|
|
|
|
| ..:: Dossiers » Dossiers archivés » Dossiers 2006 » Mai 2006
::.. |
p. 1p. 2p. 3p. 4p. 5
VoIP - ToIP La « nouvelle » téléphonie informatique Par Olivier Pavie - copyright l'Informaticien, tous droits réservés
Chez les opérateurs comme chez les fabricants, la VoIP est le nouveau vecteur de déploiement universel des télécommunications. Si les bénéfices sont rapidement identifiés, la problématique reste de se retrouver demandeur : à qui s’adresser et pour quel niveau de prestation ? Quelques points sur la technique, l’identification des besoins et les types de prestataires existants.
La première chose qui compte pour une société – n’importe laquelle – c’est d’être joignable par le téléphone et le fax. La téléphonie est le second moyen de communication qu’utilisent les hommes après l’échange verbal direct. Quand on est issu du monde informatique, on l’oublie souvent. La VoIP offre donc une nouvelle corde à l’arc des informaticiens. Elle est aujourd’hui l’axe principal de développement de la téléphonie, et de manière plus générale, le protocole TCP/IP est celui de toutes les formes de télécommunications – entre autres. Les raisons en sont essentiellement l’interopérabilité facile avec le réseau Internet et les immenses potentiels que cela recèle en termes économiques et pratiques. Tout est possible, à tous les prix, pour tout relier, par tous les moyens, du particulier à la planète entière, en passant par tous les modes de transport possibles, terrestres, souterrains, spatiaux et sous-marins. Si on ajoute à ce formidable terrain le nombre de combinaisons de mixité qui existent, toutes les équations et tous les modèles sont possibles. Déblaiement obligatoire !
VoIP/ToIP : tout bénéfice ?
Le propre d’une nouvelle technologie qui se développe et se déploie, c’est d’apporter quelque chose au vulgum pecus. En dehors de l’aspect purement intellectuel de vouloir tout faire grâce au réseau IP, la richesse d’une solution ne se matérialise que lorsqu’elle apporte résolument de nouveaux services et une intégration rapide à moindre coût. Ce qui fait une grande partie de l’intérêt de la VoIP et de son vecteur d’image dans le public, ce sont évidemment les communications gratuites. Si cela est aisé à intégrer pour un particulier qui va en bénéficier de manière simple et quasiment sans rien modifier à son environnement domestique familier, cela l’est moins pour une entreprise. Il faut penser investissements, endettement, amortissements, etc. Dans quelle proportion la facture de téléphone va-t-elle diminuer ? Dans quelles conditions optimales peut-elle diminuer ? S’il s’agit de remplacer le matériel existant, est-ce que cela ne va pas coûter le prix de la baisse occasionnée ? La fiabilité va-t-elle être aussi bonne ? Les nouveaux services rendus grâce à cette convergence voix/données vont-ils apporter un retour sur investissement moteur de croissance ? Ces questions se posent bien évidemment mais elles peuvent aussi être inversées. Rester sur la téléphonie classique avec des contraintes de coût et de manque d’interopérabilité avec les données ne sont-ils pas une simple aberration ?
Choisir son fournisseur de Centrex IP
Pas toujours facile de choisir entre les solutions de type Centrex IP. Avant de dépouiller votre appel d’offres, voici quelques points sur lesquels il faut s’interroger :
• les postes de téléphone IP seront-ils compris dans le forfait ? Dans bien des cas il peut être préférable de les acheter (prix unitaire : environ 100 euros).
• des frais de mise en service s’ajoutent-ils aux frais initiaux de création et d’installation de votre système de ToIP ?
• pour les communications, le fournisseur propose-t-il une formule tout compris avec appels illimités vers les lignes fixes en France ou toutes les communications sont-elles facturées indépendamment du forfait par ligne ? Cette deuxième formule peut s’avérer plus intéressante. Analysez bien vos besoins !
• des frais de maintenance annuelle ou mensuelle sont-ils à prévoir en plus de la location ou de l’achat des postes IP ?
• voulez-vous récupérer des bases et combinés DECT afin de disposer de quelques postes sans fil ? Dans ce cas il faudra prévoir l’acquisition d’une passerelle spécifique (Tainet) supportant en général de une à quatre bases DECT qui seront reconnues sur le réseau comme autant de postes IP.
