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LA FRANCE DU SOFT Bienvenue dans la French Valley ! Par Bertrand Garé - Copyright L'INFORMATICIEN, tous droits réservés
À côté d’un secteur des services florissant, le développement et l’édition de logiciels sont-ils les parents pauvres du secteur informatique en France ? La plupart des analystes stigmatisent le retard de notre pays dans ce secteur et le nombre limité de réussites au plan mondial. À écouter ces Cassandres, à part quelques exemples en trompe l’œil, l’industrie du logiciel est inexistante en Europe. A fortiori en France. L’Informaticien a voulu en avoir le cœur net et a mené son enquête.
Lors de la dernière conférence de l’AFDEL, une association française d’éditeurs de logiciels, Mathieu Pelissié du Rausas, directeur associé chez Mac Kinsey & Company, dressait un bilan clairement négatif de l’industrie logicielle européenne : « Seuls trois éditeurs européens ont un chiffre d’affaires qui dépasse le milliard de dollars, contre treize Américains… Or, l’écart se creuse entre les continents ; constat d’autant plus préoccupant que ce secteur stratégique conditionne l’avenir d’autres industries de pointe, comme l’automobile et la Défense. » Il reconnait aussi que l’Europe dispose cependant d’indéniables atouts pour revenir dans la compétition à l’avenir, si les principales causes du retard sont corrigées : fragmentation du marché intérieur et exiguïté du réservoir de talents.
L’Informaticien a voulu s’assurer de la réalité de ce sombre constat et a réalisé sa propre enquête. Nous avons adressé un questionnaire aux éditeurs français présents dans le classement Truffle 100 pour recueillir à la fois des données chiffrées (CA, effectif…) et des éléments qualitatifs, notamment les facteurs qui leur ont semblé important dans leur parcours, les moyens de financement utilisés, leur demande en termes d’emploi et de formation, leur vision par rapport à l’Open Source. Nous avons complété cet échantillon avec des éditeurs de taille plus petite pour élargir le panel et obtenir une plus large représentativité. Ainsi, les entreprises qui ont répondu vont de Dassault Systèmes, le numéro 1 du domaine dans notre pays, dont le chiffre d’affaires dépasse le milliard de dollars, à une société à 1 salarié en cours de constitution. D’un point de vue technologique, la plupart des familles de logiciels sont représentées, ainsi que la plupart des systèmes, qu’ils soient distribués ou centraux, propriétaires ou libres. Nous remercions d’ailleurs tous les éditeurs, petits, moyens et grands qui ont répondu spontanément et de bonne grâce à ce questionnaire. Cette enquête ne vise pas l’exhaustivité mais cherche à dresser un tableau le plus fidèle possible du secteur de l’édition du logiciel dans notre pays. La contre-enquête menée permettra aussi de croiser les résultats et, parfois, d’apporter de nouveaux éléments aux deux importantes enquêtes réalisées dans l’année sur le sujet par le Syntec Informatique et l’AFDEL. À part certains éditeurs, que nous avons recontactés pour exploiter leurs réponses, nous utiliserons les informations de manière anonyme dans ce dossier. Certains nous ont livré parfois des sentiments un peu « abrupts » sur la situation et ne souhaitaient pas que leur nom y soit publiquement associé.
L’industrie du logiciel
Chiffres-clés France
• 2 500 éditeurs à capitaux français ;
• l’industrie logicielle emploie 60 000 personnes ;
• son chiffre d'affaires 2005 : 7,2 milliards d’euros ;
• les dépenses en logiciel en France ont crû deux fois plus vite que les dépenses en matériel lors des dix dernières années ;
• aucun éditeur français ne figure dans les 20 premiers éditeurs mondiaux ;
• seuls 30 éditeurs réalisent un CA de plus de 50 millions d’euros et moins de 100 un CA de plus de 10 millions d’euros.
IMPLANTATIONS Et ils sont où les éditeurs ?
On pourrait s’attendre à ce que l’industrie française du logiciel soit disséminée un peu partout sur le territoire. En effet, il suffit d’avoir de la matière grise et des ordinateurs pour devenir éditeur de logiciel. Eh bien non ! Si un tissu d’éditeurs est présent dans toutes les régions, certaines d’entre elles se distinguent par une spécialisation accrue dans ce domaine. La création de pôles de compétitivité dédiés a renforcé le phénomène. Aujourd’hui, la carte de la France du Soft recouvre, peu ou prou, la carte de la Recherche et Développement dans notre pays. Loin d’être un désert comme beaucoup l’imaginent, la France est bien une terre de logiciels. Des éditeurs, souvent de taille modeste, sont présents partout sur le territoire. Cette présence diffuse s’explique pour beaucoup par l’histoire de l’industrie informatique en France. Les débuts de l’informatique dans notre pays se sont centrés sur des sociétés de services distribuant des logiciels ou des matériels venant de l’étranger. En augmentant peu à peu leurs compétences, ces sociétés de services se sont mises à développer des logiciels pour leurs clients. Quelques-uns de ces programmes ont même connu un engouement certain. Lorsque le succès était là, ces SSII sont devenues, pour une partie, éditrices de logiciels. On peut ainsi citer GFI qui, avec un pôle service conséquent, poursuit une activité d’éditeur. Il en va de même pour Sopra. Nous ne les citerons pas toutes, mais elles sont nombreuses dans ce cas.
