La Commissaire Européenne Viviane Reding s’est prononcée contre le principe de riposte graduée. Elle ne se rendra pas aux Rencontres Cinématographiques de Dijon cette année, pour ne pas être «instrumentalisée». Mais la décision semble plus être prisee par intérêt politique que par réelle conviction.
Nicolas Sarkozy s’était déjà pris un revers par le président de la Commission Européenne, José Manuel Borroso, qui lui demandait le retrait de l’amendement 138 contre la riposte graduée. C’est un fait. De plus, l’amendement en question avait été voté par 88% des eurodéputés. Une fronde quasi-générale donc, à côté de laquelle Viviane Reding ne pouvait pas passer.
Et pour cause, la Commissaire Européenne paraît soutenir les eurodéputés. Franc soutien ou basse manœuvre politique ? On ne saurait que dire si Viviane Reding n'était pas en pleine campagne pour une réélection à la Commission. Et en toute logique, s’opposer à 88% des eurodéputés serait une bêtise monumentale, que tout le monde est à même de comprendre.
D’ailleurs, Le Figaro relaye la lettre (PDF) que Viviane Reding a envoyé à l’ARP (Association des Réalisateurs et Producteurs), dans laquelle la Commissaire explique que « le secteur culturel avait lancé un débat agité et parfois polémique avec pour objectif d'inclure, dans le 'paquet télécom' discuté en ce moment par les institutions communautaires (Parlement Européen et Conseil), une sorte de légalisation européenne de la 'riposte graduée' sur le modèle de celle actuellement en discussion en France ».
Toutefois, elle tempère ses propos en souhaitant soutenir « des solutions équilibrées et adaptées ». Elle regrette encore que « la polémique entre 'producteurs du contenu' et 'partisans d'un internet libre' soit arrivée à des sommets tels, qu'à un certain moment, ces tentatives ont même mis en danger les propositions de la Commission Européenne ».
Bref, le Président de la République Française se retrouve bien esseulé dans ce dossier.
Barroso pique une crise
Le site du Point.fr rapporte également une information importante. José Manuel Barroso aurait piqué une crise monumentale "en découvrant qu'un communiqué de la Commission Européenne avait été mis en ligne sans son consentement". Le journal rapporte également que le cabinet du président de la CE a expliqué que "le communiqué diffusé à son insu ne reflétait pas la position de la Commission".
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