• pensez aussi à vous faire présenter l’interface d’administration Web de votre PABX virtuel. Elle n’est pas toujours un modèle d’ergonomie. La plupart des options avancées seront pourtant définies directement sur celle-ci : filtrage, renvois, raccourcis, transferts, boîtes vocales, musiques d’attente, etc.
|
|
Distinguer le niveau de service : ToIP ou VoIP ?
Alors que la VoIP est l’usage du réseau informatique pour créer une télécommunication, la ToIP est à la base l’adaptation du réseau téléphonique au réseau informatique (et vice-versa). Lorsqu’on travaille en VoIP, on se retrouve dans l’usage classique des logiciels, appelés Softphones, de type Skype, mais aussi MSN Messenger, Wengo et d’autres. Ce qui a été ajouté en tant que mode ToIP, c’est la possibilité pour ces outils de s’ouvrir à la téléphonie « classique » en disposant de numéros d’appels accessibles à partir des téléphones traditionnels. Ces mêmes logiciels peuvent également appeler des numéros « classiques » via cet abonnement ou quelques dîmes supplémentaires. Ces outils existent depuis l’arrivée d’Internet ou presque ; ils se sont simplement améliorés techniquement et adaptés commercialement. En définitive, le véritable terme à employer désormais, c’est la ToIP qui se charge d’être une passerelle totale et bidirectionnelle entre les réseaux informatiques à base de protocole TCP/IP et les réseaux téléphoniques. La ToIP est résolument le remplacement du standard téléphonique par une boîte à tout faire dans tous les sens du terme.
Quelles solutions pour les PME ?
Si le concept de VoIP est simple, si l’interfaçage avec la téléphonie classique n’est qu’un simple problème de passerelle, ce sont les différentes solutions d’architecture du réseau informatique et de ses passerelles qui vont déterminer les vrais services, notamment ceux qui concernent la convergence voix/données et que l’on appelle le modèle « Full-IP ». Les offres les plus communes et les moins onéreuses s’adressent principalement aux PME dans le cadre d’un quasi remplacement de l’installation téléphonique existante en passant par une externalisation via les passerelles de type Centrex IP : les boîtes sont quelque part sur un réseau qui fait office de véritable centre d’appel délocalisé capable de router tout le trafic téléphonique vers les destinataires, via une technologie réseau IP. Ce sont ces mêmes dispositifs qui servent aux opérateurs télécoms pour affecter des numéros de téléphone IP via les Livebox, Freebox et autres. La principale différence entre l’outil du particulier et celui du professionnel va alors se situer dans le trafic réseau garanti pour tel nombre de communications simultanées à qualité irréprochable, contre une solution laissant parfois à désirer (pour l’instant en tout cas) lorsqu’il s’agit de s’adresser au marché des particuliers.
Sémantique dans la profession
Pour les professionnels, les opérateurs fournisseurs de services de ce type sont appelés des opérateurs de téléphonie haut-débit car le trafic téléphonique n’est plus que du flux réseau haut-débit. Ces solutions représentent pour l’instant le gros du marché et la plus forte croissance car les positionnements prix sont les plus bas avec en général une facturation forfaitaire de la bande passante nécessaire et non plus un coût par appel. Ancré en tant qu’opérateur haut débit, B3G est actuellement un des leaders européens de ce domaine : ne travaillant qu’avec un circuit de distribution indirecte, Infini Link, Normaction et d’autres sociétés ont trouvé des accords avec l’opérateur pour s’adresser au créneau des TPE et PME. Quel que soit l’opérateur utilisé, le nom que portent ces intervenants au devant du client final, c’est celui d’Intégrateur. Celui-ci se veut être l’interlocuteur idéal pour la TPE et la PME en lui proposant d’intégrer toute la chaîne de services normalement détenue par les intermédiaires et intervenants que sont les installateurs télécom, les installateurs/intégrateurs réseau, les SSII et les opérateurs de téléphonie haut débit en voix sur IP. Un outsider comme Vivaction, lui aussi opérateur de téléphonie IP, utilise jusqu’au satellite pour relier directement en accès direct et avec un numéro national des centres d’appel délocalisés (« offshore ») sur d’autres pays comme cela a par exemple été fait pour son client Center Value, au Sénégal. Ipnotic-telecom se positionne comme opérateur global de télécom en voix sur IP en commercialisant directement ses offres auprès des entreprises. La téléphonie sur IP est incontournable dès lors qu’il s’agit de moderniser une installation ou d’en créer une de toute pièce. Interfacée au réseau informatique « standard » de l’entreprise, elle offre le bénéfice de totalement supprimer un déploiement d’un réseau dédié téléphonie. Le Centrex IP se veut être la solution solide actuelle en attendant les services de voix/donnée et de mobilité Wi-Fi.
