Oodrive, spécialiste de la gestion de fichiers «on demand» (en mode SaaS, ou Software as a Service), explique sa vision du marché de l’ASP, mais également ses résultats, objectifs et nouveautés pour 2008.
Le marché de l’ASP (Application Service Provider) est depuis longtemps une réalité pour Oodrive, une société qu’on pourrait même définir comme «précurseur» dans le domaine. Lancée en 2000, la jeune pousse française s’est immédiatement tournée vers le modèle «on demand», ce qu’on appelle aujourd’hui le modèle SaaS (Software as a Service).
« Au début, les entreprises ne connaissaient pas le modèle du logiciel on demand. Nous avons donc réalisé un travail d'évangelisation qui leur a permis de comprendre que nous maîtrisions notre métier, et que nos services étaient par exemple autant sécurisés qu’un logiciel en mode licence » nous explique Stanislas de Rémur, PDG d’Oodrive. Celle-ci bénéficie d’ailleurs d’une équipe de développement en interne composée d’une trentaine de personnes. « Cela constitue notre force » ponctue l’entrepreneur français.
Croissance, stratégie et résultats

Stanislas de Rémur, PDG d'Oodrive
Jeune entreprise française, Oodrive reconnait que l'arrivée en France de sociétés comme Salesforce.com, et son modèle de vente indirecte, et IBM avec son offre externalisée, ont aidé à faire découvrir et accepter le mode ASP. La notion du SaaS étant désormais bien intégrée - bien que le marché reste encore relativement jeune -, l’expansion de Oodrive est désormais rapide : entre 75 et 100% de croissance par an depuis 2003 et un chiffre d’affaires annuel qui atteint quatre millions d’euros en 2006. Malgré ces résultats satisfaisants depuis maintenant presque cinq ans, Stanislas de Rémur reste prudent quant aux objectifs 2008. « Ils ne sont pas complètement fixés » nous explique-t-il, « cela dépend encore d’un certain nombre de choix ».
Aujourd’hui, Oodrive estime être le numéro deux du marché du stockage en ligne français. Il reste positionné sur le marché des TPE/PME (de 5 à 75 postes), au plus proche des utilisateurs, à la fois en portant une attention particulière aux retour clients fournis par les revendeurs (pour l’amélioration de l’ergonomie logicielle notamment), et en les aidant dans l’analyse des besoins (conseil portant sur les mesures de sécurité, cryptage personnalisé, certificat utilisateur…).
Soulignons également que la société française a récemment réalisé une levée de fonds à hauteur de quatre millions d’euros via Iris Capital.
La croissance à l’international
En croissance continue depuis 2003, Oodrive propose une gamme d'outils en ligne : AdBackup pour la sauvegarde à distance, iExtranet pour le partage de fichiers utilisé par 35% des sociétés du CAC 40 et Mayetic pour le travail collaboratif. Son développement passera aussi par une expansion européenne.
« Nous nous intéressons actuellement à trois dossiers de rachat de sociétés, dont deux qui nous permettraient d'accélérer notre expansion à l'international, et un autre pour une nouvelle acquisition technologique » explique Stanislas de Rémur. « En 2008, nous espérons réaliser deux acquisitions ». Le PDG d’Oodrive nous a bien confirmé qu’il cherchait à s’implanter dans divers pays européen, sans préciser lesquels, puisqu’il est «encore un peu trop tôt» souligne-t-il.
La stratégie mobile et les nouveautés
Encore une fois précurseur - ou presque - Oodrive a pensé à proposer son outil sur téléphone mobile peu après sa création. « Le marché n’était encore vraiment pas assez mature » constate le PDG français. Oodrive réfléchi également à une solution sur mobile. « En 2002-2003, les clients n’étaient pas vraiment friands des outils sur mobiles, les entreprises encore frileuses, sauf les jeunes ! » constate-t-il.
Côté nouveautés, Oodrive se positionne clairement sur le secteur multimédia. « Nous allons lancer une nouvelle interface pour échanger les photos et vidéos, principalement pour les agences de publicité, les photographes indépendants et tous les utilisateurs qui ont ce type de besoins. L’interface fera partie intégrante de la version 2 d’iExtranet » précise Stanislas de Rémur. « Notre stratégie consiste à proposer des offres verticales, des applications métiers plus spécifiques ».
Le marché ASP
Pour le PDG d’Oodrive, le marché ASP est aujourd’hui mature, « une réalité depuis fin 2003 », mais il n’a pas encore atteint son « apogée ». En effet, de nombreux logiciels pourraient encore être utilisés en mode SaaS, bien que les éditeurs de logiciels en mode licence ne puissent pas disparaître, car ils ne peuvent tout simplement pas être remplacés par un modèle de vente « on demand ».
Pour finir, soulignons qu’Oodrive a récemment reçu le prix de la « Jeune entreprise innovante », décerné par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, non sans « une certaine fierté » s’amuse Stanislas de Rémur. « C’est notre récompense pour six années de travail et de développement continu » conclut-il.