A l'occasion de sa première conférence de presse à l'Elysée, le président Nicolas Sarkozy a expliqué qu’il voulait «réfléchir à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques», et financer le manque à gagner par «une taxe infinitésimale sur le chiffre d'affaires de nouveaux moyens de communication, comme l'accès à internet ou la téléphonie mobile» !
A la fin du siècle dernier, l'automobiliste était la victime toute désignée pour renflouer régulièrement les finances publiques. Logique, à l'air du numérique, l'internaute, sédentaire ou mobile, va assurer vaillamment le relais.
Lors de sa première conférence de presse à l’Elysée depuis son élection, le président de la République a souhaité que l’on «réfléchisse à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques», ce qui, en soi, n’est pas une mauvaise idée. Mais il faudra alors trouver le moyen de combler le trou généré par les financements de celle-ci. Nous sommes en France, créons une taxe.
M. Sarkozy promet au passage une «véritable révolution culturelle dans le service public de la télévision» en supprimant les publicités des chaînes de TV publiques, puisqu’ «elle ne peut pas fonctionner selon des critères purement mercantiles» a-t-il expliqué.
«Voici une révolution qui en changeant le modèle économique de la télévision publique changera du tout au tout la donne de la politique culturelle dans la société de communication qui est la nôtre» continuait-il.
Après cette annonce, les actions de TF1 et de M6 Métropole TV s’envolaient : TF1 prenaient près de 9% à 18,10 euros, M6 se contentait de +6,86% à 17,60 euros.
Une nouvelle taxe "infinitésimale"
Pour combler le manque, Nicolas Sarkozy voudrait donc ajouter à la redevance télévisuelle une nouvelle taxe "infinitésimale" sur le chiffre d'affaires de nouveaux moyens de communication, comme l'accès à Internet ou la téléphonie mobile. Si celle-ci est appliquée aux FAI par exemple, il se pourrait bien que ce soit le consommateur qui au final paie une taxe cachée pour des chaînes qu’il ne regarde pas forcément.
On le sait, la télévision souffre d'une baisse d’audience globale, notamment chez les jeunes, grâce au pouvoir d’attraction d’Internet et de ses nombreux contenus online.