Les étapes de l’installation d’un Centrex IP
1. Vérifiez en premier lieu votre câblage réseau. Il doit être homologué catégorie 5 et supporter du 100 Mbits/s de bout en bout. Préparez votre plan de câblage. Il est recommandé de connecter chaque poste IP sur une prise LAN directement reliée à un switch unique lui-même directement relié au routeur dédié réseau ToIP. Évitez les mini switchs installés dans les bureaux. La présence d’un seul commutateur au niveau du brasseur central est préférable. Pour la même raison, il vaut mieux ne pas chaîner plusieurs postes IP sur la même prise LAN.
2. La première étape de l’installation consiste en la commande par l’opérateur ou l’intégrateur choisi de deux lignes ADSL ou mieux SDSL (une principale et une de secours).
3. Après la mise en service du XDSL, le fournisseur vous livre et installe routeurs (un pour chaque ligne), postes IP et éventuellement passerelle DECT. Chaque poste est reconnu sur le réseau par son adresse MAC (à laquelle est associée par votre fournisseur un numéro de téléphone). Ainsi, même si vous déplacez un poste IP d’un bureau à l’autre, il garde son numéro quelle que soit la prise LAN à laquelle il est raccordé.
4. Votre fournisseur pourra également demander un portage des anciens numéros de vos lignes Numéris vers les nouvelles lignes IP. Un délai de deux semaines est à prévoir. À la date prévue, il suffira de définir les correspondances entre anciens et nouveaux numéros via l’interface Web du Centrex IP.
|
Téléphonie sur IP : construire son système de ToIP
La ToIP, c’est du réseau à qualité de services. Matériels et logiciels doivent tirer parti les uns des autres pour assurer la qualité des communications, et ce, quelle que soit leur origine interne, externe, nationale et internationale. La qualité de l’architecture et des matériaux employés est primordiale.
Chaque maillon faible d’une chaîne s’avère être un risque pour son intégrité. Dans la téléphonie sur IP, il n’y a pas pire que d’héberger un seul maillon faible : tout doit assurer la qualité de services. Il y a des points clés relativement simples à comprendre, mais pas forcément faciles à identifier dans les services de celui qui sera votre interface. Tâchons d’y voir plus clair.
La liaison IP
En termes d’analogie avec ce qui est facile à imaginer, j’établis ici un parallèle entre le DECT (Digital Enhanced Cordless Telephony) et le réseau. Ainsi, 32 kbps, c’est ce qu’autorise un canal de voix numérique sur la base de la technologie numérique DECT. C’est une excellente qualité pour de la téléphonie. On parle de ce canal comme étant Full Duplex (bidirectionnel permanent). Toutefois, cette bande passante intègre les protocoles de correction d’erreur au sein du fonctionnement de l’échange vocal, mais pas la gestion des canaux qui est opérée en surcouche entre la base et les terminaux. Pour compter large, il faut ajouter 20 % de débit en plus pour se garantir une bonne qualité globale. Ainsi, pour revenir sur le réseau et les liaisons numériques IP, sur 256 kbps garantis en SDSL, vous avez la possibilité d’envisager l’équivalent de 6 à 7 communications simultanées de très bonne qualité, comme si vous disposiez de 6 à 7 lignes de téléphone. Pourquoi le SDSL ? Tout simplement parce qu’il offre une liaison symétrique facile à exploiter en Full duplex garanti. La solution pour une PME est de se pencher vers la solution de la connexion mixte SDSL/ADSL, solution préconisée par certains opérateurs pour satisfaire à la fois aux besoins en Internet « classique » et en ToIP.