De la SSII à l’éditeur
Avec la montée de cette activité, les sociétés de services ont séparé les activités d’édition de leur cœur de métier dans le service. Une industrie se créait avec une forte coloration régionale. Ainsi Deal, un éditeur du Sud-Ouest, créait des produits spécifiques pour les négociants et viticulteurs de la région. Là encore, on pourrait multiplier les exemples. Cette activité a connu une nouvelle révolution dans les années 90 avec l’arrivée à maturité de l’informatique de gestion. À ce moment, les éditeurs s’industrialisent pour répondre de manière générique aux besoins de leurs clients. C’est alors que se détachent des éditeurs de logiciels plus généralistes qu’auparavant, ou vers des niches très porteuses et, à l’époque, très en avance. Dans ce creuset, on trouve quasiment toutes les « stars » de l’édition logicielle française : Business Objects, Ilog… Ce changement radical de perspective perdure aujourd’hui. Le phénomène se nourrit de la coexistence de départements de recherche universitaires et du soutien d’entreprises grands comptes intéressées par les travaux de ces éditeurs et cofinançant ou proposant des ressources pour développer des fonctions plus spécifiques qui seront ensuite intégrées dans le logiciel. Cette liaison redessine peu à peu la carte de l’édition logicielle en créant des poches d’écosystèmes spécifiques autour du développement de logiciels spécialisés dans certains domaines. Un autre élément renforce la situation. Près d’un tiers des emplois dans l’édition logicielle française concerne la recherche-développement. Au minimum de niveau ingénieur, ces emplois sont souvent issus du monde universitaire. Ils ont donc tendance à conserver une proximité avec leur formation initiale, en université ou en école d’ingénieurs. Certaines métropoles de provinces s’en sortent mieux que d’autres. Ainsi, la région lyonnaise est assez importante avec de nombreux éditeurs à la tête desquels figure Cegid. Mais le gros pôle de recherche se situe davantage sur Grenoble. La façade Ouest de notre pays est plutôt consacrée au développement dans les télécoms et les réseaux. La région parisienne domine de toute sa puissance démographique et économique du fait du plus fort vivier d’éditeurs.
Une tendance à la spécialisation
Ainsi, au fil du temps des régions se sont spécialisées sur certains domaines dans l’édition logicielle. Les pôles de compétitivité (voir notre encadré) structurent désormais cet état de fait en huit zones principales regroupant financements, projets et débouchés pour ces recherches. Le principal effet immédiat est de renforcer la symbiose entre éditeur, département de recherches et grandes entreprises. Un triptyque désormais incontournable dans le lancement de nouveaux projets. Il reste encore à démontrer sa viabilité économique pour le long terme dans le développement de l’industrie de l’édition de logiciels.
Les pôles de compétitivité pour les TIC
Il y a tout juste un an, le Premier ministre dévoilait une liste de 67 pôles de compétitivité avec une enveloppe de 1,5 milliard d’euros à la clé pour soutenir les différents projets développés. Quatre de ces pôles se concentrent directement sur les technologies de l’information et de la communication. Deux d’entre eux développent des projets sur les infrastructures et les solutions d’entreprises : l’un dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur sur les communications sécurisées et l’autre en Île-de-France sur les applications pour les systèmes d’information complexes.
Un autre pôle en Basse-Normandie s’intéresse aux usages professionnels, en particulier les transactions électroniques sécurisées.
Le dernier se trouve en Limousin et Midi-Pyrénées et travaille sur les infrastructures réseau.
D’autres pôles agissent sur des usages tournés vers l’utilisateur final. Ainsi, le Nord développe des projets liés à l’e-commerce. La Bretagne se spécialise sur l’imagerie numérique. La région Île-de-France a aussi un pôle pour le graphisme et la 3D. La région Rhône-Alpes développe quant à elle des projets dans le monde du jeu vidéo.
