L’association des fournisseurs d’accès (AFA France) nous confirme que
les FAI n'auraient jamais été prêts de brider l’accès Web avant la fin
de l’année. Ca tombe bien, le texte final d'Hadopi ne le leur imposera
pas.
Il était temps de faire le point. L’Association des Fournisseurs d’Accès et de Services Internet nous a confirmé ce matin que les FAI n’étaient pas prêts à couper le seul accès Web d’un abonné dans le cadre d'un abonnement triple play. « Techniquement, ce n’est pas possible dans les zones non dégroupées » nous explique Carole Gay, responsable affaires juridiques et réglementaires de l’association.
Dans ces zones non dégroupées , les FAI utilisent en effet un seul tunnel virtuel qui supporte les trois options (Internet, Téléphone, TV). Couper l’accès Web reviendrait donc à suspendre l’abonnement. Rappelons que les zones non dégroupées représentent encore 80% du territoire français, et entre 25 et 33% des internautes.
En ce qui concerne les zones dégroupées (57 à 75% des internautes), les FAI possèdent plusieurs circuits virtuels, dans lesquels transitent les flux de la téléphonie, la TV et Internet. Ici aussi il y a problème, puisque « le circuit Internet est utilisé pour les opérations de maintenance et de configuration des box par exemple ». De plus, Carole Gay soulève le problème des appels téléphoniques d’urgence… De tels appels seront impossibles à passer si l’abonné n’a plus d’offre triple play, et pas de téléphone portable !
Dernier constat : « Les offres triple play n’ont jamais été faites pour être réduites, d’un tiers ou deux ». Mais ne vous faites plus de soucis : la CMP a voté hier, et les internautes coupables n’auront plus d'accès Internet, pas plus que de TV et le téléphone d’ailleurs… En revenant au texte Hadopi d'origine, les parlementaires ont trouvé la solution magique pour contourner le problème.
Qui paiera ?
Aujourd’hui encore, il semble qu’aucune démarche technique et concrète n’ait été engagée de la part des FAI. «Les délais nous paraissent très courts, tout cela va prendre du temps» continue-t-on à l’AFA.
Selon le calendrier, les premières coupures devaient intervenir fin 2009. Des délais qui seront donc difficiles à tenir pour les FAI, qui semblent maintenant attendre que la loi soit définitivement votée et applicable.
Sans compter que la question des coûts de mise en place (on parle d'environ 70 millions d’euros, selon une évaluation du CGTI) reste encore sans réponse. Il semblerait que cette charge soit supportée par l’Etat, mais la encore, rien de précis.
L’AFA souligne encore que les FAI ne joueront aucun rôle dans la surveillance des réseaux. Les ayant droits devront se tourner vers des sociétés à même de prouver qu’un de leur fichier a été piraté.
Le gouvernement aurait d’ailleurs retenu les solutions de fingerprinting pour surveiller les fichiers en transit sur les réseaux.
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