SIP, H323, MGCP et les autres Les standards de VoIP s’appellent SIP (Session Initiation Protocol), H323 et MGCP. Il y en a d’autres. Le plus largement déployé et qui se positionne actuellement comme « leader » du marché, c’est SIP, Session Initiation Protocol, un standard international qui virtualise intégralement le numéro de téléphone sur le réseau. Cette virtualisation du numéro offre la possibilité de l’exploiter commercialement de nombreuses manières, depuis l’authentification matérielle par un poste téléphonique IP ou un simple boîtier à connecter au réseau jusqu’au simple logiciel client sur un terminal Smartphone ou Portable PC. SIP est amené à s’imposer du fait de son mode de fonctionnement très simple qui initie les conversations avec des commandes en texte ASCII. Avec cette ouverture, SIP est bien placé pour se positionner sur le marché de la visiophonie.
Passerelle IP et réseau
À l’intérieur de vos locaux, derrière le modem DSL (voire derrière une liaison spécialisée louée si vous avez opté pour cette option), il y a le réseau et ses contraintes d’utilisation. Les débits du protocole exploité pour la VoIP doivent être garantis et réservés. Sur un réseau bien dimensionné et moderne, comme on peut aujourd’hui le faire avec une technologie Gigabit Ethernet sur cuivre (voire sur fibre), il ne doit pas y avoir trop de soucis pour router le trafic d’une PME et gérer moins de 10 Mbits de ToIP, à condition toutefois d’utiliser le réseau avec des répartiteurs de type switch, voire de switchs administrables. Pour les réseaux modernes, les switchs peuvent intégrer la gestion du protocole 802.3p qui gère la priorité du trafic réseau et offre la possibilité d’optimiser directement le trafic Voix sur IP. Dans la même veine, il existe des switchs et passerelles qui peuvent identifier certains téléphones IP par leur adresse MAC comme étant des appareils de VoIP et ainsi optimiser instantanément leur gestion sur le réseau. C’est par exemple le cas de certains équipements commercialisés par 3Com.
Le Wi-Fi oui, mais pas systématiquement
Christian Megard, responsable offre Data – Réseaux & Télécoms, AMEC SPIE Communications
AMEC SPIE Communications se positionne comme une société de services pour la PME/PMI et le grand compte (65 000 clients en France) dans la chaîne du système d’information, en intervenant depuis le système de câblage jusqu’à l’hébergement d’applications au sein de l’entreprise, en passant par les infrastructures réseaux et télecoms et le poste de travail. L’applicatif métier n’est en revanche pas son rôle et reste l’apanage des SSII. Pour Christian Mégard, « On peut tirer trois grands constats sur l’état du marché de la voix sur Wi-Fi. Premièrement, les déploiements en téléphonie mobile au sein de l’entreprise restent encore très ciblés sur l’usage du DECT ou de passerelles DECT vers les IPBX. Deuxièmement, le déploiement de la voix sur Wi-Fi n’est pour l’instant réellement envisagé que dans le cas où il existe en amont un projet de convergence IP et/ou de Wi-Fi “data”. Et troisièmement, on ne voit pas encore de projet guidé et initié par un intérêt applicatif, qui aboutirait vers une pure solution Voix sur Wi-Fi. Néanmoins, les nouvelles offres de Cisco (unified communications) et de Nokia (terminaux mixtes GSM/Wi-Fi – prévus pour juin) devraient commencer à changer la donne. » Skype pour la TPE et la petite PME
Skype se trouve être une alternative intéressante pour la TPE et la PME de moins de 10 personnes. D’installation facile sur des PC sous Windows et Linux, Macintosh ou Smartphones sous Windows Mobile, Skype est un client VoIP universel gratuit qui peut aussi se faire adjoindre des “contrats de flotte”. En effet, il est possible de payer des services pour des numéros de téléphone équivalents SIP qui peuvent appeler des téléphones de tous types et recevoir des appels directement du réseau ou de téléphones divers et variés. Autre intérêt de Skype : lorsqu’un équipement est connecté avec un identifiant sur le réseau, un autre appareil ou autre client peut lui aussi être connecté avec le même identifiant et ainsi permettre d’utiliser par exemple un terminal Wi-Fi dans sa poche indifféremment du logiciel installé sur un Windows Mobile ou un PC sous Windows. Il est à noter que les grosses sociétés n’aiment pas l’usage de Skype en raison de son mode de fonctionnement de type Peer to Peer consistant éventuellement à servir de passerelle relais avec d’autres clients skype n’ayant rien à voir avec les utilisateurs connectés (sorte de fonctionnement Mesh relativement gênant sur de gros réseaux que l’on veut absolument sécuriser au maximum).