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FACTEURS CLÉS De fortes disparités entre les éditeurs
L’édition logicielle est une industrie comme les autres ! Ainsi, s’il y a beaucoup d’appelés, et peu sont élus. Les disparités sont fortes dans ce secteur à la fois en termes de chiffres d’affaires, d’emplois et de possibilités de développements futurs. Souvent peu présents à l’international, les éditeurs français se lancent désormais dans la compétition mondiale avec certains atouts, mais aussi des faiblesses criantes. Il ne manque cependant pas d’initiative pour y remédier. Contrairement à d’autres pays européens, comme l’Italie ou l’Espagne, l’édition de logiciels peut paraître florissante en France. On pourrait la comparer à nos forêts. Comme celles-ci, elle est en expansion. Mais si de grands arbres se distinguent de loin, il existe beaucoup de taillis sous cette haute futaie…
Une forêt fertile
Avec 2 500 éditeurs répertoriés, la France fait partie des pays les plus dynamiques en termes d’édition de logiciels. Qui peut citer deux éditeurs italiens ou espagnols d’envergure internationale aujourd’hui ? Sur ce terreau assez fertile, seuls quelques éditeurs français ont gagné une place au soleil de l’international. Si à notre échelle nationale ces éditeurs font de l’ombre aux autres, ils ont aussi du mal face au gigantisme des éditeurs américains. Ainsi, aucun de nos représentants ne se classe dans le top 20 mondial. Ce phénomène peut être étendu à l’Europe avec une seule exception notable, l’Allemand SAP. Nos champions nationaux sont Dassault Systèmes et Business Objects. Certaines entreprises très pointues ont réussi à se hisser à des places respectables. Citons dans le secteur bancaire des éditeurs comme GL Trade, ou Linedata. Si le marché domestique ne suffit pas à ces éditeurs, ils profitent tout de même de son dynamisme. Selon l’AFDEL (Association française des éditeurs de logiciels), le marché des logiciels dans notre pays représente 12 milliards d’euros. Il est le troisième marché en volume en Europe, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. En gros, cela représente 6 % du marché mondial. En proportion, le marché américain concentre 45 % des achats.
Intéressant à constater : les éditeurs français ont réalisé 7,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires l’année dernière en comptant leurs ventes à l’étranger, selon des chiffres fournis dans une étude réalisée par le CXP et l’IDC pour le compte du Syntec Informatique. Jean-Pierre Brulard, sous sa casquette de responsable du Syntec Informatique pour les éditeurs de logiciels, précise que « dans ce chiffre, les éditeurs français réalisent 4,7 milliards de ventes en France. Le reste est à l’export ». On peut ainsi constater que les éditeurs français réalisent une part substantielle de leurs ventes sur le marché national et résistent bien à la concurrence étrangère. Cette constatation dépend évidemment des secteurs d’activité de ces éditeurs. Les parts de marché des éditeurs français sont cependant en baisse. Les logiciels systèmes et infrastructures représentent moins de 6 % de ce total. Les logiciels outils conservent une part de 15 %. Les logiciels applicatifs se prennent la part du lion avec 50 %. L’effet « village gaulois » est impossible à quantifier, mais il est certain que certains éditeurs jouent sur la fibre nationale pour préserver leur position sur le marché intérieur. Il est ainsi rare de voir des logiciels commerciaux étrangers dans les grandes institutions publiques françaises. Cette préférence est au mieux européenne même si elle n’est jamais clairement exprimée.
Des zones d’ombre
La faiblesse à l’international se retrouve dans les chiffres d’affaires des éditeurs. Seuls les deux grands éditeurs déjà cités dépassent 750 millions d’euros de chiffre d’affaires. Dassault Systèmes culmine à 944 millions dans les derniers chiffres annuels publiés. Derrière, seule une trentaine d’éditeurs réalisent annuellement plus de 50 millions d’euros en vente de logiciels et de services associés ; 350 d’entre eux dépassent les 5 millions d’euros. Pour Jean-Pierre Brulard, cette limite marque une vraie césure dans la structuration et le développement des éditeurs. Dans un contexte économique marqué par une forte concentration dans le secteur de l’édition de logiciels, ces faiblesses capitalistiques apportent de la fragilité dans ce secteur stratégique pour le développement de notre pays. Cette course à la taille n’a pas que des effets sur les cours en bourse ou pour gagner rapidement de nouveaux clients. Ils atteignent une taille critique permettant de financer le développement. Les volumes de vente, la taille et l’expansion internationale sont les seuls éléments permettant d’y pourvoir. Dans cette course à la concentration, les acteurs français s’illustrent aussi par des rachats importants. Dassault Systèmes a acquis l’éditeur américain MatrixOne, et Business Objects a alimenté toutes les gazettes économiques et informatiques lors du rachat de Crystal Decision. Moins connus, moins argentés, les autres éditeurs français n’ont qu’une alternative : se développer de manière indépendante ou s’adosser à des sociétés majeures du marché pour continuer leur marche en avant.
