Mercredi dernier, le ministère des Finances italien a publié, durant quelques heures, les déclarations d’impôts de 40 millions de contribuables. C'est confirmé : Giorgio Armani et Silvio Berlusconi ne sont pas à plaindre !
C’est ce qu’on appelle faire du trafic ! Pendant une poignée d’heures, le site du ministère de l’Economie italien a été pris d’assaut par des millions d’internautes. Y étaient temporairement visibles les déclarations fiscales des contribuables de l’année 2005.
Ainsi, tout le monde a pu voir ce que gagnaient ses voisins, collègues, amis ou célébrités locales. Dès le lendemain, le quotidien La Stampa a publié une liste des plus gros contribuables, s’assurant un succès inévitable.
Et la palme revient à Giorgio Armani, plus gros contribuable avec 44 millions d’euros de revenus, dont 19 millions sont partis à l’Etat. Il est suivi par Domenico Dolce et Stefano Gabbana avec 29 millions de revenus chacun. Juste devant… Silvio Berlusconi et ses 28 millions d’euros de revenus. Pourtant, aucune trace de quelques célèbres italiens, à l’instar de Michele Ferrero (Nutella, Ferrero Rocher…) ou de Luca di Montezemolo (président de Fiat et de Ferrari).
Démocratie ou délation ?
Vincenzo Visco, le vice-ministre des Finances, a expliqué qu’il n’a fait que «se conformer à la loi». Ce qui est vrai, puisqu’écrit dans la loi votée en 1972, et donc avant l’arrivée du Net !
Les associations de consommateurs, quant à elles, sont partagées. Certaines y voient un acte de "transparence démocratique", d’autres ont pointé du doigt «un instrument honteux de délation», voire une atteinte à la vie privée. De plus, certains ont également mis en évidence un acte dangereux, profitable à la Mafia, pour qui certaines cibles sont désormais toutes désignées.