La proposition du rapport Zelnick qui prévoyait l’instauration d’une gestion collective des droits pourrait déjà être passée à la trappe. Car si la musique légale décolle en France, nous n’en aurons nul besoin, selon Patrick Zelnik lui-même.
Selon Aymeric Pichevin, qui modérait la table ronde sur le rôle du politique pour favoriser la diffusion des contenus sur Internet le 26 janvier au Midem, la gestion des droits collective pourrait déjà être abandonnée. En tout cas, il rapporte les propos de Patrick Zelnick, qui « laissait entendre que si le marché numérique décollait cette année en France, la gestion collective obligatoire ne serait pas nécessairement instaurée ».
C’est donc une énorme déception pour tous ceux qui avaient vu dans cette mesure la première réelle amélioration et innovation pour le marché de la musique. C’est encore plus décourageant, puisque Nicolas Sarkozy et Frédéric Mitterrand avaient tout deux affirmé leur volonté de mettre en place un tel système. Ils avaient même été jusqu’à menacer les ayants droit de faire intervenir l’Etat si rien n’était réglé correctement avant un an.
Plus étonnant, seuls les producteurs de musique étaient farouchement opposés à cette loi. Et nous pouvons donc nous étonner d’un tel revirement de la part de l’instigateur même de la loi. Car quoi qu’il en soit, que le marché du téléchargement légal décolle ou non, cette initiative était bel et bien une innovation majeure, nécessaire qui plus est.
« S’il devait aboutir, le principe de gestion collective obligatoire des droits sur Internet constituerait pourtant une véritable révolution dans la manière de commercialiser la musique. Apparemment, les producteurs sont confiants qu’Emmanuel Hoog, nommé médiateur sur cette question par le gouvernement, saura les entendre. Il leur faudra sans doute montrer qu’eux aussi ont entendu le message, et qu’ils sont prêts à discuter avec les autres acteurs du secteur musical pour la mise en place de fondamentaux économiques plus sains sur Internet », écrit encore Aymeric Pichevin.
Les producteurs pourraient encore une fois gagner la bataille…A moins que le président ne fasse preuve d’un acharnement, comme il l’a déjà fait plusieurs fois par le passé, notamment sur Hadopi.