Le Parti pirate a annoncé la semaine dernière son intention de se présenter aux régionales 2010, au moins en Ile-de-France. L'occasion de faire un petit retour sur ce mouvement politique qui grimpe à la vitesse d'Internet.
Le Parti pirate Suédois
Le Piratpartiet (parti pirate suédois) a été fondé en 2006 et est le précurseur de ce mouvement politique. Hors du clivage gauche/droite (a-t-il encore réellement un sens ?), son ambition est de réajuster la place d'Internet dans la vision de la plupart des hommes politiques. Ce parti prend donc position sur des débats concernant les droits et les libertés des citoyens dans ce « plus-qu'un-simple-média », à la limite du « monde parallèle ».
Le Piratpartiet s'est surtout illustré lors de l'affaire « The Pirate Bay », ce qui a fait grimper sa cote de popularité (troisième parti politique en Suède !) et a valu à son vice-président Christian Engstörm un siège au Parlement européen avec le groupe « Vert/Alliance libre européenne ». Après s'être particulièrement investi dans le débat sur le Paquet Télécom, il a été rejoint par sa collègue Amelia Andersdotter. Ils travaillent maintenant ensemble sur l'élaboration d'une charte d'Internet qui sera proposée au parlement au printemps 2010. A ce sujet le député accepte volontiers toute remarque, suggestion et critiques des internautes sur son site web.
Le Parti pirate Français
Cette introduction sur le Piratpartiet est nécessaire pour comprendre l'origine du Parti pirate Français, celui-ci étant basé sur celui-là. Le parti pirate français a aussi été fondé en 2006, la veille du vote de la « loi relative au droit d’auteur et aux droits voisins dans la société de l’information, plus connue sous le nom de loi DADVSI », selon wikipédia.org. Bref, c'est en septembre dernier, à l'occasion de législatives partielles dans les Yvelines (le siège de Christine Boutin étant vacant) et du débat Hadopi, que le parti a, pour la première fois, montré son importance (les deux partis finalistes avaient demandé un appui au parti pirate en se justifiant qu'ils n'avaient pas été favorables à la loi Hadopi, le parti pirate n'avait accordé son soutien à aucun des deux partis). Le voilà maintenant annonçant sa candidature aux régionales, au moins en Ile-de-France.
Jean-Christophe Frachet (44 ans, ingénieur territorial) et Karima Rafes (32 ans, ingénieur de recherche) sont les têtes de listes du parti, qui mène son programme en trois points, selon une interview accordée au Nouvelobs.com : « Le premier porte sur notre politique générale pour la défense du socle républicain - liberté, égalité, fraternité - tout en intégrant une réelle prise en compte de la société d'information et du développement durable. Ensuite, nous défendons des grands combats notamment sur les libertés personnelles et sur le partage de la culture. Enfin, nous proposons à tous les citoyens (même les non-encartés) d'apporter leur collaboration pour des propositions concrètes. ». Malheureusement, ce parti, qui a bien évidemment la cote chez les jeunes, manque pour l'instant de « candidats physiques » pour se présenter (ils comptent sur nous).
Le Parti Politique International
Tous ces mouvements politiques adhèrent au « Parti Pirate International », une organisation créée pour coordonner les 32 partis pirates qui s'y rattachent. Si ce mouvement politique passe pour l'instant pratiquement inaperçu, il pourrait bien faire prochainement parler de lui. En effet, il propose des solutions pratiques, proches des citoyens, sur des principes fondamentaux des Constitutions en vigueur dans ces pays. L'inconvénient est que ces solutions ne s'appliquent qu'à l'Internet. On en revient à la question de la place d'Internet dans nos sociétés : simple média ou véritable monde parallèle ? Une question fondamentale (ou un conflit de génération ?) qui mériterait sûrement d'être traitée avant des débats forcément polémiques tels que Hapopi, Loppsi ou Pirate Bay...
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