Ce jeudi matin au Pershing Hall à Paris, en présence de Christine Lagarde et d’André Santini, Steve Ballmer, CEO de Microsoft, a annoncé l’ouverture de trois nouveaux centres de recherche en Europe, dont un à Paris.
Mardi dernier, Microsoft annonçait que le « cœur mondial » du développement sur les moteurs de recherche serait implanté en Norvège. Deux jours plus tard, soit ce jeudi, Steve Ballmer, le patron de Microsoft en visite en France, a révélé l’ouverture de trois nouveaux centres européens, dédiés eux aussi au développement sur les moteurs de recherche.
Ces trois centres seront implantés à Munich, Londres et Paris. «Le Centre Technologique Européen constitue une étape clé dans notre stratégie à long terme pour développer localement nos technologies liées à la recherche sur internet. Cette recherche, qui constitue le point d’entrée clé vers le Web pour les consommateurs, en est encore à ses balbutiements» explique Steve Ballmer. «C’est le moment où jamais d’investir ici » continuait-il. En France, le centre sera implanté à Issy-les-Moulineaux, dans la petite couronne parisienne et emploiera 200 personnes.
Nouveau bâtiment « Eos »
Le bâtiment français de la R&D Microsoft devrait être baptisé «Eos». C’est Jordi Ribas, qui était à la direction stratégique de Microsoft dans la division Windows Digital Média, qui prendra la direction générale du centre d’Issy-les-Moulineaux. Steve Ballmer explique aussi qu'il est important d’«améliorer l'expérience des utilisateurs européens dans leurs recherches d'informations notamment en leur offrant accès à des informations plus riches, plus personnalisées et plus localisées».
Christine Lagarde a de son côté remercié les entreprises qui venaient s’implanter en France. La décision de Microsoft de créer un important centre de R&D dédié à la recherche sur Internet en Europe, avec une forte présence en France, est une première à saluer. C’est également une bonne nouvelle pour l’Union européenne, qui a pris depuis longtemps, et particulièrement depuis le traité de Lisbonne, le virage de l’économie de la connaissance. Et c’est une bonne nouvelle pour la France, qui s'est donnée les moyens d'attirer et d'accueillir les activités à haute valeur ajoutée, notamment grâce à son système de crédit d’impôt recherche parmi les plus avantageux au monde.
Actuellement en Europe,Microsoft dispose déjà de 40 unités de recherche dans les différents pays d’Europe, centres qui emploient 2.000 personnes pour la R&D, ce qui représente un investissement de 600 millions de dollars par an !
Trois domaines clés
Le Centre Technologique Européen travaillera essentiellement dans trois domaines clés : fournir les résultats de recherche les plus pertinents, simplifier l’expérience utilisateur et développer de nouveaux modèles économiques. Ces innovations permettront par exemple :
- D’effectuer des recherches plus pertinentes en articulant le mécanisme de recherche autour des spécificités linguistiques et en utilisant des développeurs européens qui auront la culture et la connaissance des marchés locaux.
- De rendre l’expérience de recherche d’informations plus riche, plus personnelle et plus dynamique en introduisant des fonctionnalités qui vont bien au-delà de l’affichage de dix liens. Par exemple : images, vidéos, sons et services liés à la situation géographique de l’utilisateur.
- D’innover dans les modèles de publicité utilisés par les sites de recherche.
L’annonce d’aujourd’hui renforce les récents investissements déjà réalisés en Europe dans la recherche d’informations, notamment à travers les acquisitions de Multi-Map, spécialiste de la localisation géographique et de la recherche d’informations en Grande-Bretagne, de Ciao, site allemand de comparaison de prix, et de FAST, une entreprise norvégienne travaillant sur les technologies de recherches d’informations en entreprise.
Le moteur de recherche Microsoft Live Search répond aujourd’hui dans le monde à environ 2 milliards de requêtes chaque mois.
Les services en ligne de Microsoft en Europe s’appuieront par ailleurs sur les infrastructures du nouveau Centre Européen de Données situé à Dublin, qui représente un investissement de 500 millions de dollars.
La réaction de l’AFDEL
Suite à l’annonce de Microsoft, Loïc Rivière, délégué général de l’AFDEL, a déclaré que «Le maintien et le développement de nos capacités de R&D en France est un enjeu crucial pour notre économie. La décision de Microsoft d’implanter trois pôles de R&D en Europe dont un à Paris est donc une excellente nouvelle pour l’innovation en France. Cela confirme ce que nous faisons valoir régulièrement, à savoir que la France dispose de tous les atouts pour devenir demain un centre de R&D mondial pour l’industrie du logiciel : des compétences élevées et des dispositifs d’aide à l’innovation qui rendent ses savoir-faire très compétitifs. C’est un signal fort donné à l’industrie dont nous espérons qu’il fera des émules !».