Michael Page) pour la recherche du premier emploi à la sortie de l’école d’ingénieurs • Exprimer clairement ses aspirations. • Être réaliste, tant dans ses prétentions financières que sur le niveau de responsabilité souhaité. Pour les jeunes diplômés, les salaires se situent entre 33 000 et 38 000 ?, en très sensible progression par rapport aux 28 000 ? des années 2003 et 2004. Démarrer à 38 000 ? n’offre pas les mêmes perspectives de progression que démarrer à 35 000 ?. « Nous observons une inflation déroutante qui peut casser une dynamique de carrière », note Thierry Mosbah, DRH de NextiraOne. • Être particulièrement honnête et transparent. Savoir gérer les sur-sollicitations avec transparence et cohérence. « Ce n’est pas simple », reconnaît Éric Ménard.
Des jeunes diplômés
pas immédiatement opérationnels
Aussi adaptées que soient les formations aux besoins des entreprises, celles-ci ne peuvent tout demander à un jeune diplômé. Elles reconnaissent que le diplôme garantit avant tout « une capacité à apprendre ». Certaines regrettent un manque de connaissance du marché et des métiers et souhaiteraient que les écoles rendent obligatoire une expérience à l’étranger, ou une année de césure pour travailler en entreprise. Être opérationnel dans l’entreprise nécessitera la plupart du temps des formations complémentaires, notamment des certifications aux solutions intégrées par l’entreprise, qu’elles soient logicielles, réseau ou sécurité : progiciels de gestion, outils d’administration, de reporting, etc. Sans compter éventuellement une formation aux méthodes utilisées, à l’heure d’une généralisation des approches qualité comme CCMI dans le domaine du développement. NextiraOne dispose d’une école technique interne, dirigée par Christian Marcelli qui forme chaque année une trentaine d’apprentis. « Lorsqu’ils arrivent, il y a une importante formation pour mettre leur savoir au service de nos métiers. Il faut les former à l’entreprise, aux clients, aux produits. » À l’issue de cette formation, 80 % des élèves sont embauchés. Chez NextiraOne, les certifications individuelles des collaborateurs portent sur les offres de Cisco et Alcatel, intégrateur réseau oblige, mais également Microsoft sur les offres communications unifiées, Genesys, et également sur les offres de sécurité Websense ou CheckPoint.
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L’international : une expérience indispensable ?
La plupart des écoles proposent de passer une partie des études à l’étranger. Est-ce vraiment nécessaire ? Comment profiter au mieux de cette occasion ? Avis de différents DRH, et d’experts des rapports avec les écoles d’ingénieurs.
Pendant longtemps, les cadres français avaient la réputation de ne parler que le français d’où un manque de représentation dans les niveaux de management important du fait de leur faible ouverture sur le monde. Depuis, la mondialisation est passée par là et les français trustent désormais les premières places dans les institutions internationales. Les écoles invitent de plus en plus les étudiants à se confronter à ce qui se passe ailleurs. Les choix vont de l’obligation de passer des périodes à l’étranger, allant de trois mois à un an, à une politique de simple incitation, en proposant un accompagnement ou une aide à la réalisation de cette expérience.