Les éditeurs cultivent leur jardin
Le fait que les éditeurs français soient peu représentés au niveau international en valeur absolue des ventes provient aussi du fait qu’ils réussissent dans des niches de marché ou des besoins métier spécifiques. Cependant, ils arrivent assez souvent à truster les premières places du podium dans leur secteur de spécialité. Ce manque de logiciel généraliste pèse aussi dans la balance. Les réponses obtenues à la suite de notre enquête démontrent que les éditeurs français sont très attachés à cette stratégie de niche plus en rapport avec leurs besoins capitalistiques, mais aussi leur permettant de rivaliser avec les grands généralistes sur des points précis. La plupart des éditeurs se placent sur des marchés considérés comme porteurs à l’avenir ou désertés par les acteurs de taille internationale, car non rentables pour de telles structures. D’ailleurs, la plupart d’entre eux annoncent que la conjoncture dans leur secteur d’activité est plutôt bonne, ou assez bonne, et sont assez confiants pour l’avenir proche. Dans ces niches, à peu près tous les secteurs du logiciel sont représentés. Il en va de même pour les technologies ou les fonctionnalités. De l’ERP au décisionnel, en passant par les moteurs de recherche ou les systèmes d’intégration, les éditeurs français sont aussi présents sur tous les marchés pour fournir des solutions aux entreprises françaises dans les environnements distribués, centralisés sur des plates-formes propriétaires ou libres. Le secteur s’appuie sur une universalité des projets afin de répondre aux différents besoins. Ce n’est pas le cas dans nombre de pays où les choix sont beaucoup plus restreints. L’étude menée pour le Syntec Informatique affine cette vision par la prédilection annoncée des éditeurs pour certains secteurs : la gestion de contenu, la sécurité, la gestion de la relation client, le décisionnel et le développement d’applications Internet. Ces secteurs recouvrent ainsi les pôles que nous avons dessinés dans notre article précédent.
De jeunes pousses prometteuses
Dans ce maquis d’éditeurs, les plus petits ne sont pas les plus mal lotis. L’étude menée pour le Syntec montre que près de 150 éditeurs, plutôt jeunes (cinq ans d’existence en moyenne) connaissent des croissances et des taux de rentabilité bien au-dessus de la moyenne : 41 % de ces 150 éditeurs affichent des résultats nets de plus de 10 % contre 25 % pour l’ensemble de la profession de l’édition de logiciels. Certains atteignent les 50 %. Les trois quarts d’entre eux comptent moins de 20 salariés et 42 % ont réalisé plus de un million d’euros de chiffre d’affaires. Ces éditeurs se caractérisent par des choix technologiques et commerciaux très innovants avec un penchant marqué pour l’Open Source. Pour une bonne part, ils ont choisi de fournir leur solution sous forme hébergée : 12 % d’entre eux ont choisi ce mode locatif. Ils ont de plus un comportement très dynamique puisque 29 % des entreprises détectées envisagent des acquisitions pour élargir leur catalogue de solutions et s’ouvrir de nouvelles opportunités en augmentant leurs revenus. Selon Jean-Pierre Brulard, « Il faut leur créer un écosystème favorable pour éviter que ces entreprises soient balayées en leur permettant d’élargir leur domaine au fur et à mesure de la croissance. »
Les facteurs clés de la réussite
Cette croissance pour de jeunes entreprises, ou de moins jeunes, repose sur des éléments tangibles. Lors de la rédaction de notre questionnaire, nous nous attendions à ce que le premier facteur clé soit la technologie ou celui de la recherche et développement, qui occupe une place prépondérante dans les ressources des éditeurs français. La réponse n’est pas celle-ci : 40 % des éditeurs mettent le marketing en avant. Pendant longtemps, les entreprises françaises n’étaient pas des spécialistes de ce domaine. Cela change peut-être. Jamal Labed, directeur général de Staff & Line, et porte-parole de l’AFDEL, a aussi sa propre explication à cette réponse étonnante : « Les cimetières de l’informatique française sont pavés de produits et technologies innovants qui n’ont pas rencontré leur public ! Pendant des années, on a rabâché que les bons produits ne suffisaient pas et que le marketing était aussi important. Que le bon produit était nécessaire mais pas suffisant. Ils se sont donc adaptés à cette donne. De notre point de vue, cette vision nous semble un peu dépassée du fait d’un élément nouveau avec des clients bien plus matures qu’auparavant. »
Prouver le concept
« Pendant longtemps, l’approche marketing a suffi pour vendre des produits aux entreprises qui ne connaissaient pas bien les outils ou les implications de leur mise en œuvre. Ce n’est plus le cas aujourd’hui avec des clients très au fait des choses et qui ne demandent pas seulement que l’on montre que la solution peut répondre à leur besoin. Il faut le démontrer avec des maquettes ou des preuves du concept. Il ne faudrait pas que le balancier aille trop loin dans ce sens du marketing, car il serait tout aussi inadapté aujourd’hui. Cet axe a été tellement important que certains financiers croyaient même que l’industrie du logiciel française allait disparaître face au rouleau compresseur du marketing américain. Cette approche est évidemment intégrée par les entreprises plus jeunes. Elles aussi ont changé. Les dirigeants de ces entreprises sont plus des gestionnaires que des techniciens ou des ingénieurs. Ils ont donc cette culture. Cependant la vente de logiciel aujourd’hui devient industrielle car les clientes achètent de manière de plus en plus rationnelle. Et sur ce terrain, les plus petits, spécialisés, peuvent tirer leur épingle du jeu car leur technologie est plus innovante que dans les grandes structures. »
Marketing et réseau commercial