|
Alimentation POE
Les téléphones IP que l’on branche où on veut sur le réseau gagnent bien évidemment en souplesse et autonomie lorsque le réseau diffuse le POE (Power Over Ethernet). Cette norme y trouve une grande partie de sa justification. Elle se pose en évolution très intéressante à prendre en compte en cas de nécessité de moderniser le réseau et en impératif pour une création. Le POE offre en effet l’alimentation électrique directe des postes téléphoniques sur le réseau sans nécessiter le déploiement du 220 V. La tension de 48 V du POE est diffusée dans le réseau via les switchs et hubs compatibles avec la norme. Avec la téléphonie sur IP, ce sont les téléphones qui se branchent, tout comme certains petits hubs, des AP (points d’accès Wi-Fi), certaines caméras IP, etc. En cas d’utilisation du POE de manière quasi systématique, il est important de faire attention à bien penser à la consommation effective de tous ces équipements. Il est ainsi possible de raccorder une alimentation externe sur certains switchs. Cette possibilité s’avère salutaire lorsque vous utilisez des switchs à 32 ou 48 ports POE en format Rack 1U. L’utilisation du CPL couplé à un réseau Ethernet est une opportunité complémentaire de déploiement du réseau par les prises électriques sans utiliser de câbles spécifiques.
Les normes audio
Les équipements de VoIP répondent à des critères de flux audionumériques dont le débit oscille entre 20 et 110 kbps. Le G711, sans compression, occupe 64 k de base. Avec le reste de la couche réseau et des données nécessaires aux corrections d’erreur, gestion des paquets, etc, il varie au final entre 90 à 110 k. Le G729a, très compressé oscille quant à lui entre 15 et 20 kbps avec un une section audio qui n’occupe de 9 kbps. Les évolutions des réseaux, leur optimisation ainsi que les augmentations de bande passante de plus en plus disponibles en intranet poussent les ingénieurs à essayer de nouveaux axes de développement de la VoIP interne vers une qualité nettement améliorée de l’ordre de 128 kbps rien que pour le signal audio compressé (de type MP3). Ceci n’est encore qu’au stade expérimental, mais montre combien il est illusoire de se dire que tout est joué.
Qualité de service
En dehors des normes et des possibilités de gestion de ToS (Type of Service) sur le réseau, il n’est pas toujours évident de garantir un flux de qualité sur le réseau, surtout quand il est utilisé par de nombreuses applications répondant à des besoins très variés de gestion administrative et commerciale, de marketing, de communication, de production, etc. Si le réseau est ainsi exploité, il est difficile de remettre en cause tout son fonctionnement. Dans ce cas, il y a la solution d’analyser les flux et de les réguler en fonction des besoins. Allot Communications est un des acteurs dans ce domaine et propose des boîtiers, appelés NetEnforcer, capables d’analyser les flux pour ensuite se servir du reporting afin de calibrer le réseau pour l’ensemble des applicatifs. La panoplie d’analyse est impressionnante et porte jusqu’à la possibilité de reconnaître des signatures de flux cryptés par une méthode d’analyse comportementale.
Ce qui va transformer le Wi-Fi pour la VoIP
Sébastien Broute, consultant réseaux, 3Com France
« Par son efficacité, le Wi-Fi s’est imposé sur le marché du sans fil dans l’entreprise avec les applications data et l’accès à Internet. La mobilité pure était assez réduite puisque l’utilisateur se servait de son accès sans avoir à se déplacer sans arrêt. La première grande utilisation ayant nécessité une adaptation du Wi-Fi à une vraie mobilité fut dans les hôpitaux : les Tablet PC servant à la gestion des dossiers médicaux des patients se trouvaient toujours en situation de mobilité sur de grandes distances. C’est là qu’un protocole d’échange rapide de point d’accès à point d’accès, l’IAPP (Inter-Access Point Protocol), est identifié sous la norme 802.11f. Le fast roaming est ensuite arrivé avec les contrôleurs Wi-Fi pour un roaming plus rapide et inférieur à 300 ms.