Le bon côté
de l’expérience à l’étranger
 Carole Bouxom (responsable de la filière informatique et télécom au cabinet Kobaltt) On est loin de l’ambiance de « L’Auberge espagnole », de Cédric Klapisch. Le principal but de ce stage à l’étranger n’est pas non plus de se former seulement à une langue étrangère. Comme le rappelle Carole Bouxom, responsable de la filière informatique et télécom au cabinet Kobaltt, « Le fait de parler une langue étrangère, en particulier l’anglais, est désormais implicite dans les annonces d’emplois. Les ingénieurs se doivent d’être bilingues. » Il s’agit tout d’abord de montrer des qualités d’adaptation à un contexte culturel différent. Il dénote aussi d’un sentiment de curiosité et d’ouverture d’esprit. Ces éléments doivent se retrouver dans tous les stages effectués lors de la scolarité dans les écoles d’ingénieurs. Le choix du stage est donc primordial. L’expérience internationale doit devenir un plus. Anne Meheust, DRH chez Steria, ajoute que « le stage à l’international n’est pas déterminant, il y a de très bon stages à faire en France. Mais je regarde, c’est toujours un plus. Il faut cependant que l’ensemble reste cohérent et homogène en fonction du CV présenté ». Pas la peine d’essayer de se faire plaisir à aller étudier les fourmis de Tasmanie si l’on veut devenir un administrateur réseau, même si intellectuellement cette étude peut être intéressante.. Certaines écoles sont du même avis. Télécom Paris ne rend plus obligatoire cette expérience internationale mais a mis en place une large politique d’incitation et d’accompagnement aux étudiants qui souhaitent tenter l’aventure. Ce stage peut aussi être le moment d’acquérir une autre compétence, véritable sésame pour un emploi avec feuille de paie en platine ! Les recruteurs sont friands de ce type de profils.
Pour quelle destination ?
Pour la destination, les étudiants n’ont que l’embarras du choix. Les écoles multiplient les partenariats avec les universités ou les institutions étrangères. Carole Bouxom explique : « Je ne vois pas de destination privilégiée particulièrement. » Brigitte Burette, DRH de CBL consulting, un cabinet de conseil spécialisé dans les RH sur les produits SAP, constate : « Je lis pas mal de CV avec des stages en Chine, en Inde ou à Hong Kong. Si le stage international n’est pas un critère de recrutement, on le regarde toujours car les gens ont découvert autre chose. Cela peut devenir un critère de choix mais pas de recrutement. Je m’arrête d’ailleurs sur les CV qui montrent que les gens ont pas mal vadrouillé, qu’ils ont participé à des projets, qu’ils en ont réalisés eux-mêmes, qu’ils ont vu des organisations différentes. Depuis quelques temps, je lis aussi les mémoires de fin d’étude. » Au global, l’expérience internationale n’est pas obligatoire mais peut représenter un « plus » pour les étudiants. Il est aussi l’occasion de s’ouvrir l’esprit et d’acquérir des compétences complémentaires.
Plusieurs voies parallèles
pour devenir ingénieur
Le titre bac + 5 reste un must pour débuter et progresser en informatique. Mais le diplôme n’est pas tout. D’autres profils, parfois autodidactes, font profiter l’entreprise de leurs multiples expériences.
Inutile de contacter une grande SSII si vous n’avez pas le profil adéquat. En France, elles embauchent exclusivement des ingénieurs ou des universitaires de niveau bac+5. Ce niveau de formation prédomine chez les nouveaux entrants d’Atos, Cap Gemini ou Sopra. Les géants du service informatique recrutent rarement en deçà, sauf pour leur filiale d’infogérance. « Le diplôme d’ingénieur est toujours une valeur sûre. Toutes les écoles d’ingénieurs sont valorisées par les recruteurs d’informaticiens. Ils font ce choix parce que l’ingénieur a une formation plus complète et une démarche plus structurée. Les parcours universitaires et certains DESS percent, mais de façon moins significative », compare Dominique Galet, le directeur de la division des systèmes d’information du cabinet de recrutement Michael Page. Lorsque l’entreprise est particulièrement attentive au diplôme de ses informaticiens, elle étudie même le parcours scolaire jusqu’aux classes préparatoires. Le cahier des charges du recruteur mentionne parfois : « L’ingénieur de moins de 30 ans aura fait ses classes préparatoires en dehors de l’école lui ayant délivré son diplôme. » Cette exigence concernerait une minorité d’employeurs à présent. Mais les critères de sélection restent néanmoins très stricts sur le diplôme, surtout pour une première embauche en informatique.
 Les différentes étapes et diplômes pour arriver à bac + 5 en université.
Faire carrière en dépit du sésame
Si les classes Maths Sup, Maths Spé et le titre d’ingénieur forment la voie royale, l’importance du diplôme diminue cependant, au fur et à mesure de la carrière. Un grand nombre de cadres en informatique, responsables de projets ou d’organisation du système d’information, possède un parcours atypique. Ils sont passés par une école de commerce, des stages chez les fournisseurs ou encore associent une expertise métier à leur compétence technologique ; un vrai plus pour l’entreprise.