L’élément clé suivant n’est toujours pas la technologie mais le réseau commercial. Les explications à cette réponse sont à peu près les mêmes que pour le marketing, mais il faut aussi y ajouter la proximité nécessaire avec les clients pour apporter un service de support et de maintenance satisfaisant. L’étude réalisée pour le Syntec met ce point en exergue. Dans les axes de développement à deux ans des jeunes éditeurs, le recrutement de partenaires distributeurs en France ou à l’international sont les deux priorités, largement devant le rachat de sociétés. Cet aspect crée d’ailleurs certains points de tension entre les éditeurs, qui ont une activité à forte marge, et leurs partenaires, issus du service dont les marges ont une tendance à la baisse. Il devient alors très tentant de se lancer dans l’aventure du logiciel pour restaurer ce taux de marge. Le phénomène pourrait trouver sa concrétisation avec les SSLL, les sociétés de services spécialisées sur les logiciels libres qui combinent leur approche service avec la fourniture de logiciels. Il reste cependant que les deux modèles, édition et service, sont pour beaucoup irréconciliables avec des intérêts antagonistes. Et que le modèle commercial classique demeure dominant. Il prend pourtant de nouvelles formes avec l’extension de la fourniture de logiciels sous la forme de services avec le mode hébergé. Ce modèle ancien issu des années de l’Internet florissant commence à prendre sa place du fait de sa maturité. Il semble aujourd’hui correspondre à un besoin et devrait connaître un véritable décollage dans les mois à venir. La technologie est l’élément suivant, en ordre d’importance, pour la réussite des éditeurs qui ont accepté de répondre. La technologie apparaît comme le vecteur de leur adaptation au marché et aux demandes de leurs clients qui désirent le plus souvent des logiciels simples d’utilisation sur des couches Internet et ouverts aux autres éléments de leurs systèmes d’information. Dans le domaine, l’Open Source commence à percer mais ne révolutionne ni ne « dynamite » les technologies traditionnelles.
La technique vient ensuite
Autre point clé de la réussite des éditeurs, les ressources humaines. La plupart des éditeurs soulignent qu’ils n’auraient pu réussir sans leurs équipes internes. Ce point est cependant plus mis en avant par les entreprises commençant à avoir une structure un peu étoffée. Dans les plus petites, le facteur est reconnu comme important mais il est consubstantiel à la structure car chacun remplit plusieurs rôles à la fois dans l’entreprise. D’ailleurs ces petites structures n’ont pas ou peu de services spécialisés dans le domaine des ressources humaines. Dans une certaine mesure cela représente un frein. Pourquoi s’engager dans une entreprise qui ne vous permet pas de progresser, qui ne reconnaît pas vos apports pour définir un plan de carrière ? Ce point peut aussi jouer son rôle dans la désaffection relative que connaît le secteur vis-à-vis des étudiants. En dernier lieu, la R & D est l’élément clé de la réussite des éditeurs français. Cette réponse est pourtant antinomique avec la place qu’elle occupe chez les éditeurs. Chez les éditeurs américains, les ressources commerciales et marketing représentent 40 % des employés. La R & D ne représente que la moitié de ce taux. En moyenne, en France, la proportion serait inverse selon le Syntec. Il est dépensé dans ce secteur près de 820 millions d’euros par an. Cela représente 2,3 % des efforts de recherche globaux de notre pays. Si cette composante n’est pas mise en avant, elle reste un pilier car tous les éditeurs insistent sur le besoin de qualité des produits et l’innovation qu’ils embarquent. Le poste reste essentiel en emplois et en budget mais perd sa prééminence dans l’industrialisation du processus de mise sur le marché des logiciels. Ces éléments devraient assez peu évoluer à l’avenir. La plupart des répondants ne changent pas la priorité de leurs choix lorsqu’on leur demande d’évoquer les facteurs clés de réussite pour leur entreprise à l’avenir. Les réponses confirment cependant la tendance perçue par l’étude menée pour le Syntec avec une place accrue pour les réseaux commerciaux qui viennent talonner le marketing.
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FINANCEMENT Des aides publiques inaccessibles
Un des problèmes de l’industrie française du logiciel est de trouver de quoi financer son développement et d’assurer sa pérennité sur le marché. Ce point critique est l’une des difficultés du moment. Même les aides publiques ou les réseaux d’aides sont mal identifiés. Et l’impulsion publique pour le secteur est mal perçue. La question du financement pour le développement à long terme de l’industrie de l’édition logicielle est un point critique pour notre pays. Il concerne en premier lieu les emplois de demain. Pour Jamal Labed, « On sait bien que les emplois de demain dans notre pays ne seront pas dans la sidérurgie ou dans le textile. » Il faut donc, pour conserver des emplois de haut niveau, permettre le développement de cette industrie, la rendre pérenne et faciliter l’entrée de nouveaux acteurs. En dehors du secteur des logiciels de gestion, éditeurs assez bien implantés sur le marché français, ou présents sur des technologies de type mainframes, la plupart des répondants à notre enquête affirme avoir connu des problèmes de financement en phase de démarrage. Ce constat démontre une césure entre les premières générations de l’informatique en France qui avaient les moyens de se développer sur leurs seules forces internes et les générations suivantes beaucoup plus fragiles. Ces entreprises rappellent aussi qu’elles sont toujours à la recherche de financements pour leur développement international ou produit. La question taraude le secteur depuis longtemps. Certaines indiquent même que la croissance organique actuelle ne peut assurer leur développement pour les cinq ans à venir. Il devient urgent d’agir à défaut de voir disparaître des entreprises et des emplois. Comme souvent dans ce cas, les entreprises se tournent vers les pouvoirs publics et les politiques d’aide. La méthode semble cependant connaître des limites.
