Alors que Steve Jobs aurait ouvertement critiqué Google et surtout Adobe, n’hésitant pas à sortir des mots blessants, le CTO d’Adobe prend les devants pour défendre son outil Flash, objet de nombreuses critiques depuis la sortie de l’iPad, devant un autre concurrent d’envergure : HTML5.
Serions-nous en passe de voir arriver une nouvelle donne de l’informatique sur le web ? Peut-être, car entre les sorties d’objets insolites, les déclarations, les technologies, et tout ce qui s’en suit, il semble difficile de comprendre clairement où nous en sommes.
Ici, nous parlons donc des outils comme Flash, qui équipe aujourd’hui plus de 90% des ordinateurs de la planète, mais aussi du protocole en passe de se démocratiser, en attendant sa normalisation, le HTML5.
Plusieurs évènements nous poussent à écrire cette actualité. D’abord Apple, avec la sortie de l’iPad, et la non-autorisation pour Adobe d’y intégrer Flash, comme sur l’iPhone. Puis la verve de Steve Jobs qui, dans une réunion interne, aurait raillé le slogan de Google (« Don’t be evil »), et descendant Flash en flamme… (« trop lourd, trop gourmand, dangereux puisque des applications web pourraient se multiplier sur le web en dehors de l’AppStore », au sujet de Flash, ou « ce sont des fainéants », au sujet des personnes d’Adobe).
Sans compter que pour Adobe, il est vrai que le fort intérêt des développeurs et des éditeurs pour HTML5, qui offre des outils de lecture de vidéos simples et efficaces, est un réel danger. Simplement puisqu’il permet de se passer de Flash.
Adobe défend son « bout de gras »
Si HTML5 arrange bien des éditeurs, reste toutefois quelques problèmes. En effet, c’est le navigateur qui doit prendre en charge les codecs, qui restent encore au choix et risquent de confronter les éditeurs. Apple ou Google auraient choisi H.264 (soumis à des royalties), alors que Mozilla s’y refuse catégoriquement, prônant une fois encore un format ouvert comme Ogg Theora.
C’est donc cette mésentente entre éditeurs qui pourrait être profitable à Adobe qui estime que le protocole HTML5 « ramènera les utilisateurs et les créateurs de contenus à l’âge sombre des vidéos sur le web ». « Nous croyons farouchement que le web requiert un environnement ouvert en établissant un accès au contenu et aux applications quel que soit votre navigateur », dixit Kevin Lynch, le CTO d’Adobe. Bien entendu, ceci doit être pris comme une réponse aux attaques de Steve Jobs, qui selon Kevin Lynch semble vouloir fermer le web à un écosystème choisi.
D’ailleurs, Adobe devrait riposter prochainement, avec le lancement de Flash 10.1, qui devrait être beaucoup plus léger, et fonctionner sur les plateformes Android, BlackBerry, Nokia et Palm webOS, que ce soit sur des tablettes Internet, des netbooks, des mobiles, etc.
Flash ou HTML ?
« Certains estiment que HTML pourrait supplanter le besoin d’utiliser Flash, particulièrement avec la prochaine version 5. Mais je ne vois pas pourquoi l’un remplacerait l’autre, certainement pas aujourd’hui, ni même dans un avenir proche », continue Kevin Lynch. « Adobe supporte HTML et ses évolutions, et nous cherchons à y ajouter des fonctionnalités compatibles à nos produits. Mais si HTML pouvait faire tout ce que Flash sait faire, ça nous éviterait beaucoup d’efforts ! Mais c’est encore loin d’être le cas… »
Kevin Lynch est donc très clair quant au protocole HTML, qui serait donc loin d’égaler le lecteur Flash. Adobe mise également sur toute la communauté de créateurs qu’il regroupe, grâce à sa Creative Suite. Et si HTML5 s’impose réellement, « attendez vous à ce que Flash et autre Dreamweaver s’adaptent aux contenus en HTML5, CSS3, Javascript et autres standards ».
La messe est dite, mais la bataille encore loin d’être arrivée à son terme.
Source Kevin Lynch : Wired