Les doubles compétences deviennent particulièrement importantes pour exercer de nouveaux métiers comme responsable de la sécurité informatique, du respect de la vie privée, des données ou du patrimoine numérique. Parfois nommé en tant que correspondant informatique et libertés auprès de la CNIL, cet informaticien a le vent en poupe à présent : « Les besoins en la matière sont croissants, car nous sommes en retard par rapport à nos voisins européens. Or, nous sommes tenus de nous mettre au diapason », prévient Denis Beautier, professeur d’informatique à l’Institut supérieur d’électronique de Paris (Isep), responsable des formations des mastères spécialisés. Selon lui, la pression actuelle est à la fois économique et juridique et le paysage juridique est défini au niveau européen. Il convient donc de distinguer maintenant deux fonctions informatiques dans l’entreprise : « Le responsable des traitements et le Correspondant informatique et libertés ne peuvent pas être un même individu. Sinon, on s’autocontrôle ! », insiste-t-il.
De nombreux organismes sont concernés par ce nouveau besoin. Associations, collectivités territoriales et même ONG doivent surveiller les traitements et les données de leurs adhérents. L’objectif ? Établir la confiance. Nommer un Correspondant informatique et libertés délivre, en outre, un signal clair de la part du directeur général : il se soucie d’éthique à l’égard des données informatiques manipulées par ses collaborateurs. « En désignant une personne qui a toute autonomie pour démontrer que tout est clair, le manager confirme qu’on ne peut pas faire n’importe quoi avec ses données », atteste Denis Beautier.
Démontrer son potentiel humain
Entreprises et sociétés de services recrutent des informaticiens rapidement opérationnels. Si elles préfèrent l’ingénieur ou le titulaire d’un bac + 5 à l’autodidacte, c’est avant tout parce que la prise de risque leur semble moins grande. Possédant des méthodes d’analyse et de conduite de projet bien rodées, l’ingénieur s’adapte vite aux nouvelles technologies avant de les adapter à son tour aux métiers des branches opérationnelles. Il fait gagner du temps au recruteur et à chaque service de l’entreprise. Pourtant, tous les informaticiens n’ont pas décroché le prestigieux titre d’ingénieur. Des opportunités subsistent pour le technicien et l’autodidacte. À condition, toutefois, de multiplier les expériences professionnelles en informatique et de savoir en démontrer la richesse. Quels gains de productivité peut-il offrir ? Quelles connaissances techniques, juridiques ou commerciales apporte-t-il ? Puise-t-il ses méthodes de travail dans les bons livres ? La capacité de réaction et la créativité d’un technicien expérimenté peuvent faire la différence à l’heure où les résultats comptent plus que tout. Les projets actuels font souvent appel à des prestataires externes, qu’il faut coordonner. L’expérience d’encadrement devient donc déterminante. À défaut du bon diplôme, il faut démontrer aussi son potentiel humain.
Les textes de lois expriment des choix de sociétés. En Europe, le développement des technologies de l’information passe par une culture « informatique et libertés », encore récente mais néanmoins plus présente qu’aux États-Unis. Cette réflexion éthique devient plus importante à mesure que le nombre de caméras de surveillance augmente et que la traçabilité de chacun tient à l’usage modéré de sa carte bancaire. L’émergence du correspondant informatique et liberté forme donc une piste sérieuse pour l’informaticien désireux d’évoluer (lire l’encadré ci-contre). Avocats, informaticiens et qualiticiens coopèrent volontiers sur les projets d’entreprise actuels. En effet, la conformité réglementaire y tient un rôle de plus en plus important. Le volet technique de tels projets est fréquemment complexe ; et le volet organisationnel au moins autant. Délégation de pouvoirs et responsabilités précises des managers fournissent du grain à moudre aux comités de direction et aux prestataires spécialisés (avocats, conseils en sécurité informatique…).