Une politique mal comprise
La question fait quasiment l’unanimité chez nos répondants. La politique publique en direction de leur secteur est inexistante ou absolument incomprise. La plupart des éditeurs répondent qu’il n’existe pas de stratégie ou de politique industrielle appropriée pour leur secteur. Certains mettent même en doute la volonté d’en avoir une. La plupart stigmatise aussi le peu de compétence des personnes s’occupant de ces dossiers. Pourtant des efforts sont réalisés. Ils ne semblent pas toucher leurs cibles. Le point le plus concret de cette incompréhension se retrouve dans les schémas d’aide à cette industrie. Elle semble pour le plus grand nombre inefficace. Jamal Labed stigmatise ainsi « l’empilage de mesures sans rapport entre elles : Mairie, Conseils généraux et régionaux, Europe, établissements publics, réseaux. Cela représente un véritable maquis dans lequel il est difficile de se retrouver ». La demande principale pour remédier à cette situation est une remise à plat des dispositifs pour gagner en clarté et en efficacité. Le mot guichet unique est parfois lâché, mais sans grande conviction sur la possibilité d’atteindre ce but. Autre problème soulevé, la difficulté d’obtenir ce type d’aides et la complexité des dossiers à remplir pour les obtenir. Seul le système de l’ANVAR est clairement identifié par la plupart des répondants. D’autres citent encore le RNTL ou l’Inria, mais pour la plupart leur connaissance des possibilités d’aide s’arrête là. Quelques répondants citent pourtant les possibilités offertes par les autorités locales ou européennes. Deux éditeurs affirment avoir obtenu des aides (financières ou non) via des départements, un autre par l’Union Européenne.
Le recours à l’initiative privée
Devant ce manque, les acteurs de l’industrie logicielle se tournent vers les initiatives privées comme celles des capitaux-risqueurs ou des banques. Dans ce secteur, les entreprises doivent faire face à une certaine désaffection des financiers pour entrer dans l’aventure du logiciel. Les financiers deviennent prudents dans le domaine et la plupart sont persuadés qu’il est inutile d’investir dans ce secteur voué à l’échec ! Cette vision a pour conséquence un véritable manque dans le secteur de l’amorçage ou de la structuration du capital-risque dans notre pays. Des expériences comme en Israël pourraient être salutaires à analyser pour créer les conditions d’un véritable environnement de financement du secteur. Jamal Labed va dans ce sens lorsqu’il explique qu’« il faut créer les conditions favorables au développement ». L’AFDEL propose de simplifier cet accès en prenant des mesures techniques simples ; « par exemple sur le code des marchés publics. Si les éditeurs augmentent leurs chiffres d’affaires de quelques milliers à quelques millions d’euros, vous verrez les capitaux-risqueurs reviendront », ajoute-t-il. Le Syntec Informatique propose, lui aussi, un plan d’action. Jean-Pierre Brulard détaille : « 20 % des éditeurs possèdent plus de 300 000 euros de fonds propres. Pour la plupart, ils n’ont pas les moyens financiers de payer la croissance ; 50 % n’ont pas de protection sur leur propriété intellectuelle. On a donc créé un label, Pacte Croissance Éditeur, avec des partenaires financiers et juridiques pour résoudre ces problèmes pratiques. Avec quatre programmes qui fournissent des produits adaptés et immédiatement disponibles. » Il reste que ces mesures ne pourront porter leurs fruits que dans quelques temps. Si les éditeurs les utilisent. Car certaines d’entre elles sont tombées totalement en désuétude. Notamment les crédits d’impôts recherche. Des problèmes techniques de mise en œuvre – et quelques redressements fiscaux ! – limitent l’intérêt de cette mesure.
OPEN SOURCE Alternative ou concurrence ?