Dans ce contexte, pour la VoIP, il manque encore la QoS (Quality of Service) qui va successivement être amenée par la norme Wi-Fi Multimedia puis la norme 802.11e qui intègrera en plus la gestion d’énergie et le contrôle de disponibilité de service. Avec une modification de la couche physique, Wi-Fi Multimedia va offrir 4 niveaux de priorité (priorité des trames basés sur les temps d’attente, ce que l’on appelle le scheduling) dont le premier sera celui réservé à la VoIP. Il n’est pas certain que les AP (Access Points) puissent être tous mis à jour avec le support de Wi-Fi Multimedia en raison d’un problème de buffering et donc de mémoire nécessaire pour temporiser les flux non prioritaires. »
Sécurisation MPLS sur VPN
La principale sécurisation des flux de VoIP passe aujourd’hui par l’usage du MPLS (Multiprotocol Label Switching) dans des VPN. Le MPLS permettant d’encapsuler toutes les informations IP de toutes origines choisies, le VPN permet de les transporter de manière sécurisées. De façon à garantir la qualité du trafic, passant éventuellement par Internet, contre des agressions multiples y compris la saturation de requêtes ping par des logiciels pirates implantés sur des serveurs disséminés sur Internet, il est possible d’implémenter des systèmes de leurres qui limitent la bande passante des ports sur lesquels les attaques ont lieu de façon à garder la meilleure bande passante pour le service. Cette technique évite que les systèmes pirates ne déploient de nouvelles attaques et fait de plus croire à l’attaquant qu’il a réussi la saturation !
Les normes Wi-Fi
• 802.11b : 2,4 GHZ à 11 Mbps
• 802.11a : 5 GHz à 54 Mbps couverture plus
• 802.11g : 2,4 GHz à 54 Mbps
• 802.11e et Wi-Fi Multimedia : Wi-Fi Multimedia une sous-catégorie des spécifications de QoS contenues dans 802.11e.
• 802.11i : norme de sécurisation. Les spécifications de 802.11i sont entièrement déployées dans les équipements compatibles WPA2.
• 802.11n : nouvelle norme qui exploite, entre autres, les avantages de la technologie MIMO pour améliorer le débit de Wi-Fi pour le porter à plus de 400 Mbps (environ 150 Mbps en réel dans les 15 m).
• MIMO : acronyme de Multi Input-Multi Output , ce qui signifie « plusieurs entrées-plusieurs sorties », se matérialise comme étant une technologie implémentée dans certains points d’accès dans lesquels plusieurs antennes assurent un meilleur passage des ondes dans tous les sens possibles, tout en utilisant jusqu’aux rebonds de celles-ci sur les murs. Avec MIMO, la meilleure qualité n’est plus forcément la ligne droite entre le client et le point d’accès.
Les services Voix données vont commencer à se déployer
Laurent Dugimont,
responsable Windows Mobile chez Microsoft France
« Microsoft propose d’ores et déjà plusieurs services et serveurs qui se préoccupent d’offrir de nouveaux services via des terminaux qui fonctionnent sous Windows Mobile. Microsoft Office Communicator Mobile autour d’une plate-forme Live Communication Server, offre un système de messagerie mobile unifiée, véritable pilier de la communication nomade de l’entreprise. Microsoft Office Communicator fonctionne avec des terminaux mobiles GSM pouvant intégrer Wi-Fi et UMA (Unlicensed Mobile Access), ce qui permet une utilisation plus large des services “données” et offre aussi une plate-forme à n’importe quel client VoIP/ToIP sous Windows Mobile, en mode SIP ou autres. En outre, Windows Live Server peut être interfacé avec des proxy SIP qui peuvent se connecter vers des PABX d’origine Nortel, Cisco, Avaya, Siemens, etc. Microsoft participe également au développement du téléphone Wi-Fi domestique de France Telecom baptisé Livephone et apporte son expertise données pour les terminaux IP. De manière générale, Microsoft accompagne des opérateurs dans le développement des SoIP (Services over IP). La convergence voix/données n’en est qu’à ses débuts. »
|
Asterisk, le PBX-IP Open Source Par Alain Baritault - copyright l'Informaticien, tous droits réservés
À la conférence VON dédiée à la voix sur IP qui s’est tenue à San Jose en Californie, le stand Asterisk regroupait une quinzaine de partenaires fournisseurs d’applications et d’outils originaux pour enrichir ce système logiciel IP-PBX Open Source.
