Avec Chrome OS, Google veut créer un système d'exploitation autour du
navigateur Internet. Pas de stockage, pas de programme, pas de perte de
fichiers… Tout est sur le web. Les premiers ordinateurs équipés de
Chrome OS devraient être prêts d’ici un an.
La presse américaine était conviée à une démonstration de Chrome OS, le futur système d’exploitation de Google. Comme d’habitude, le géant du web ne veut rien faire comme tout le monde et a présenté un concept qui tranche avec tout ce que nous connaissons actuellement.
La vision de Google : tout déporter sur le Web. En somme, vous n’avez plus besoin d’applications installées sur le poste à proprement parler. L’ordinateur devient un simple poste "client léger".
Chrome OS est un système open source, fonctionnant uniquement sur des ordinateurs équipés de disques durs SSD, et sera installé sur des netbooks aux cahiers des charges stricts, fixés par Google. Actuellement, l’OS supporte les architectures ARM et x86.
En premier lieu, l’ordinateur doit être très rapidement opérationnel après allumage, en une dizaine de secondes. En somme, il n’y a quasiment que le navigateur qui sera chargé au démarrage, en l’occurrence Chrome. A partir de là, l’utilisateur pourra réaliser ses tâches habituelles : Web, achats, lire des news, réseaux sociaux, etc., en hébergeant tout sur le web, et en synchronisant avec ses autres matériels, de type smartphones.
Google ne donnera ni version alpha, ni bêta : Chrome OS sera lancé dans un an. Les utilisateurs auront toutefois accès à des applications, elles aussi hébergées sur le web. Son aspect général reprend les grandes lignes du navigateur Chrome que nous connaissons déjà. Dans la démonstration à la presse (réalisée sur Eee PC d’Asus), l’OS a mis 7 secondes à démarrer et 3 secondes pour se logger sur un compte.
L’utilisateur accède alors à un « App Menu », où il choisit ses applications. D’ailleurs, Google a aussi mis l’accent sur la sécurité informatique. Chaque application est protégée par une sandbox (‘bac à sable’, procédé utilisé par certains antivirus actuels), chaque onglet est indépendant des autres, Chrome OS « ne se fait pas confiance en lui-même » explique Google.
En cas de problème constaté (Chrome OS vérifie l’intégrité de son code à chaque démarrage), l’OS se relance en mode restauration, et réinstalle proprement les données nécessaires. Ainsi, Google maximise les précautions en termes de sécurité.
Analyse
De nouvelles vulnérabilités ?
Certes, déporter les applications sur le web est un bon concept. L’utilisateur pourra d’ailleurs, en cas de perte de l’ordinateur, retrouver toutes ses données immédiatement. Mais si ce type d’utilisation des ordinateurs vient à se démocratiser, il y a fort à parier pour que les menaces et autres malwares s’adaptent à ce nouveau mode de sécurisation.
La nouvelle cible des hackers seraient alors… les serveurs directement. Ce qui serait, en cas de réussite, autrement plus dramatique, puisque les données de milliers d’utilisateurs seraient alors compromises. On imagine que Google a déjà songé au problème.
D’ailleurs, confier son univers numérique à une société privée, à ses ingénieurs et ses serveurs est aussi sujet à des garanties strictes en termes d’accessibilité (cf. les nombreux cas de panne de Gmail par exemple). Une panne sur un serveur paralyserait alors des milliers de personnes. La redondance est très probablement la clé. De nombreuses questions se posent encore quant à ce mode d’utilisation. Google devra sérieusement plancher sur ces sujets.
Crédits images : Afterdawn.com