Les salariés du diffuseur audiovisuel TDF ont refusé le plan de 374 départs volontaires. Un vaste plan de licenciements devrait donc être mis en place, alors que certains pointent également un certain attentisme de la direction.
« Non seulement vous donnez des chiffres faux, mais vous entretenez l’ambigüité sur votre statut en laissant croire que TDF est encore un établissement public ». C'est sur ce ton que la secrétaire d’Etat au Numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, s’adressait aux dirigeants de TDF lors du congrès de l’Association Nationale des élus de montagne.
Cette déclaration dénote clairement le climat actuel du diffuseur audiovisuel. En juin dernier, TDF annonçait 550 suppressions d’emplois. Entre temps, et après de multiples discussions, la direction avait soumis un plan de 374 départs volontaires, rejetés à 60%, vendredi, par les salariés. Les conditions incluaient une part fixe et une indemnité variable calculée sur le salaire brut mensuel hors primes.
TDF est donc pris à la gorge, et n’a d’autres choix que d’annoncer un plan de licenciements plus large que les 374 départs, en convoquant un comité d’entreprise pour lancer la procédure légale. Le groupe s’attend à perdre 150 millions d’euros de chiffre d’affaires par an quand la télévision sera entièrement passée au numérique, fin 2011. Le basculement divisera effectivement le nombre d’émetteurs par deux, soit de 3.300 aujourd’hui à 1.626.
L’attentisme de la direction ?
Effectivement, les activités de TDF sont chamboulées depuis quelques années, à cause du passage au tout numérique, mais également à cause de la TMP ou de la RNT, dont les relais de croissance n’ont pas encore donné les résultats escomptés.
C’est pourquoi la direction cherche à diminuer drastiquement ses coûts et réduire son endettement (3,67 milliards d’euros en juin dernier) auprès d’un deuxième LBO. Toutefois, on parle d’attentisme puisque tous ces changements au sein des activités de TDF étaient largement prévisibles depuis de nombreuses années, sans que la direction mette l’accent sur les nouveaux relais de croissance justement.
De plus, TDF a mis un couteau sous la gorge du gouvernement récemment : il a averti les élus locaux du risque d’un écran noir chez 4% des foyers français et assure la nécessité de rallumer près de 400 émetteurs. Une vraie angoisse à la veille des élections régionales ! Car ce coût de diffusion pourrait se chiffrer entre 7 et 11 millions d’euros.
« Nous ne disposons pas à l’heure actuelle d’éléments suffisants pour donner un chiffre, mais celui indiqué me parait trop élevé », estimait Michel Azibert, directeur général délégué de TDF. Car 400.000 foyers doivent être équipés avant le passage au tout numérique.
Mercredi dernier, un amendement du projet de loi de lutte contre la fracture numérique explique que l’Etat versera une compensation aux collectivités territoriales pour équiper les foyers en antennes paraboles.