Intérêt manifeste
pour les certifications
Sans remplacer le diplôme d’ingénieur, les certificats professionnels reçoivent un écho de plus en plus favorable au sein des entreprises. L’intérêt croît en particulier pour les solutions de sécurité, de stockage ou d’interconnexion de Cisco, Microsoft ou IBM, mais aussi pour les équipements de téléphonie IP, la convergence des réseaux, l’approche SOA et les Web services. Autres certifications recherchées : la méthodologie de gestion de projets et le déploiement de solutions Open Source, en vogue dans les collectivités locales.
Les écoles informatiques proposant des formations techniques assorties de telles certifications deviennent particulièrement prisées des recruteurs à présent. « Les certifications justifient une rémunération plus élevée. Pour les bac+2, elles forment un vrai complément de formation », reconnaît Dominique Galet, du cabinet de recrutement Michael Page. Autre parcours de formation apprécié : l’apprentissage favorise l’alternance entre les cours théoriques et la pratique du métier en entreprise. C’est un marché très porteur pour les écoles d’informatique comme pour les jeunes diplômés de la discipline. Qu’ils optent pour le DUT, la licence professionnelle, la Miage ou un autre bac+5 en apprentissage, et les voilà quasiment assurés de trouver leur premier emploi : « L’apprentissage donne une prime à l’embauche. Le candidat n’est pas jugé comme étant expérimenté, mais il est vu comme un jeune informaticien plus opérationnel que s’il avait simplement effectué un stage de fin d’études », remarque Dominique Galet. Selon lui, la formule est une recette exceptionnelle pour l’emploi car l’apprentissage signale la persévérance du candidat. En revanche, les formations en interne sont parfois intéressantes, mais leur suivi est plus difficile à établir. Les certifications ou les unités de valeurs du Cnam ont bien plus de crédit, une fois que l’on est sorti de l’entreprise. Pourtant, dans le monde des services et du conseil en informatique, les plans de formation sont vendus aux candidats comme une opportunité unique de rester au goût du jour sur les dernières technologies. Cela fait même partie d’un package attractif pour les jeunes ingénieurs. Steria et ses concurrents retiennent, au final, les mêmes arguments pour fidéliser leurs informaticiens, qu’ils soient titulaires ou non du diplôme d’ingénieur.
Un mastère pour le Correspondant
informatique et libertés La loi « Informatique et libertés » recommande un responsable de la protection des données personnelles – éventuel correspondant de la Cnil – dans chaque organisme traitant d’informations à caractère privé. Salarié ou consultant externe, cet informaticien doit détecter d’éventuelles anomalies sur les traitements et en aviser le responsable afin d’y remédier.
Or, on ne recense que 610 correspondants Informatique et Liberté en France aujourd’hui, répartis sur 1 450 organismes. Les opportunités restent donc nombreuses sur cette profession. Formé aux techniques de la sécurité informatique et au domaine juridique, le vigile des données numériques a besoin d’une double compétence. Elle est fournie par l’ISEP sous deux formes possibles : un mastère spécialisé ou une formation de quelques jours permettant de combler les lacunes juridiques ou techniques d’un administrateur déjà en poste. Pour en savoir plus sur les articles de lois et les missions du Cnil : http://www.cnil.fr/
Parfaire sa formation
durant toute sa carrière
La tendance naturelle, une fois recruté, consiste à gravir les échelons jusqu’au rang de chef de projets, puis de manager avec des responsabilités croissantes : « L’ingénieur en informatique ne devient pas expert mais de plus en plus chef d’orchestre, ou chef d’entreprise. Il ne sait pas forcément tout, mais son réseau de contacts va l’aider à apprécier la pertinence des informations rassemblées, pour décider vite et bien », observe Denis Beautier.
