Matignon avait pourtant donné son accord pour un quatrième entrant sur la téléphonie mobile. L’Arcep a rédigé et rendu depuis plusieurs semaines l’appel à candidatures. Mais rien n’y fait : le dossier semble bloqué et prendre beaucoup de retard. L’Elysée jouerait d’ailleurs un rôle majeur dans cette histoire…
Tout était bien parti. Début janvier, avec un optimisme qu’on lui connaît rarement, le Premier ministre François Fillon annonçait que des fréquences pour un nouvel entrant sur la téléphonie mobile pouvaient être libérées. Le dossier roule, l’Arcep rédige et rend son projet d’appel à candidatures début mars. L’attribution de la quatrième licence mobile aura donc lieu « avant l’été » affirme-t-on au gouvernement.
Pas de problème donc. Enfin, jusqu’à aujourd’hui, puisque le dossier n’a toujours pas avancé depuis début mars. Aucun signe du gouvernement. « Le tout est à la signature sur le bureau de Luc Chatel, avant publication au Journal Officiel, en stand-by…en attente du feu vert de l’Elysée » indique une source proche du dossier, relayée par La Tribune. Cette personne explique aussi que « Le dossier est bloqué. Le ministre de l’Industrie, Luc Chatel, a reçu la consigne de ne pas accélérer le dossier ».
Pression ? Pas pression ?
Stupeur ! Il semblerait donc que les pressions exercées par le groupe lobbyiste que constituent les trois principaux opérateurs (Orange, Bouygues Télécom et SFR) fonctionnent à merveille : le doute est semé à l’Elysée, même si Matignon semble maintenir ses positions. « Ce n’est pas nouveau, l’Elysée n’a pas le pied sur l’accélérateur pour ce dossier » estime-t-on encore.
Les trois opérateurs actuels freineraient l'adoption de la procédure en mettant en avant un ralentissement des investissements, ainsi qu'une pression sur les dizaines de milliers d’emplois du secteur
De son côté, le gouvernement se reprend, expliquant qu’il faut trouver « le bon timing » et mettre en place un accompagnement. Notons au passage que la téléphonie mobile est secouée actuellement, notamment sur le dossier sanitaire des antennes relais – un débat est d’ailleurs ouvert aujourd’hui sur ce sujet.
Mais les opérateurs ont plus d’un tour dans leur sac. Il se murmure également que si le décret passe, ils vont attaquer celui-ci en justice, au motif que le prix d’attribution (206 millions d’euros) est inéquitable.
Free, « légitime » quatrième opérateur mobile, a quant a lui expliqué qu’il planchait déjà sur son dossier. Le trublion français ne semble pas (encore) s'alarmer de ce risque d'obstruction.