Le rapport Olivennes, récemment remis aux autorités, d’où découle l’accord interprofessionnel qui a été signé à l’Elysée à propos de la lutte contre le piratage, a été étudié en détails. Accablant…
Il y a ceux qui parlent et ceux qui agissent. Il y a ceux qui détrompent et ceux qui dupent.
Désormais, le rapport Olivennes a bel et bien été remis. Bien accueilli par les représentants de l’industrie culturelle (à qui il profite amplement), beaucoup plus mal chez d’autres qui voient dans ce document une atteinte aux libertés publiques.
Heureusement, certains sont là pour divulguer ce qu’on ne voit pas au premier coup d’œil, comme un rapport Olivennes qui, dans le détail, n’inclut pas une seule fois les mots «innovation», «baladeurs» ou «radio». Par contre, on ne peine pas pour retrouver les mots «filtrage», «sanction», «avertissement», qui apparaissent respectivement 54, 81 et 21 fois tout au long du rapport…
Accablant
Ce constat a été fait par le militant socialiste Maurice Ronay (disponible sur son blog), conseiller de Ségolène Royal, qui, en quelques chiffres, démontre parfaitement l’orientation du rapport : des mesures restrictives uniquement, sans chercher à comprendre les motivations des internautes utilisant le P2P, aucune analyse du nouvel écosystème culturel numérique…
Selon Maurice Ronay, le rapport «tient en quelques chiffres» que voici :
- on compte 110 536 caractères dans le rapport
- 5 982 signes (5,4% du total) seulement sont consacrés à la mesure du phénomène, soit un déni total de compréhension de celui-ci,
- 823 signes (0,7%) à l’évaluation des effets économiques, où comment chercher à tuer un phénomène sans tenir compte des enjeux économiques,
- 9 662 signes (8,7%) seulement consacrés aux mesures positives destinées à encourager le développement de l’offre légale, ou comment ignorer les nombreuses initiatives d’entreprises pour enrayer le piratage, à l’instar d’entreprises comme MySpace, DailyMotion, Facebook et Youtube, sans oublier les radios gratuites sans téléchargements comme Deezer, RadioBlog Club, LastFM, BlogMuzik… Rien non plus sur les initiatives originales comme les démarches de paiement volontaire, initiées par le groupe RadioHead.
La conclusion tient en une phrase courte de Maurice Ronay : « L’essentiel du rapport (78356 signes, 71% du total) est consacré aux mesures dissuasives : techniques (filtrage) et juridiques ».
A vous de juger.