Dorénavant, l’entreprise recrute moins d’informaticiens au profil unique et davantage d’informaticiens pluridisciplinaires. Le Correspondant informatique et liberté endosse ainsi des missions de management, de protection des données et de formation. Il doit aussi assurer des tâches spécifiques au secteur dans lequel il évolue. Par exemple, il se mêlera de la protection du Dossier médical personnel dans le domaine de la santé, tandis que d’autres contraintes métier l’attendent dans une entreprise de la distribution ou de l’édition. Où qu’il exerce, il devra toujours sensibiliser les utilisateurs et faire partager sa culture de la transparence au sein de l’entreprise. La confiance dans l’économie numérique est à ce prix, en interne comme avec les partenaires professionnels.
En entreprise, l’informaticien devient le patron de son affaire. L’entrepreneuriat se développe donc logiquement dans les écoles d’ingénieurs. De même, l’esprit d’entreprendre doit être omniprésent chez tout candidat à ce poste. « Nous évoluons dans un monde de réseau. Il faut s’entourer des meilleurs, se mettre au diapason et vibrer avec son réseau », recommande Denis Beautier.
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Ce que vous valez réellement !
Si les étudiants en écoles d’ingénieurs ou se destinant à une carrière dans l’informatique n’ont pas trop de soucis à se faire pour se placer dans le monde du travail, il s’agit aussi de savoir quel revenu il est possible d’obtenir. Les salaires de première embauche sont substantiels, mais pas mirobolants et il y a loin entre les chiffres annoncés par les écoles et la réalité du marché.
Un point tout d’abord à éclaircir : selon les écoles et la formation suivie, les salaires à la première embauche seront différents. Viennent s’ajouter l’expérience acquise, les stages et la personnalité des candidats au recrutement. Pour cela, les recruteurs parlent plutôt en fourchettes de salaires. Dans ce palmarès les écoles dites « cibles », les grandes écoles d’ingénieurs généralistes type Polytechnique, Mines, Ponts, Télécom Paris, Supélec tiennent le haut du pavé et le haut de la fourchette des salaires à l’embauche. Suivent les grandes écoles d’ingénieurs du secteur informatique, type Supinfo, Epita/Epitech. Viennent ensuite les autres écoles du secteur informatique puis les filières universitaires. En fin de grille, les centres de formations comme le Cnam ou l’Afpa. À chaque marche de l’escalier, les salaires deviennent de plus en plus bas. Il faut donc espérer au mieux entre 25 000 et 40 000 ? pour ses salaires de première embauche.
Une différence
entre espoir et réalité
La plupart des DRH de SSII interrogés lors de notre enquête le constate, les élèves ingénieurs arrivent souvent le nez enfariné avec des chiffres loin de la réalité du marché. Si les montants demandés sont souvent des moyennes fournies par leur école, les recruteurs ne sont pas aussi généreux qu’il est annoncé. Sans compter que s’ils ont besoin de compétences, ils ne vous attendent pas comme le messie de l’informatique ! Catherine Macchia, DRH chez Osiatis, une SSII occupant une position importante sur l’intégration de système et l’infogérance, constate : « Même si la formation en école d’ingénieur est souvent plus valorisante qu’une formation classique, les candidats arrivent avec des exigences salariales parfois exorbitantes. » Il est raisonnable de garder les pieds sur terre lors du recrutement et de ne pas trop croire au père Noël.
Pas tout de suite opérationnel
Sans compter que malgré les formations reçues, les nouveaux ingénieurs ne sont pas, la plupart du temps, prêts à être immédiatement opérationnels chez le client. Annie Meheust, DRH chez Steria, précise : « Nous devons les accompagner. Recruter un jeune ingénieur, c’est vouloir le faire grandir. Il n’y a pas que le savoir-faire technique, le savoir-être compte aussi beaucoup. » Annie Meheust prévoit d’embaucher 2 000 personnes sur l’année qui vient ! Catherine Macchia d’Osiatis ajoute : « Qu’ils soient opérationnels tout de suite n’est pas le plus important. C’est quelque chose que l’on comble facilement en interne. Ce qui nous intéresse, c’est qu’ils aient la manière de penser pour travailler dans nos métiers. Nous aussi nous privilégions d’autres critères comme la personnalité, l’engagement, l’envie. »
Salaires : attention
à la partie variable
Le salaire d’embauche, qui peut sembler bas, est souvent compensé après quelques mois ou années d’expérience. Dès lors, l’ingénieur entre dans les grilles de rémunérations normales des services de ressources humaines. C’est surtout sans compter sur une partie désormais importante de salaire variable. Certaines entreprises conditionnent les rémunérations par des objectifs, des liens avec le processus de vente de certains produits. Cette partie non négligeable est souvent la partie la plus motivante du salaire et celle qui permet de gagner de gros revenus mensuels. Lors de l’embauche, plutôt que de se battre sur le salaire en lui-même, il s’agira de bien discuter des conditions de cette partie variable. Surtout qu’avec le manque de compétences actuel dans le secteur informatique, il est possible d’accéder à des positions qui n’étaient auparavant ouvertes qu’aux salariés d’expérience.