Pour la société d’analyse Dell’Oro, il y a trois catégories de IP PBX (Private Branch Exchange) : les systèmes traditionnels qui commutent les appels en s’appuyant sur des circuits TDM (Time Division Multiplexing) ; les IP PBX à base de voix sur IP qui « packetisent » la voix et la commutent via un LAN/WAN utilisant Internet ; les PBX hybrides de type IP/TDM qui supportent à la fois une commutation TDM et le système de routage IP. Techniquement, l’atout d’un IP-PBX est le support du standard SIP (Session Initiation Protocol) de voix sur IP qui permet l’intégration de services vocaux et vidéo avec l’ensemble des procédures de traitement des appels sur Internet, et le support d’une interface Web services qui permet l’intégration avec les applications Web. L’IP PBX est l’outil parfait de convergence voix-données-vidéo et les analystes prévoient que le marché mondial des IP-PBX atteindra une valeur de 2 milliards de dollars en 2010 alors que le chiffre d’affaires réalisé par la voix sur IP passera de 1,24 milliard de dollars en 2004 à 23,4 milliards de dollars en 2009, soit un multiple de 18. L’idée de Mark Spencer, le créateur d’Asterisk il y a 6 ans, fut de développer un logiciel gratuit d’IP-PBX en Open Source qui puisse s’installer sur un simple PC muni de cartes d’extensions PCI et d’un système Linux, BSD, Windows ou Mac OS X (lire article paru dans l’Informaticien n° 27). Ce logiciel est compatible SIP mais comporte aussi son propre protocole de voix sur IP appelé IAX, qui n’est pas un standard mais semble présenter quelques avantages sur SIP dont une plus grande simplicité. L’intérêt d’Asterisk est une baisse considérable des coûts d’équipement puisqu’un PC reconditionné peut faire l’affaire et offrir plus de fonctionnalités qu’un classique central téléphonique d’entreprise. Il est suivi d’une réduction sensible des coûts de fonctionnement grâce à la voix sur IP. Digium, (anciennement Linux Support Services) dont Mark Spencer est président et fondateur, gère le processus Open Source du logiciel Asterisk et propose en même temps des solutions commerciales hardware et logicielles basées sur ce logiciel gratuit. La société a mis en place un programme de partenariat et de certification des produits autour d’Asterisk. Cependant, la certification Asterisk d’un produit n’est pas gratuite et chaque contrat est négocié en fonction du type de produit. Selon Kevin Fleming, Senior Software Engineer de Digium, Asterisk connaît un vif succès dans les PME européennes malgré le faible niveau d’activité marketing de Digium. L’une des activités les plus développées chez les partenaires est d’offrir des solutions d’installation clés en main ou des solutions de migrations graduelles pour les entreprises. Certaines solutions verticales commencent à apparaître.
UN IP-PBX EN FONCTIONNEMENT POUR 1 000 DOLLARS
Anciennement appelée Four Loop Technology, la société Switchvox a développé un système complet d’IP-PBX Asterisk particulièrement destiné aux PME, dont le coût est de 1 000 dollars, quel que soit le nombre d’utilisateurs. La plupart des systèmes IP-PBX sont vendus au nombre d’utilisateurs et ont une montée en charge coûteuse au fur et à mesure que l’entreprise recrute. Switchvox a développé une interface Web de paramétrage simple et explicite qui accompagne l’administrateur dans la configuration du système. Le système permet d’ajouter des postes à la demande, sans surcharge de prix autre que d’ajouter des ports de sortie téléphonique à l’ordinateur. Tristan Degenhardt, VP Operation et co-fondatrice de la société, explique qu’il est aussi possible d’ajouter des cartes TDM pour créer un IP-PBX hybride et que le support est effectué par les revendeurs locaux. Elle précise qu’il est possible d’adjoindre n’importe quel système IVR (Interactive Voice Regognition) pour créer un système de réponse automatique guidée.
