Dès cet été, il devrait être possible de déposer une «pré-plainte» via le Web, depuis n’importe quel ordinateur. Cette mesure fait suite à un projet gouvernemental, dont s’occupe actuellement la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie.
La police se modernise elle aussi. Selon des informations données par le quotidien Le Figaro, le ministère de l’Intérieur planche actuellement sur un projet de commissariat virtuel : une page Web sur laquelle vous pourrez déposer une «pré-plainte», afin d'éviter les attentes dans les commissariats de police.
De tels services existent déjà en Italie ou en Espagne. Chez nos voisins du Sud, cette mesure avait alors entraîné une hausse impressionnante des dépôts de plaintes dans un premier temps. La vague s’était ensuite apparemment calmée… Ainsi, la police s’attend à une période difficile, avec des milliers de télé-plaintes à traiter.
Ce projet avait déjà été évoqué en juillet dernier, avant d'être remis au goût du jour récemment. Selon Le Figaro, la mesure devrait être appliquée « avant l’été », sans plus de précisions, avec un portail Internet fiable.
Uniquement les plaintes contre X
Concrètement, il sera possible de faire une déclaration depuis n’importe quel poste Internet, via un formulaire électronique demandant plusieurs renseignements personnels, et notamment le numéro de carte d’identité. Le plaignant devra alors expliquer les circonstances des faits constatés, le type de délit, le montant du préjudice estimé… Mais attention, seules les plaintes contre X devraient être acceptées. « Pas question d'être suspecté de vouloir mettre en place une société de la délation », rapporte le quotidien.
Cette démarche aboutira bien entendu sur un entretien en « face à face » avec un policier, pour qui la tâche sera facilitée puisque le plaignant n’aura plus qu’à signer la plainte. C’est d’ailleurs le commissariat concerné qui contactera le plaignant pour prendre rendez-vous.
A terme, le portail Web devrait devenir un véritable commissariat virtuel, qui donnera accès à une multitude de services et d’informations, comme « les démarches liées à la police de l'immigration ou à la déclaration d'une arme », écrit le quotidien.