Ainsi, chez Osiatis, certains jeunes ingénieurs se retrouvent dans des postes d’avant-vente avec un accompagnement de coaching pendant un an. Une vraie chance quand on débute dans la carrière !
Le long chemin de l’école à l’entreprise
Quatre ans après sa sortie d’école d’ingénieur, Rodolphe Lavaud évolue aujourd’hui au sein d’une grande société internationale en tant qu’administrateur de bases de données, après avoir occupé plusieurs postes. Mais tout n’a pas été aussi simple depuis l’école…
Aujourd’hui, Rodolphe Lavaud est tout sourire quand il parle de son passé. Mais tout n’a pas été aussi rose depuis sa sortie de l’école d’ingénieur, l’ISAIP-ESAIP à Angers (Maine-et-Loire). Presque quatre ans au sein de la même société après avoir obtenu son diplôme, ce jeune homme fraîchement diplômé est obligé de repasser un mastère pour pouvoir obtenir le statut de cadre dans son entreprise. En effet, la grande société française qui l’emploie ne reconnaît que les statuts bac+2 (technicien) et bac+5 (cadre). Coincé entre les deux, après un BTS Informatique de gestion, option développeur d’applications, et un diplôme d’ingénieur qui lui ont donné droit à un bac+4, faire une cinquième année d’étude était quasi-indispensable pour évoluer, au niveau du statut comme à celui du salaire. C’est pourquoi Rodolphe Lavaud a repris un mastère (le MSIR « Management des systèmes d’information répartis »), jonglant désormais entre entreprise et écoles (l’Essec et Télécom Paris) pour deux ans, qu’il a préféré au fastidieux cours du soir.
Un discours « loin des réalités »
Mais son parcours n’a pas été très simple, loin des discours presque utopiques à l’école d’ingénieur. Même si sa formation lui a beaucoup plu, et qu’il serait « prêt à refaire le même choix », les réalités qu’il a apprises en arrivant en entreprise étaient loin de lui paraître évidentes. « D’une part, on nous a rabâché que nous étions les “ rois du monde ” pendant deux ans. On nous faisait miroiter des salaires mirobolants, minimum 30 000 euros par an. L’arrivée dans ma boîte m’a vite remis les pieds sur terre… Et d’autre part, personne ne nous avait réellement expliqué les réalités du marché ! » Et c’est cet écart entre les cours et la réalité que Rodolphe a mal digéré. « Personne ne nous avait parlé de la formation à une culture et à une architecture d’entreprise, de la vie avec d’autres personnes, de la manière de gérer des contraintes, sans compter toutes celles dont nous n’avions jamais entendu parler en cours ! » Sans parler du salaire. Comme de nombreuses écoles d’ingénieur, l’ISAIP-ESAIP estime les rémunérations de base pour ingénieur entre 30 000 et 40 000 ?. Après l’obtention de son diplôme en 2003, et huit mois de galères pour trouver un emploi, Rodolphe Lavaud s’est vu proposer un salaire brut annuel de 25 000 ?. Loin de ce qu’on lui avait promis lors de son cursus informatique.