RECONNAISSANCE VOCALE INTÉGRÉE DANS ASTERISK
LumenVox annonçait à VON un partenariat avec Digium pour intégrer son moteur de reconnaissance vocale dans la licence Asterisk lors de la prochaine release 1.4 qui sera disponible en mai. Les utilisateurs d’Asterisk pourront désormais développer des applications de reconnaissance vocale en utilisant le langage de script Dial Plan. Auparavant, les applications de reconnaissance vocale et de réponse automatique devaient être réalisées et intégrées à partir de logiciels spécialisés comme Nuance. L’avantage de LumenVox, selon Stacy Ford, responsable des ventes, est le prix très bas des grammaires, c’est-à-dire des listes de mots reconnus par le système. Pour l’instant, le système fonctionne uniquement en anglais mais une version en français devrait arriver rapidement.
UN CENTRE DE CONTACTS SOUS ASTERISK
Roger Quirion est directeur du business développement et responsable du marché français de la société canadienne Aheeva qui a réalisé une solution complète de call center sous Asterisk. « Notre solution CCS 2.0 est idéale pour les PME, les municipalités, les organisations de taille moyenne, explique-t-il. En effet, au-delà de 20 sièges, nous passons à des prix au siège qui sont la moitié de ceux de nos concurrents. » Le logiciel est très complet et fonctionne sur Internet. Il permet de créer une structure totalement décentralisée pour la gestion de contacts ou la mise en place et le suivi de campagnes, avec des opérateurs travaillant à la maison et/ou sur un réseau d’entreprise. La société ouvre un bureau à Paris au début de l’été.
ZIMBRA, PREMIÈRE MESSAGERIE UNIFIE l’OPEN SOURCE
Digium annonçait la signature d’un partenariat avec Zimbra, développeur d’un système de collaboration et de messagerie réunissant Ajax et Web Services et l’un des initiateurs de l’Open Ajax Initiative. Ce dernier intègre désormais les capacités VoIP de Asterisk dans ZCS (Zimbra Collaborative Suite) permettant de mettre sur le marché la première solution Open Source de messagerie unifiée. Il est maintenant possible de pointer sur un numéro de téléphone inscrit dans un e-mail, un carnet d’adresse ou un carnet de rendez-vous et de déclencher automatiquement sa numérotation sur s’importe quelle ligne choisie. Il est aussi possible de planifier et de créer automatiquement une conférence audio ou d’accéder à sa messagerie vocale à partir de l’e-mail sur un PC ou un cellulaire, sans qu’il soit nécessaire de passer un appel téléphonique. Le logiciel est disponible sur le site de Zimbra en deux versions, Open Source entièrement gratuite, ou Network Edition avec support et mises à jours pour 28 dollars par boîte à lettres par an.
LA MIGRATION FACILE
L’un des obstacles à la migration vers les IP-PBX est l’existence dans l’entreprise d’un important parc de téléphones analogiques. Plutôt que de les remplacer par des téléphones SIP lors de la mise en place immédiate d’un IP-PBX, la société anglaise Citel a conçu une passerelle qui fonctionne sur l’infrastructure de réseau (LAN) existante dans l’entreprise et permet d’utiliser les combinés analogiques de Nortel, Avaya, NEC ou autres avec n’importe quel serveur SIP Broadsoft, Sylantro, Asterisk, etc., ou n’importe quel Centrex chez un opérateur. Les entreprises peuvent ainsi continuer d’utiliser leur ancienne infrastructure analogique avec leur IP-PBX et la faire coexister avec des combinés SIP. La société a installé ses opérations à Seattle et vient se signer un accord avec Sprint pour son offre hébergée IP Voice Connect.
UNE CONFÉRENCE ASTERISK À PARIS CET ÉTÉ
Sokol & Associates est spécialisée dans les formations autour d’Asterisk. Cette start-up située à Kansas City dans le Missouri a développé un programme de formations d’initiation et de formations techniques à la mise en œuvre et à la maintenance des serveurs Asterisk. Partenaire de Digium, elle organise aussi les conférences Astricon centrées sur les serveurs Asterisk, ses produits et ses applications. Le 22 et 23 juin prochain, la conférence se tiendra à Paris, après Berlin et avant Londres.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| DotNetNuke® is copyright 2002-2008 by Perpetual Motion Interactive Systems Inc. |
|