L'arrivée prochaine de papiers d'identité biométriques avec enregistrement d'informations personnelles sur une puce RFID soulèvent de nombreuses questions éthiques. Elles mériteraient un grand débat démocratique avant déploiement national.
Voici donc à quoi ressemble le futur : un fichier informatique gigantesque regroupant la totalité des données personnelles de dizaines de millions de citoyens, français pour notre part, mais bientôt également européens.
Tout d’abord, le fait que ce soit l’informatique qui gère des données aussi importantes soulève des interrogations. Quelle sécurité est apportée par ce moyen de gestion ? Si ce n’est qu’un système informatique est tout, sauf infaillible, comme nous le voyons chaque jour, pour les personnes qui travaillent dans ce milieu.
De plus, et là se situe le véritable scandale, ce sont les dérives qui seront désormais possibles avec ce genre d’ « équipement ». Puisque comme nous vous le disions, cette fameuse puce RFID intégrée au passeport est un danger. Ceci est une technologie de communication par ondes radio, et donc sans contact. Aussi, comprenez les dérives que cela pourrait engendrer : recueillir autant d’informations sur vous que possible, où que vous alliez, du moment qu’un émetteur de radiofréquences est dans les parages.
Le gouvernement aurait alors accès à une base de données qui retracerait vos parcours jour après jour, vos faits et gestes, que vous soyez dans un centre commercial, un aéroport, un restaurant, en ville… Quand on sait que tout le monde doit avoir sa carte d’identité sur lui, cela à de quoi faire peur. Soit, voici la banalisation d’un contrôle permanent et quasi-généralisé.
11 systèmes leurrés sur 15
De plus, concernant cette fameuse technique de biométrie, rien n’atteste aujourd’hui de sa véritable fiabilité. « Des chercheurs japonais ont montré qu’il était possible de reproduire de vraies-fausses empreintes digitales, sur des doigts en latex, qui ont leurré 11 des 15 systèmes biométriques testés. Ceci a pour conséquence qu’une personne pourrait se retrouver fichée par erreur et être interdite d’accès, par exemple, à un aéroport ou au réseau internet ! » expliquait la Ligue des Droits de l’Homme, en 2005.
Nous rejoindrons donc la LDH qui continue en expliquant que « La carte d’identité électronique combinée au fichage biométrique bafoue radicalement les principes et les libertés fondamentales sur lesquels repose notre démocratie ». De plus, aucun débat démocratique n’a été organisét à ce sujet, la décision ayant été prise sur le vif, par quelques érudits bien pensants… Comprenez que cette loi est absurde, dénuée de sens, et de plus beaucoup trop intrusive et malsaine.
Cette fois-ci, Big Brother n’est plus un livre ou une simple fiction : croyez-le ou non, c’est aujourd’hui bien la réalité, quoi qu’on en dise.
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