Une formation internationale
Et pourtant, sa formation lui avait préparé le terrain, avec des atouts très attrayants pour les entreprises : un stage d’un mois dans une start-up près de Cardiff (Pays-de-Galles), et donc une première expérience professionnelle, ainsi que six mois de faculté en Espagne, à Grenade, lors de la deuxième année, dans le cadre du programme Erasmus. Cette appréciable expérience des langues, souhaitée par l’école angevine, a été un atout qui a fait « la différence entre moi et d’autres candidats. En plus, l’expérience en entreprise m’a beaucoup apporté, puisque les pays anglo-saxons font beaucoup plus confiance qu’en France et m’ont tout de suite donné des modules à faire, développer des pages web… J’étais plus préparé à entrer en entreprise ». Malgré tout, Rodolphe Lavaud n’a pas souhaité effectuer une année de formation supplémentaire après l’obtention de son diplôme. « L’école d’ingénieur m’avait déjà coûté 8 000 ?, et je ne pouvais pas me permettre une année supplémentaire payante », explique-t-il, un brin déçu.
ESAIP-ISAIP
un pôle ouvert à l’international Aujourd’hui, l’ESAIP-ISAIP est un réseau national d’établissements, constitué d’une école d’ingénieur sur 2 sites (Angers et Grasse), un institut supérieur sur 5 sites (Angers, Dijon, Lyon, Saint-Denis et Toulouse) et un centre de formation continue sur deux sites, Angers et Nantes. L’école propose plusieurs formations qui préparent aux métiers d’ingénieur informatique - réseaux télécoms, de chef de projet international et d’ingénieur environnement - risques industriels.
Soucieux de proposer une formation en France, mais aussi à l’international, l’école accueille des étudiants étrangers – plus de 15 nationalités –, mais fait également partie du programme Erasmus, afin de préparer les élèves aux réalités des entreprises européennes.
Les écoles construisent leurs réseaux
Toutes les écoles cherchent aussi à se différencier. Voici quelques éléments discriminants et informations pratiques glanés dans les questionnaires recueillis suite à notre enquête.
Telecom Paris vise à apporter une double compétence à ses élèves avec des partenariats avec l’ESSEC et HEC. La plupart des autres écoles font un réel effort pour les stages internationaux. L’EPITA, dans le cadre d’Erasmus, demande à ses étudiants de s’expatrier pendant 6 mois durant leur cursus. L’ENST Bretagne ne demande qu’un trimestre dans le cursus d’ingénieur généraliste. Supinfo, avec ses nombreux sites, dont certains à l’étranger, privilégie la mobilité à l’intérieur de ceux-ci et propose de cette manière de voir du pays sans changer d’école ! Le maximum est demandé par Supmeca qui exige plus d’un an (13 mois) de présence à l’étranger.
L’autre versant important de l’engagement des écoles tient dans leurs stratégies à se faire connaître des futurs élèves et des recruteurs. Les journées Portes ouvertes, qui s’étalent de janvier à juin, sont un minimum. Elles restent les manifestations les plus prisées par les écoles. La plupart des écoles propose des entretiens réguliers avec les entreprises. D’autres choisissent la présence sur des salons ou des forums d’emploi (comme le salon des Grandes écoles : du 14 au 16 décembre 2008) pour mieux se faire connaître. Dans le domaine, l’imagination n’a pas de limite. Certaines ont même des îles sur Second Life (ENST Bretagne notamment) et permettent ainsi des visites virtuelles de l’école ou de se renseigner sur les inscriptions avant d’aller sur place.
Un réseau d’anciens très structuré
Toutes les écoles ont insisté à l’occasion de notre enquête sur leur réseau d’anciens élèves. Entre annuaire et association d’anciens élèves, le réseau autour des écoles s’agrandit à chaque promotion. Certaines associations ont leur propre site comme Supmeca. Et des entreprises sont d’ailleurs tellement imprégnées d’anciens élèves d’une école qu’elles deviennent quasiment un débouché naturel des élèves de cette école. Ainsi Osiatis a eu longtemps des liens privilégiés avec l’EFREI, une école d’ingénieur à Villejuif. Cette source n’est cependant pas unique.

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