L’Open Source connaît un développement important dans notre pays. Comment ce secteur est-il perçu par les éditeurs ? Les résultats sont loin d’être négatifs, ce qui peut sembler étonnant du fait d’intérêts parfois antinomiques. Quelle est la place de l’Open Source aujourd’hui chez les éditeurs français ? Comment est-il considéré ? Le premier point est qu’il est perçu comme une opportunité pour la plupart d’entre eux. Ainsi, André Jeannerot, directeur marketing chez Lefebvre Software, indique : « Quand nous avons réécrit notre logiciel avec des technologies nouvelles, l’Open Source nous a permis de ne pas partir d’une feuille blanche et de gagner du temps donc de l’argent lors de cette opération. » Une minorité d’éditeurs intègrent déjà des briques Open Source dans leurs solutions. D’ailleurs, ils semblent avoir envie d’enterrer les haches de guerres de religions et n’attendent pas au coin du bois pour faire le procès du modèle. Selon Jamal Labed, « Nous ne sommes pas là pour de grands procès en sorcellerie. Notre métier est de fournir des logiciels avec de l’innovation. Cette innovation nous coûte cher et nous souhaitons pouvoir protéger cette innovation. L’Open Source ne travaille pas sur ce modèle mais vend du service autour d’un logiciel gratuit ou non. Mais aujourd’hui, avec le modèle Dual Licensing, on se demande qu’elle est la différence puisque vous payer pour le Soft et sa maintenance. »
Un stimulant pour s’améliorer
« Ce n’est pas en reversant de temps en temps des éléments pour des versions clientes gratuites que cela fait avancer les choses. Cela ressemble à beaucoup de marketing. Pour le reste, le modèle classique est toujours là. D’ailleurs, il a du bon. Il nous stimule, nous, éditeurs et nous permet une remise en cause pour devenir encore meilleurs, comme le fait l’ASP ou d’autres phénomènes. Nous voulons juste que ce débat soit clair par l’explication, car les clients aujourd’hui doivent pourvoir choisir de manière éclairée avec de la transparence sur le retour sur investissement réel qu’ils réalisent sur les logiciels qu’ils mettent en œuvre. » Ainsi, les répondants voient dans l’Open Source une alternative à laquelle leur entreprise adhère plus ou moins, mais à part dans certains secteurs comme la gestion de contenu, le « libre » n’est pas un concurrent. Sur l’adhésion à ce modèle, les choses se font plus lentement. Le principal frein identifié est tout simplement que les clients de ces éditeurs ne sont pas actuellement intéressés par ce modèle. Devant le manque de demandes client, les éditeurs ne se bousculent pas pour apporter la « vérité révélée ».
FORMATION Un secteur oublié dans les grandes filières ?
Un des signes de la santé du secteur en France est la volonté de la plupart des éditeurs d’embaucher dans les mois à venir. Cela semble rassurant ; mais quand on les interroge sur l’adaptation de la formation à leur métier spécifique, les retours se font négatifs. Le secteur de l’édition et du développement de logiciels non seulement retient ses salariés mais aussi recrute et forme. Le profil recherché est plutôt celui de l’ingénieur. C’est sans surprise. La formule d’embauche sera le CDI. Seules les entreprises en constitution ou vraiment à leur début déclarent ne pas avoir de projet d’embauche. Mais ils recherchent des partenaires ou des gens « pour rompre la solitude du créateur d’entreprise ». Il est vrai que les plans d’embauche deviennent urgents devant l’émergence de problèmes démographiques comme le Papy-boom. Jean-Pierre Brulard ajoute que « la tendance continue. L’année dernière, le secteur a créé 7 000 emplois nets. Cependant, nous constatons une désaffection pour la branche. Et d’ici 2015, 150 000 informaticiens vont partir. De l’autre côté, nous formons 10 000 informaticiens par an. Cette désaffection est d’ailleurs générale et se retrouve au niveau européen, voire mondial. Nous réalisons actuellement une étude sur la question. Elle montre un écart entre l’image du secteur et la réalité lorsque les gens y sont. Évidemment, cela provoque des tensions sur les salaires. Il nous faut donc trouver des moyens pour attirer plus de gens ». Cette recherche va se réaliser dès le vivier des écoles. Ainsi, le Syntec a mis en place le programme Pascaline qui réunit les grandes écoles et les universités. La tâche n’est cependant pas aisée. Ce programme va s’accompagner d’un renforcement de l’apprentissage et d’une ouverture plus grande à la validation de l’expérience professionnelle. Jamal Labed explique : « il n’existe même pas de code INSEE pour notre activité. Alors, pour créer des filières spécialisées ! »
Les éditeurs se prennent en main
C’est bien là que le bât blesse. Sans formation spécifique, les étudiants et les jeunes diplômés ne connaissent pas le métier de l’édition logicielle et n’ont pas les bons réflexes en sortant de l’école. La formation apportée semble donc répondre partiellement aux besoins des éditeurs avec des manques cruels dans les secteurs du test, des langues et des environnements autres que Microsoft et Oracle ! Pour apporter de l’efficacité dans la formation, les écoles proposent des formations sur les environnements les plus « utilisés ». Le phénomène s’inverse alors pour trouver des compétences sur les autres environnements. D’ailleurs, même ces environnements changent et (lire nos articles de la rubrique « métiers » dans ce numéro) déjà la pénurie de compétences menace. Les éditeurs se prennent donc en main et proposent de plus en plus des formations maisons sur le format des Universités apportant des certifications sur des logiciels ou des technologies. La solution passera aussi par le rapprochement des éditeurs avec le monde universitaire. La création d’écosystèmes entre grands donneurs d’ordres, universités et éditeurs, comme le réalisent les pôles de compétitivité ou le RNTL (Réseau national de recherche et d’innovation en technologies logicielles) peuvent apporter une certaine réponse. Il faudrait pourtant qu’il devienne aussi gratifiant d’être dans l’édition logicielle en rehaussant l’image du secteur. Sur ce point, la réflexion doit être conduite par les éditeurs eux-mêmes et personne ne pourra le faire pour eux. D’ailleurs aucun de nos répondants ne demandent l’instauration d’une filière spécialisée dans les universités ou dans les écoles d’ingénieurs. Un oubli sans doute !
