Mercredi, le quotidien économique Les Echos publiait une interview du PDG d’Opera Softwar, Jon S. Von Tetzchner, savamment intitulée « Firefox peut se joindre à notre plainte contre Microsoft ». Tristan Nitot, le président de Mozilla Europe, s’exprime sur le sujet via son blog.
Comme vous l’aurez compris, et comme nous l’avions déjà relayé sur notre site (lire notre article), Opera Software attaque Microsoft en justice devant la Commission Européenne pour un nouvel abus de position dominante. « Il n'y a aucun doute la-dessus... » écrit Tristan Nitot, qui évoque même son expérience chez Netscape, et son licenciement « à cause de cela, dans la foulée d'un accord amiable entre Microsoft et AOL/Netscape ».
Alors oui, la concurrence est un élément indispensable dans le domaine des navigateurs. C’est presque même la raison qui a poussé Mozilla à devenir ce qu’il est aujourd’hui. Comme Tristan Nitot nous l’expliquait dans une précédente interview (lire l’interview), « Microsoft est feignant ! Internet est pour moi d’une importance aussi capitale dans le destin de l’humanité que l’invention de l’imprimerie ! On se doit d’innover ». En effet, on se doit d’inventer et de faire évoluer les choses puisqu’ « Avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités », explique le président de Mozilla Europe.
Et c’est bien là que le souci intervient. Comme le souligne Tristan Nitot, « 1999, c'est la sortie d'IE 5.5. 2001, celle d'IE 6. Et ensuite, plus rien pendant 5 ans, jusqu'à ce que le succès de Firefox les pousse enfin à l'action. Ca n'est que fin 2006 qu'on a vu sortir IE 7, pâle copie de Firefox en termes de fonctionnalités, sans les extensions, avec une sécurité moindre, et trop peu de progrès en termes de support des standards ». Rien à ajouter.
Ainsi, la conclusion ne pouvait être que celle-ci : « le monopole de Microsoft a été mauvais pour le Web et pour les utilisateurs ».

Tristan Nitot, président de Mozilla Europe
Que faire ? C’est bien la question que tout le monde se pose. Quand certains prônent un développement plus ardu des navigateurs Web libres pour lutter contre le phénomène préinstallé IE7, d’autres rétorquent qu’on ne peut pas forcer un navigateur à respecter les standards du W3C, qui ne sont d’ailleurs « que des recommandations ».
Et pour répondre à l’appel d’Opera Software par la voix de son PDG, Tristan Nitot explique « que pour la petite structure que nous sommes, suivre Opera dans une bataille juridique serait dommageable à ce qu'on fait de mieux : un navigateur moderne et sûr, en logiciel Libre, respectueux des standards et utilisable par tous ».
Rendez-vous sur le blog de Tristan Nitot pour lire l’article dans son intégralité.