Les jeunes pousses du logiciel
Les différentes études que nous citons dans les pages précédentes parlent de jeunes entreprises avec de très forts potentiels. En voici un panel limité. Elles nous semblent les plus représentatives de certaines tendances de notre dossier et commencent déjà à sortir de l’anonymat !
ADVESTIGO
La théraographie pour protéger les œuvres numériques
Advestigo est une jeune entreprise qui se place sur une niche technologique d’avenir avec un produit unique. L’entreprise protège les actifs numériques par la théraographie, le calcul d’empreintes numériques, qui permet de reconnaître les copies exactes ou approchées. La technologie permet une reconnaissance fine de matériau numérique et de l’indexation multimédia. Elle protège ainsi le capital numérique des entreprises. Dirigée par Michel Roux et Hassane Essafi, le directeur scientifique, ancien du CEA-LETI, la société Advestigo est une coqueluche des capitaux-risqueurs et lèvent régulièrement des fonds pour financer son développement. Elle développe des partenariats avec Microsoft et Thomson. Une valeur quasi sûre de réussite du fait du marché sur lequel elle se place et sa technologie.
Ravy Truchot est le dirigeant de Skyrecon. Spécialité : la protection du poste de travail. SKYRECON
Sécurité comportementale
Skyrecon est une jeune entreprise dans le secteur de la sécurité. Elle a été une des premières à se lancer dans les technologies comportementales pour protéger les postes de travail. La technologie s’appuie sur des années de développement sur la programmation kernel et l’intelligence artificielle. L’entreprise a reçu le soutien de la DGA (Délégation générale à l’armement) et de l’ANVAR. Récemment, elle a franchi une étape importante en signant un partenariat stratégique avec Microsoft qui apporte un soutien technologique et commercial. Skyrecon lutte d’ores et déjà face aux grands du secteur et connaît une réussite commerciale intéressante avec des références clients flatteuses comme la direction générale de la Comptabilité publique au ministère des Finances ou des filiales du Groupe Suez.
Damien Duchateau est le dirigeant d’INES, une petite société qui fait son chemin dans le CRM en mode ASP. INES
Le client à la demande
INES est une entreprise qui a pour particularité de s’inscrire dans la vague des applications de la gestion de la relation client en mode ASP. La solution couvre ce type de relation et la gestion commerciale. Avec 30 collaborateurs, la société a été distinguée par le CXP comme étant l’une des cinq plus consultées dans le secteur du CRM à la demande en France. Ses clients sont de toutes tailles comme la Poste, Sciences-Po, Nikon ou les Espaces SFR.
TALEND
ETL en Open Source
Cette jeune société également soutenue par l’ANVAR a développé un outil d’ETL en Open Source. S’appuyant sur la technologie des grilles de calcul, les logiciels sont écrits en Java et en Perl. Les produits de l’éditeur sont proposés sous deux formes, Open Source et commerciale pour les modules fonctionnels complémentaires. Ses principaux concurrents sont aujourd’hui Informatica, IBM et les autres acteurs dans le secteur des ETL. La technologie de Talend permet ainsi de s’affranchir de la dépendance à un seul fournisseur dans ce domaine, un point important dans l’intégration de données. La solution comporte de plus 38 000 connecteurs et un outil graphique de design des processus.
WIKIO
Le Web 2.0 mis en pratique
Après Kelkoo, Wikio. Pierre Chappaz est reparti dans le business ! Qui n’a pas entendu parler de Wikio ? Cette jeune entreprise fait déjà partie des vedettes de son secteur alors qu’elle vient tout juste de démarrer. Cet agrégateur de contenus d’information s’appuie sur les technologies du Web 2.0 pour laisser toute liberté à l’internaute de choisir les articles qu’ils souhaitent sur sa page de Wikio. Pourquoi tant de battage ? Son fondateur, Pierre Chappaz, a déjà réalisé un coup de maître en revendant son ancienne entreprise, Kelkoo.com, à Yahoo. Son modèle économique s’appuie sur les liens sponsorisés. Alors seulement une inspiration d’un certain french flair ou aurore d’une nouvelle Sucess Story ?
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